La BCE alerte sur un choc de confiance inédit pour la consommation en zone euro

Date:

: La guerre déclenchée en Iran fin février 2026 a provoqué un recul de la consommation en zone euro deux fois plus marqué que prévu, selon le bulletin économique de la BCE publié lundi. Un choc comparable à celui de l'Ukraine en 2022, dicté avant tout par la prudence des ménages plutôt que par l'inflation.

La consommation des ménages en zone euro a nettement reculé dans les premières semaines de la guerre déclenchée en Iran fin février 2026, un recul principalement attribuable à l’incertitude plutôt qu’à la hausse des prix, selon une étude publiée lundi dans le bulletin économique de la Banque centrale européenne (BCE).

Un recul deux fois plus marqué que les tendances historiques

Selon la BCE, la baisse de la consommation enregistrée en avril a été deux fois plus importante que ce que les tendances historiques auraient laissé présager. Son ampleur est comparable à celle observée au début de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine en 2022. La confiance des consommateurs a chuté de 12 points entre février et avril, dans la foulée du déclenchement du conflit, et la dynamique des dépenses s’est sensiblement détériorée sur la période, selon l’institution monétaire européenne.

Les ménages aisés en première ligne du repli

L’étude, menée par des chercheurs de la BCE parmi lesquels Neus Dausa i Noguera, Maria Dimou et Omiros Kouvavas, montre que la contraction des dépenses s’est concentrée chez les ménages à revenus élevés, qui ont réduit leurs achats discrétionnaires. À l’inverse, les dépenses essentielles, logement et alimentation en tête, sont restées résilientes. Après avoir évolué entre 3 % et 4 % depuis la mi-2024, la croissance de la consommation nominale est retombée à environ 2,5 % en glissement annuel en avril.

Pour la BCE, ce constat conforte l’idée que le ralentissement ne résulte pas de contraintes de revenus, mais plutôt du report d’achats par des ménages qui disposent d’une marge de manœuvre sur le calendrier de leurs dépenses.

Le canal de la confiance plutôt que le coût de la vie

Le bulletin souligne que le « canal de la confiance » joue un rôle particulièrement puissant lors de chocs d’ampleur, tels que perçus par les consommateurs. Si les ménages redoutent que l’inflation provoquée par le conflit n’érode leurs revenus réels — 40 % des personnes interrogées ne s’attendant pas à récupérer ces pertes —, le principal moteur du ralentissement resterait un comportement de précaution plutôt qu’une pression avérée sur le pouvoir d’achat.

Vers des à-coups plutôt qu’un ralentissement progressif

Cette dynamique suggère que la consommation en zone euro pourrait connaître des coups de frein brusques suivis de rebonds rapides, plutôt qu’un ralentissement progressif et durable. Les épisodes de ralentissement dictés par la confiance ont en effet la particularité de pouvoir s’inverser rapidement dès lors que l’incertitude se dissipe, une dynamique déjà observée après le choc initial de la guerre en Ukraine en 2022.

Partager l'article:

Articles Recents

S'abonner

VIDÉOS SPONSORISÉES
VIDÉOS SPONSORISÉES

00:00:30

OPPO Reno12 : L’Alliance Parfaite entre Design, Intelligence Artificielle et Performance

Les séries Reno12 d'OPPO marquent une avancée significative dans le domaine de la photographie mobile grâce à l'intégration poussée de l'intelligence artificielle.
00:02:15

Abdelaziz Makhloufi, PDG de Cho Group, met en lumière l’excellence de l’huile d’olive tunisienne sur BFM Business

Fort de son expertise reconnue dans le secteur oléicole, Abdelaziz Makhloufi, Président-directeur général du groupe Cho, a saisi l'opportunité de l'émission BFM Business pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'échelle internationale.
00:00:32

Lancement du nouveau Huawei Nova Y61

Huawei Consumer Business Group annonce le lancement du HUAWEI nova Y61, le plus récent smartphone de la série HUAWEI nova Y.

CONTENUS SPONSORISÉS
CONTENUS SPONSORISÉS

Diaspora tunisienne : la CEA mise sur son épargne

Près de 7 milliards de dinars transférés à fin septembre, avec une hausse annuelle d'au moins 5 % : la Tunisie veut convertir l'épargne de ses expatriés en capital productif. Mécanismes, calendrier et enjeux.

Mi-mandat : les démocrates ouvrent une brèche commerciale

Investissements promis, trêve avec Pékin, menaces sur le Canada : la défaite républicaine du 3 novembre change-t-elle vraiment la donne commerciale ? Les analystes se divisent entre espoir de répit et crainte d’une escalade.

Inflation zone euro : 4 % en octobre, la BCE sous pression

Énergie à +20,8 %, Italie à 5,6 %, Allemagne en repli : l’inflation flash d’octobre dessine une zone euro contrastée. Et une BCE qui, selon les marchés, ne pourra guère différer un nouveau resserrement monétaire.

Orange Business Forum 2026 : IA, data et cybersécurité au cœur de la transformation des entreprises tunisiennes

Placée sous le thème de la confiance numérique, la première édition de l’Orange Business Forum a mis en avant trois priorités : protéger, accélérer et innover. Démonstrations concrètes, expertises du Groupe Orange et vision 2030 étaient au programme.

A lire également
A lire également

Inflation zone euro : 4 % en octobre, la BCE sous pression

Énergie à +20,8 %, Italie à 5,6 %, Allemagne en repli : l’inflation flash d’octobre dessine une zone euro contrastée. Et une BCE qui, selon les marchés, ne pourra guère différer un nouveau resserrement monétaire.

Roubini : la France, « premier pays à surveiller » alors que les rendements obligataires s’envolent

Déficits importants, dette en hausse, économie en recul : Nouriel Roubini voit dans la France le premier test des « bond vigilantes ». Sans assainissement budgétaire, prévient-il, l’addition retombera sur les épargnants.

Colis importés : l’UE instaure une taxe de 2 € dès le 1er novembre

L’Union européenne applique dès le 1er novembre 2 € de frais de traitement sur les colis importés, en plus des 3 € de droits de douane en vigueur depuis juillet. Temu, Shein et AliExpress s’adaptent, les petits vendeurs s’alarment.

Budget 2027 : l’Italie fait payer 5 milliards d’euros aux banques

Rome veut faire davantage contribuer les banques, les assureurs et certaines entreprises énergétiques pour financer des baisses d’impôts. Le texte doit encore passer devant le Parlement, et le secteur bancaire conteste la méthode.

Crédit en zone euro : la BCE confirme un net durcissement

46 % des entreprises de la zone euro constatent une hausse des taux de leurs prêts, et la disponibilité du crédit recule, de 18 % en Allemagne comme en France. Derrière ces chiffres, la BCE voit des banques plus prudentes et des entreprises qui peinent à financer leur quotidien.

BCE : statu quo attendu le 29 octobre, le taux de dépôt resterait à 2,50 %

Pause quasi unanime attendue à la BCE jeudi, avec un taux de dépôt à 2,50 %. Entre choc énergétique, PMI en recul à 51,9 et tensions obligataires en France, tous les regards se tournent vers décembre et les nouvelles projections.

Dette française : Moody’s face au risque d’une dégradation

Dégradation ou statu quo ? Moody's rend son verdict sur la note de la France le 23 octobre. Avec une dette à 119 % du PIB et des taux à 10 ans au-dessus de 5 %, les marchés scrutent surtout le budget 2027 et la crédibilité de la trajectoire budgétaire.

Dette française : la Suisse alerte sur un risque de crise de l’euro, la Grèce temporise

La dette française, à plus de 119 % du PIB, inquiète Berne, qui évoque un risque pour la monnaie unique. Athènes y voit plutôt l’effet d’un resserrement mondial des capitaux. Le FMI, lui, rappelle que la dette publique mondiale est à son plus haut niveau depuis la Seconde Guerre mondiale.