Mauritanie : Un déficit budgétaire estimé à 0,6 % du PIB en 2017 contre 0,3 % en 2016

Après la faible croissance de 0,8 % en 2015 et 1,7 % en 2016 causée par la baisse des cours du minerai de fer, une reprise est estimée à 3,6 % en 2017. Elle devrait se consolider à 3 % en 2018 et 4,6 % en 2019 grâce à la relance du programme d’investissements publics, aux réformes structurelles, au redressement des cours des métaux, et à l’exploitation des gisements de gaz offshore récemment découverts. En 2017, la croissance a été tirée par la construction, l’agriculture, la pêche, ainsi que l’exploitation foncière et l’extraction de l’or et du cuivre.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution
La chute des cours du minerai de fer en 2014–2015 a continué de peser sur les indicateurs macroéconomiques du pays, avec notamment un déficit budgétaire estimé à 0,6 % du PIB en 2017 contre 0,3 % en 2016, et la baisse des réserves de change de 100 millions de dollars EU en 2016 à 724,9 millions en 2017 (soit 4,2 mois d’importations hors secteur extractif contre 5,5 mois en 2016). La politique d’ajustement déployée a néanmoins préservé la stabilité macroéconomique et réduit les déséquilibres extérieurs. En 2017, l’inflation devrait être contenue à 2,7 % et le déficit du compte courant en part du PIB avoir baissé de 0,7 point de pourcentage. Cette politique comprenait la consolidation budgétaire, le renforcement de la supervision bancaire, la dépréciation graduelle de la monnaie par rapport au dollar EU, l’arrêt des ventes de devises sur le marché parallèle, et la mobilisation de ressources extérieures.

Facteurs positifs
Pour la troisième année consécutive, la Mauritanie a progressé dans le classement Doing Business de la Banque mondiale, grâce à ses réformes structurelles visant à assainir l’environnement des affaires pour promouvoir la création d’entreprises et l’investissement. Dans le rapport 2018, elle a ainsi gagné 10 places en se classant 150e sur 190 pays. Elle entend néanmoins poursuivre ses efforts pour lever les contraintes au développement des affaires, que sont l’accès au financement, le déficit d’infrastructures, et la corruption. En janvier 2017, le pays s’est doté d’une loi sur le partenariat public-privé. En février 2017, il a entamé des discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) à propos d’un nouveau programme économique triennal, et un accord au titre de la Facilité élargie de crédit devrait bientôt être conclu.

Facteurs négatifs
La faible diversification des exportations rend la croissance économique du pays fragile et vulnérable. Les perspectives économiques du pays restent dépendantes de facteurs exogènes tels que les cours des matières premières et l’investissement direct étranger dans l’industrie extractive. Un effort de diversification de l’économie s’impose donc dans le cadre de la Stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée (SCAPP) 2016–2030. Malgré le rebond de la croissance, le risque d’instabilité financière demeure exacerbé. En effet, en 2015–2016, le ralentissement de l’activité économique a détérioré la qualité des actifs bancaires, limitant ainsi leur capacité d’intermédiation financière. La dette publique extérieure demeure un problème. En effet, l’endettement élevé (68,4 % du PIB en 2017, en dehors de la dette passive vis-à-vis du Koweït), la possible détérioration des prix des matières premières, l’amortissement du dépôt saoudien et d’autres prêts multilatéraux en 2018–2022, ainsi que la faible capacité de gestion de la dette maintiennent élevé le risque de surendettement. Avec un chômage (14,6 %) supérieur au niveau national (10,1 %) et à celui des adultes (5,9 %), les jeunes (soit environ 60 % de la population) sont les plus exposés au sous-emploi. Ils constituent des proies désignées pour les groupes terroristes sévissant au Sahel et la situation représente une réelle menace pour la sécurité du pays et de la sous-région.

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