Les Bourses européennes ont terminé en baisse après les sanctions contre la Russie

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Les Bourses européennes ont terminé en baisse lundi et Wall Street évoluait dans le désordre à la mi-séance, les marchés d’actions étant affectés par les incertitudes liées aux nouvelles sanctions occidentales contre la Russie, qui dit avoir placé en alerte ses « forces de dissuasion » alors que parallèlement des pourparlers entre Moscou et Kiev ont démarré.

À Paris, le CAC 40 a fini en repli de 1,39% à 6.658,83 points. Le Footsie britannique a reculé de 0,42% et le Dax allemand de 0,73%.

L’indice EuroStoxx 50 a perdu 1,17%, le FTSEurofirst 300 0,21% et le Stoxx 600 0,09%.

Sur l’ensemble du mois, l’indice parisien a reflué de 4,86% et le Stoxx 600 paneuropéen de 3,36%.

Cinq jours après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui a déclenché dimanche une nouvelle série de sanctions diplomatiques et économiques à l’encontre de Moscou, des discussions entre une délégation ukrainienne et des représentants russes ont démarré lundi à la frontière biélorusse, sans résultat jusqu’à présent.

En attendant, les dernières sanctions décidées notamment par l’Union européenne secouent l’économie et la finance russes si bien que le rouble a chuté de plus de 30% alors que la Bourse de Moscou est restée fermée ce lundi.

« Outre le risque d’une escalade en Europe, l’économie mondiale est désormais confrontée à la certitude de graves turbulences économiques et financières en Russie (11e économie mondiale) ainsi qu’à d’importantes perturbations des flux commerciaux impliquant la Russie », écrit Homin Lee, stratège chez Lombard Odier.

La plupart des banques russes ont été exclues du système international SWIFT, tandis qu’une partie des réserves de la banque centrale russe ont été gelées.

L’indice européen de la volatilité a fini en hausse de 9,8% et son équivalent américain bondissait de 6% à 29,2 points.

VALEURS EN EUROPE

L’aversion généralisée au risque a fortement pénalisé le compartiment bancaire (-4,4%) en Europe, touchant surtout les établissements les plus exposés à la Russie. La banque autrichienne Raiffeisen Bank a chuté de 14%, Société générale de 9,8% et l’italien UniCredit de 9,4%. Ailleurs en Europe, ING, ABN Amro, Commerzbank et Deutsche Bank ont accusé des replis de 2,1% à 7,9%.

Dans l’automobile, Renault, présent en Russie via Avtovaz, a abandonné 6,5%. L’équipementier Faurecia a reflué de 5,4%, tandis que le fabricant finlandais de pneus Nokian Tyres, dont 80% de la production est basée en Russie, a plongé de 20%.

Le secteur du transport aérien a, quant à lui, été affecté par les restrictions de trafic, l’Europe et le Canada ayant décidé de fermer leur espace aérien aux avions russes. Air France-KLM a reflué de 2,3% et Lufthansa de 4,3%.

La décision de l’Union européenne de fournir des armes à l’Ukraine et l’annonce par l’Allemagne d’une forte augmentation de ses dépenses militaires ont en revanche profité aux groupes de défense. Thales a gagné 11,8%, Dassault Aviation 7,8%, le britannique BAE Systems 10,1% et l’allemand Rheinmetall 24,8%.

A WALL STREET

Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones reculait de 0,49% et le Standard & Poor’s 500 de 0,11%, tandis que le Nasdaq avançait de 0,64%

La finance et le secteur du tourisme pèsent sur les indices, avec un repli de 1,84% des bancaires et de 1,67% du transport aérien en réaction à l’exclusion des banques russes du système Swift et de la décision de la Russie de fermer son espace aérien aux avions de 36 pays.

Delta Air Lines, American Airlines Group et United Airlines Holdings reculent de 0,9% à 3,4%, tandis que JPMorgan Chase & Co, Bank of America et Goldman Sachs abandonnent de 2,2% à 3%.

Les groupes américains de défense comme Raytheon Technologies, Lockheed Martin et Northrop Grumman sont en revanche recherchés.

Côté fusions-acquisitions, Renewable Energy bondit de 39% en réaction à une offre de 3,15 milliards de dollars de Chevron (+2%) sur le fournisseur d’énergies alternatives, tandis que la banque américaine First Horizon grimpe de 29% après une offre de rachat de 13 milliards de dollars de D Bank Group.

CHANGES

Sur le marché des changes, l’aversion au risque soutient le dollar face à un panier de devises de référence (+0,1%).

Le yen et le franc suisse profitent eux aussi de leur statut de valeurs refuge, tandis que l’euro (-0,43%) recule à 1,1219 face au billet vert. La monnaie unique européenne, qui refluait de 1% en matinée à un creux de quatre séances consécutives à 1,1121 dollar, a cependant réduit ses pertes avec l’annonce de pourparlers entre Kiev et Moscou.

TAUX

Le contexte d’incertitudes provoque une forte demande pour les obligations souveraines en Europe et aux Etats-Unis, ce qui fait monter leurs prix et baisser leurs rendements. Les rendements sont en outre pénalisés par la révision à la baisse des anticipations d’évolution des taux d’intérêt.

Les marchés monétaires n’évaluent désormais qu’à un peu plus de 10% la probabilité d’une hausse d’un demi-point du taux des « fed funds » de la Réserve fédérale américaine le 16 mars, contre plus de 20% la semaine dernière, selon les données de CME.

Concernant la Banque centrale européenne (BCE), la probabilité d’une hausse des taux d’ici la fin de l’année est passée de 35 points de base la semaine dernière à 33 contre 41 avant l’invasion russe.

Le taux des bons du Trésor américain à dix ans cède plus de 11 points de base à 1,8698%. Celui du Bund allemand a dix ans a fini en baisse de 6,8 points à 0,156% tandis que son équivalent français s’est contracté de 7,4 points à 0,635%.

PÉTROLE

Le marché pétrolier repart à la hausse, profitant des tensions géopolitiques qui alimentent une crainte sur l’offre. L’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) a en outre annoncé lundi que la demande pétrolière aux Etats-Unis avait atteint en décembre son niveau le plus élevé depuis août 2019 avec près de 21 millions de barils par jour. Goldman Sachs, pour sa part, a relevé sa prévision à un mois pour le Brent à 115 dollars le baril contre 95 dollars auparavant, tandis que JPMorgan n’exclut plus de voir le cours du baril de pétrole atteindre 150 dollars.

Le Brent avance de 2,11% à 100 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 3,45% à 94,76 dollars.

MÉTAUX

Comme d’autres actifs refuge, l’or progresse, de 0,71% à 1.901 dollars l’once, tandis que le palladium (+4,23%), composant utilisé dans les pots d’échappement catalytiques et dont le groupe russe Nornickel est le premier producteur mondial, bondit de 4,22%.

A SUIVRE MARDI:

Publication des indices PMI IHS Markit manufacturier en Europe et aux Etats-Unis pour le mois de février, ainsi que de la première estimation de l’inflation en Allemagne en février.

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