Tunisie : Appel aux réformes économiques et politique pour éviter la dégradation future de la notation

L’agence de notation Fitch vient d’abaisser la note de défaut émetteur à long terme en dinars et en devises de la Tunisie (le vendredi 3 février 2017) pour la ramener de «BB-» avec perspectives négatives à «B+» avec perspectives stables après cinq dégradations successives depuis 2011. Cette note correspond au 14ème rating sur une échelle de 20 et qui est considérée comme hautement spéculative. Il est à rappeler que l’agence Fitch est une parmi les agences de notation privées à but lucratif et non pas à caractère réglementaire ou officielle. En plus de Fitch, les deux principales agences visibles sur le marché sont Moody’s et Standard et Poor’s qui détiennent environ 80% du marché. Leur tâche principale consiste à réduire les asymétries d’informations sur les marchés financiers entre les investisseurs et les clients en publiant des notations allant de AAA pour les titres de très bonne qualité à C et même D pour les titres comportant des risques très élevés de défaut.

Les taux d’intérêt augmentent avec la prime de risque, ce qui permet de distinguer les bons titres (investment-grade securities) et les mauvais (speculative-grade ou junk bonds).
La coïncidence entre cette dégradation et la sortie sur le marché financier international n’a pas pu aider la Tunisie à mieux gérer cette émission obligataire en euro. En dépit de cette malheureuse circonstance, l’émission a été clôturée à 850 millions d’euros (au lieu d’un milliard d’euros annoncé initialement) sur une échéance de 7 ans. Le coupon est de 5.625% l’an avec un rendement de 5.75%. Il est évident que la confiance du marché financier international diminue de plus en plus et qu’il est devenu urgent de se concentrer sur la reprise de la croissance et la maîtrise des grands équilibres macroéconomiques du pays.
Le rapport de Fitch explique cette baisse par la détérioration de la situation économique notamment suite à l’approfondissement des déficits, la faiblesse de la croissance et la crise des finances publiques. Il met l’accent aussi sur la baisse de l’investissement privé et public, la montée des risques du terrorisme et l’instabilité politique. Cette situation économique et politique a agi négativement sur la transition, sur la capacité des gouvernements à retrouver un sentier de croissance supérieur capable de réduire le chômage et sur la patience et la confiance de nos partenaires.

Il est important de signaler que l’agence Fitch n’a pas anticipé la révolution tunisienne puisque la note était le 14 janvier 2011 la plus élevée de son histoire fixée à BBB avec perspectives négatives. Il a fallu attendre plus que 40 jours (le 2 Mars 2011) pour que cette agence dégrade la note d’un cran passant à BBB- avec perspectives négatives. D’ailleurs, les agences de notation n’ont pas anticipé les crises les plus importantes survenues en Mexique, en Asie et à la Grèce. Par exemple, lors de la crise mexicaine qui a débuté en décembre 1994, l’agence Standard et Poor’s n’a abaissé le rating qu’après quelques mois de l’année 1995.

De même, la décision de dégradation de ces agences était tardive et n’ont pas vu arriver la crise asiatique de 1997. En outre et en dépit de la crise observée de la Grèce, l’agence Standard et Poor’s a dégradé sa note après une période de 4 mois.

La présente note tente de trouver des réponses aux questions suivantes : Comment fonctionne ces agences de notations ? Quelles sont les causes de cette dégradation? Quelle est la position de la Tunisie par rapport aux autres pays ? Comment éviter une éventuelle dégradation et améliorer la notation ?

La méthodologie et les principaux critères de notation de Fitch
Les experts de l’agence Fitch collectent des données statistiques et s’entretiennent avec les autorités et les compétences des pays pour élaborer un rating. L’agence intervient dans plus de 110 pays et couvre pratiquement tous les indicateurs macroéconomiques et sectoriels. Les thèmes concernés sont divisés en 14 groupes au sein desquels 103 indicateurs sont analysés, faisant de Fitch l’agence de rating la plus sollicitée par les investisseurs(1). Les informations collectées s’étendent sur plusieurs années passées et deux années révisionnelles. Les indicateurs quantitatifs sont issus de sources nationales et internationales. Ce type de données statistiques permet de dresser un bilan de santé des économies. Toutefois, les analyses qualitatives sont basées sur les commentaires, les avis et la perception émis par les experts et les universitaires nationaux. Les experts de l’agence appliquent des pondérations différentes à chaque indicateur et mettent l’accent sur un certain nombre de critères jugés plus importants que d’autres. Pour le cas tunisien, il parait que l’agence Fitch met l’accent sur les quatre indicateurs suivants : i) le taux de croissance, ii) l’instabilité politique, la sécurité et la transition politique, iii) le déficit budgétaire et le ratio de la dette par rapport au PIB et iv) le déficit du compte courant. Ces principaux indicateurs sont présentés dans le tableau 1

La détérioration de ces indicateurs est la cause principale de la dégradation de notre notation. L’agence a souligné dans le rapport que «la chute du tourisme dans un contexte de risques de sécurité élevés, le ralentissement de l’investissement en la présence des fréquents changements de gouvernement et des épisodes de grèves ont affaibli la croissance et les perspectives économiques». Les autres facteurs sont liés à : i) l’échec à pouvoir améliorer le taux de croissance puisque ce taux n’a pas dépassé 1.0% en 2016 et que sa prévision par l’agence à 2.3% en 2017 et 2.5% en 2018 s’avère difficilement réalisable et ii) l’échec à pouvoir réduire le déficit budgétaire et « que ce ratio a atteint, en 2016, 6.4% et qu’on aura besoin d’emprunter sur les marchés étrangers l’équivalent de 7% du PIB pour faire face aux besoins du budget et rembourser les dettes en respectant les échéances ». L’agence a appuyé la perspective stable de la note suite à l’adoption de la nouvelle gouvernance des banques publiques et à l’engagement du gouvernement à un programme de soutien sur quatre ans approuvé par le FMI. Ce constat et les arguments relatifs
à la dégradation avancés par l’agence Fitch sont confirmés par le FMI. Selon son dernier communiqué de presse publié en fin de mission le 7 février 2017, «l’économie tunisienne continue de faire preuve de résilience dans une conjoncture nationale et internationale difficile ». Le fonds insiste sur le fait que la Tunisie est affrontée à plusieurs défis macroéconomiques signifiant que la dette publique a continué d’augmenter dépassant 60 % du PIB en 2016, le déficit budgétaire reste important estimé à 5,6 % du PIB en 2017, la masse salariale de la fonction publique en pourcentage du PIB est une des plus élevées au monde (14.4 % du PIB en 2016) et le déficit des transactions courantes reste élevé.

Tunisie versus pays scandinaves et asiatiques : masse salariale des fonctionnaires élevée mais qualité des services publics antagonistes
La Tunisie a connu depuis 2011 des augmentations importantes de la masse salariale dans le secteur public suite à des revendications syndicales. Elle a passé de 10,8 % du PIB en 2010 à 14.4 % en 2016. Selon le FMI ce ratio est un des plus élevés au monde. Il est en fait le 10ème le plus élevé par rapport à 153 pays derrière la Libye (50.3%), la Micronésie (22.0%), le Lesotho (21.6%), l’ile Marshal (20.7%), l’Arabie Saoudite (17.8%), l’Irak (17.1%), le Zimbabwe (16,5%), le Danemark (16.4%) et le Koweït (16.3%)2 . En dépit de cette évolution rapide et excessive, ce ratio n’a pas conduit ni à l’amélioration de la qualité ni à l’augmentation de la productivité des services de l’administration publique. En effet, selon les données statistiques de la Banque Mondiale (Doing Business 2016), la Tunisie occupe la 77ème place sur les 190 pays pour la facilité de faire des affaires, 103ème place pour la création d’entreprise, 101ème place pour l’obtention de prêt, 118ème place pour la protection des investisseurs minoritaires, 106ème pour le paiement des taxes et impôts et 76ème pour l’exécution des contrats (voir le tableau 3). Cette divergence entre un ratio de la masse salariale par rapport au PIB élevé et une qualité des services faible a entrainé une réduction de la performance de l’économie tunisienne et des déséquilibres des indicateurs macroéconomiques.

Les pays scandinaves comme le Danemark et la Norvège ont certes un ratio élevé des salaires mais ont aussi en compensation une des meilleures qualité des services publics au monde avec respectivement un 3ème et 6ème rang pour la facilité de faire des affaires, 24ème et 21ème rang pour la création d’entreprise, 6ème et 43ème rang pour l’octroi de permis de construire et 1er et 22ème rang pour le commerce transfrontalier.

Les pays directement concurrents à la Tunisie comme le Maroc, l’Egypte, l’Algérie et la Turquie ont certes des ratios de salaire relativement faibles mais un mauvais rang relatif aux indicateurs de la qualité des services publics (voir tableau 3). Par exemple le Maroc a relativement fait mieux que les autres et a profité de la crise de la Tunisie pour imposer un ratio de salaire de 12.6 % ayant le 23ème grand ratio dans le monde mais en contrepartie les marocains ont amélioré la qualité des services publics. Il occupe en 2016 la 68ème place pour la facilité de faire des affaires, 40ème place pour la création d’entreprise, 18ème place pour l’octroi de permis de construction, 57ème place pour le raccordement à l’électricité, 87ème place pour la protection des investisseurs minoritaires, 41ème pour le paiement des taxes et impôts et 52ème pour l’exécution des contrats (voir le tableau 3).

En dépit de la crise économique en Grèce, le gouvernement socialiste est arrivé à fixer un ratio de la masse salariale par rapport au PIB relativement faible à 11.2% correspondant au 37ème pays ayant le plus important ratio dans le monde. En compensation, le pays dispose d’un classement du climat des affaires relativement bon.

La Malaisie est un cas intéressant à étudier puisqu’elle dispose à la fois d’un ratio de salaire faible évalué à 5.8% soit le 123ème ratio le plus élevé ou le 34ème ratio le plus faible au monde et surtout un bon classement du climat des affaires proche des pays scandinaves ce qui explique la performance de l’administration publique de ce pays et son succès à attirer les IDE. L’analyse précédente montre que l’économie tunisienne est enfermée dans son environnement réglementaire suffocant qui l’a classée dans les derniers rangs en termes de bureaucratie, de qualité de services publics et d’une administration publique inefficace malgré que le nombre de fonctionnaires soit important et que le ratio de la masse salariale par rapport au PIB soit un des plus élevés dans le monde. Cette mauvaise qualité des services publics touche presque toutes les activités et surtout une partie du secteur des services comme les télécommunications, le transport, la santé, l’éducation, la formation, les services professionnels, la douane, les collectivités locales, la justice etc. Le résultat inéluctable est l’augmentation des prix de ces services. A titre d’exemple, citons les prix des appels téléphoniques internationaux qui sont 5 fois plus élevés que ceux dans les pays avancés, les billets d’avion de la compagnie nationale, Tunis Air, plus de 30 % plus chers que celui des autres compagnies, le prix du transport de marchandise (tonne/km), les honoraires d’un comptable ou d’un avocat qui sont proches de ceux des pays avancés, le temps mis pour dédouaner les marchandises des ports qui est 10 fois plus lents que celui des pays asiatiques, le coût des crédits important etc. Ces réglementations handicapent
l’entrée de nouveaux acteurs sur les marchés, ce qui entraine une concurrence monopolistique ou oligopolistique nuisible au bon fonctionnement des marchés : augmentation des prix de l’output, détérioration de la qualité des produits et de la productivité des entreprises « onshore » et « offshore »3 .

En effet, ces entreprises restent handicapées par l’utilisation de ces services comme inputs diminuant ainsi leur productivité et les condamnant à se spécialiser dans la production des biens à faible valeur ajoutée dans des activités de l’assemblage et de la sous-traitance. Ce mécanisme réduit les impôts collectés auprès de ces entreprises, augmente le déficit budgétaire et la dette publique, baisse la compétitivité de l’économie, augmente le déficit du commerce extérieur et réduit ainsi la croissance économique et l’emploi. Pour sortir de ce cycle dangereux pour l’économie, il est essentiel de ramener à terme la masse salariale sous la barre de 10% du PIB dans l’objectif de s’approcher des normes internationales et celles des pays concurrents et de laisser à l’Etat des fonds pour financer l’investissement public et développer un climat des affaires propice à l’investissement privé (infrastructure, éducation, formation, politique fiscale, politique sociale, politiques agricole et industrielle etc.). Dans ce cadre, une réforme globale du système de rémunération dans la fonction publique s’imposera et devra privilégier l’équité et le mérite tout en préservant les équilibres macroéconomiques.

Le positionnement du Rating souverain de la Tunisie selon la classifi cation de l’agence Fitch
L’agence Fitch a commencé à noter la Tunisie en 1995. Entre 1995 et début janvier 2011 (soit 16 années), la note de la Tunisie a été améliorée d’un cran passant de BBB- avec perspectives stables à BBB avec perspectives stables. En effet, on a commencé avec une note de BBBperspectives stables en 1995 et le 24 Mai 2001, la note a été améliorée d’un cran passant à BBB avec perspectives stables. Cette note a été maintenue même après le 14 Janvier 2011 et l’agence n’a pas ainsi prévu la révolution venir.

Il faut souligner que la Tunisie n’a jamais obtenu une notation qualifiée de bonne ou moyenne solvabilité (voir la dernière colonne du tableau 3). La note montre que notre solvabilité moyenne dépend des conditions économiques ainsi que de la concurrence. Cependant, la dégradation de la situation économique a fait baissé la note progressivement jusqu’à ce que la solvabilité devient assez dépendante des conditions économiques.

Depuis le 14 Janvier 2011, la note de la Tunisie a été dégradée de cinq fois selon Fitch:

  • Le 14-1-2011, la note était BBB sous surveillance perspectives négatives, puis le 2 Mars 2011 la note a été dégradée d’un cran BBB- avec perspectives négatives et le 27 Février 2012 la dégradation a été gardée la même;
  • Le 12 Décembre 2012, la note a été dégradée d’un cran BB+ avec perspectives négatives;
  • Le 30 Octobre 2013, la note a été dégradée de 2 crans BB- avec perspectives négatives, le 25 Avril 2014 et le 24 Octobre 2014 la dégradation a été maintenue la même ;
  • Le 27 Mars 2015 et le 25 Septembre 2015, la note a été maintenue à BB- mais a passé à Perspectives stables ;
  • Les 26 Août 2016 et le 4 Mars 2016, la note a été maintenue à BB mais revient perspectives négatives;
  • Le 3 Février 2017, la note a été dégradée d’un cran B+ avec perspectives stables.

Aujourd’hui, la Tunisie se trouve avec des pays sous-développés avec un grade très spéculatif comme l’Arménie, le Gabon, la Cote d’Ivoire, le Kenya, le Lesotho, le Nicaragua, le Nigeria, le Rwanda, le Sri Lanka, le Suriname et l’Uganda comme le montre le tableau 3. Il est évident que ce mauvais rang est un signal d’alarme adressé au gouvernement et aux responsables politiques et que la persistance de l’échec économique risque de plonger le pays dans le désordre et de se diriger vers la situation de la Grèce. Le tableau 3 synthétise la notation souveraine de long terme. Les pays qui se trouvent en tête avec une note AAA sont ceux dont les fondamentaux économiques sont les plus robustes. Les notes des dettes de plusieurs pays de la zone euro ont été dégradées suite à la crise de 2008.

L’instabilité politique qui s’est manifestée à travers une succession de huit gouvernements durant les six dernières années (Ghannouchi 1 et 2, Essebsi, Jbali, Laraith Jomaa, Essid et Chahed) et près de 220 ministres a accentué la crise et a augmenté la masse salariale dans l’administration sans une contrepartie d’amélioration de productivité ou de qualité des services. Ces changements rapides des gouvernements ont entrainé une incertitude sur les politiques publiques futures et sur l’exécution des réformes. L’Argentine est un exemple concret des conséquences néfastes de l’instabilité politique sur le développement économique. Ce pays était en 1960 parmi les vingt premiers pays au monde en termes de PIB par tête d’habitant pour reculer en 2000 et atteindre un rang proche des pays les plus sous-développés sous l’effet de l’instabilité politique.

En concluant, Le recours de plus en plus important au marché obligataire afin de se refinancer a rendu la mission des agences inévitable. La note émise par les agences est fondamentale pour fixer le taux d’intérêt sur le marché des obligations souveraines, pour attirer les investisseurs étrangers et donner la confiance aux bailleurs de fonds. La notation des agences doit être analysée, anticipée et confrontée par les ministères, la BCT et les analystes universitaires afin d’éviter de nouvelles dégradations et surtout améliorer notre position. En effet, six ans après la révolution, notre pays a relativement réussi la transition vers la démocratie et les libertés d’expression, mais n’a pas pu sortir de la crise économique. Ce piège pourra mettre en péril tous les acquis politiques et sociaux. L’agence Fitch et la FMI ont bien montré que la hausse de la masse salariale des fonctionnaires en pourcentage du PIB et la détérioration de la qualité des services publics ont compromis la viabilité des finances publiques et de la dette à moyen et long termes en générant des déficits structurels alarmants et démesurés et en évinçant l’investissement public et privé.

Les résultats de l’enquête compétitivité de l’année 2014 de l’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Etudes Quantitatives (ITCEQ) auprès de 1200 entreprises privées confirment ce constat. Les chefs d’entreprises trouvent que les services de l’administration publique pénalisent leurs activités et réduisent leurs compétitivités. Parmi les facteurs cités, on trouve le cadre macroéconomique et réglementaire, le financement bancaire, la fiscalité et les charges sociales, l’insécurité, les ressources humaines, les procédures administratives et le système judiciaire, la corruption et l’instabilité politique. Ils insistent sur le fait que les procédures administratives se compliquent davantage dans la mesure où pour accélérer un service, il faudrait recourir à des malversations et des pots de vin. L’exemple le plus cité touche le service portuaire et surtout le délai moyen long de 2 semaines environ entre le moment où les produits arrivent au point d’entrée du territoire et le moment où les procédures douanières sont effectuées. Les hommes d’affaires évoquent aussi que le système fiscal est considéré comme une contrainte majeure à l’investissement. Une réforme de la fonction publique devra revoir en premier lieu l’amélioration des services fournis et l’absence de lien entre rémunération et performance, l’avancement automatique du personnel, les grèves fréquentes, le recrutement par le mérite, la mobilité de la main d’oeuvre et comment attirer les talents et les compétences en second lieu.

En outre, plusieurs autres facteurs expliquent cet échec économique du pays: i) On a pris beaucoup de temps pour discuter des questions juridiques et on a négligé les questions économiques. En conséquence, la situation économique des régions s’est dégradée, le chômage a augmenté, le bien être de la population a chuté etc. Plus on laisse le temps passer sans agir, moins les politiques économiques seront efficaces. ii) Le terrorisme a pollué la révolution et on n’a pas pris les bonnes décisions à temps. L’image de la Tunisie s’est dégradée, ce qui n’aide pas à attirer l’IDE et les touristes. iii) La géopolitique de la région est à notre défaveur. iv) Le jeu égoïste des partis politiques n’a pas favorisé un comportement coopératif pour sortir de ce piège. v) Le pays est dans une dynamique qui favorise le comportement de recherche de rente et le système politique mis en place ne permet pas la stabilité politique et la constitution des partis forts capables de gouverner. vi) L’instabilité politique et les grèves illégales ont augmenté l’incertitude et ont agi négativement sur le comportement de l’épargne et de l’investissement.

Cette situation difficile a entrainé un déséquilibre de plus en plus importants des finances extérieures et publiques et une augmentation rapide et dangereuse de la dette publique. En dépit de ces problèmes, les tunisiens sont condamnés à s’unir autour d’un projet national en se mettant au travail pour redémarrer la croissance économique en panne, sortir de la crise et éviter la banqueroute.

Avec MAC SA
Pr Ghazi Boulila