Poutine reconnaît un net coup de frein : la croissance russe limitée à 1 % en 2025, sous le poids de la guerre

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En pleine guerre en Ukraine, l’économie russe marque un net ralentissement. Vladimir Poutine annonce une croissance limitée à 1 % en 2025, contre plus de 4 % les années précédentes. Derrière le discours officiel, les finances publiques, le secteur bancaire et l’investissement montrent des signes de fragilité croissante.

Un ralentissement économique assumé par le Kremlin

Lors d’une réunion gouvernementale à Moscou, Vladimir Poutine a officiellement reconnu que l’économie russe n’avait progressé que de 1 % en 2025. Un chiffre en forte baisse comparé aux 4,3 % enregistrés en 2024 et aux 4,1 % de 2023, à un moment où la guerre en Ukraine continue de peser lourdement sur les équilibres économiques du pays.

Le président russe a présenté ce ralentissement comme un choix stratégique. Selon lui, il s’agirait d’un refroidissement volontaire, destiné à contenir l’inflation. « Ce ralentissement n’était pas seulement attendu, il était en partie artificiel », a-t-il affirmé, mettant en avant la baisse de l’inflation, passée de 9,5 % à 5,6 % en un an.

Des finances publiques sous pression extrême

Derrière ce discours maîtrisé, la réalité budgétaire apparaît nettement plus préoccupante. Le ministère russe des Finances a confirmé que le déficit budgétaire fédéral de 2025 avait atteint un niveau record de 5,65 billions de roubles, soit environ 73 milliards de dollars. Cela représente 2,6 % du PIB, une dérive largement alimentée par l’explosion des dépenses militaires et l’érosion rapide des recettes énergétiques.

Les revenus pétroliers au plus bas depuis cinq ans

Les recettes issues du pétrole et du gaz ont chuté de 24 % en 2025 pour s’établir à 8,48 billions de roubles, leur niveau le plus faible depuis 2020, selon les données du ministère des Finances et de Bloomberg. Cette baisse s’explique par le recul des prix mondiaux du brut et par l’élargissement des décotes imposées sur les exportations russes sous l’effet des sanctions occidentales.

Le contraste avec les prévisions initiales est frappant : le budget tablait sur 10,94 billions de roubles de revenus énergétiques, soit un manque à gagner d’environ 25 %.

Un fonds souverain en rapide érosion

Le Fonds de richesse nationale, principal matelas financier du pays, ne disposait plus que de 52,2 milliards de dollars d’actifs liquides au début de 2026, contre 113 milliards de dollars avant le déclenchement de la guerre. Plusieurs analystes avertissent que, au rythme actuel des prélèvements, cette réserve stratégique pourrait être quasiment épuisée d’ici un an.

Aggravation des tensions dans le secteur bancaire

Les signaux d’alerte se multiplient également du côté bancaire. Le Centre d’analyse macroéconomique et de prévisions à court terme (CMASF), un groupe de réflexion proche du Kremlin, estime que le système bancaire russe est entré dans une phase de « crise ». Les actifs problématiques dépassent désormais 10 % des portefeuilles, un seuil considéré comme critique au niveau international.

Dans un rapport publié en décembre, le CMASF prévenait qu’une crise bancaire systémique pourrait survenir avant octobre 2026 si la progression des prêts douteux se poursuit. Le segment des PME apparaît particulièrement exposé, avec près de 19 % de prêts jugés problématiques.

Investissements à l’arrêt et pénurie de main-d’œuvre

La dynamique de l’investissement est presque paralysée. Le vice-Premier ministre Alexandre Novak a indiqué que les investissements n’avaient progressé que de 0,5 % sur les neuf premiers mois de 2025, laissant présager une croissance annuelle quasi nulle. Le ministère du Développement économique anticipe désormais une baisse de 0,5 % des investissements en 2026.

Les taux d’intérêt élevés et une politique monétaire jugée excessivement restrictive découragent les nouveaux projets. « La crise est désormais visible », a résumé Dmitri Belousov, directeur adjoint du CMASF.

À cela s’ajoutent de fortes tensions sur le marché du travail. Le recrutement militaire massif a accentué les pénuries de main-d’œuvre, alors que 2025 aurait enregistré les pertes humaines russes les plus élevées depuis le début de l’invasion, selon plusieurs centres de recherche. Les autorités régionales peinent à remplir les quotas fixés par le Kremlin, dans un contexte de budgets locaux sous forte contrainte, rapporte The Moscow Times.

Perspectives assombries pour 2026

Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse ses prévisions et table désormais sur une croissance de seulement 0,8 % en 2026. De leur côté, les analystes de l’Institut de prévision économique de l’Académie des sciences de Russie estiment que « tous les principaux risques pour le développement de l’économie russe se sont matérialisés », confirmant un horizon économique de plus en plus incertain.

 

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