Un déficit de près de 21 milliards de dinars
Les données publiées par l’Institut national de la statistique (INS) pour les neuf premiers mois de 2026 confirment une détérioration structurelle de la balance commerciale tunisienne. Le déficit s’est aggravé de 25 % pour atteindre 20,997 milliards de dinars (MD), contre 16,727 MD sur la même période en 2025.
La tendance s’inscrit dans une trajectoire de dégradation continue : sur les neuf premiers mois de 2024, le déficit n’était que de 13,497 MD.
Des exportations résilientes, mais trop lentes
L’analyse détaillée des flux met en lumière un décalage préoccupant entre les performances à l’export et la dynamique des importations. Les ventes à l’étranger ont progressé de 8,5 %, à 50,400 MD contre 46,419 MD un an plus tôt. Cette croissance modérée témoigne d’une certaine résilience des secteurs exportateurs, notamment le textile, les composants mécaniques et électriques et les phosphates.
Les importations s’envolent
La facture d’importation, elle, a bondi de 13 %, à 71,397 MD contre 63,146 MD. Cette accélération est structurellement liée à la persistance de prix élevés des matières premières, en particulier énergétiques, et à la dépendance du tissu industriel tunisien aux intrants intermédiaires importés.
| Indicateur | 9M 2026 | 9M 2025 | Variation |
| Exportations (MD) | 50 400 | 46 419 | +8,5 % |
| Importations (MD) | 71 397 | 63 146 | +13 % |
| Déficit commercial (MD) | 20 997 | 16 727 | +25 % |
En clair, les importations progressent à un rythme nettement supérieur à celui des exportations, ce qui creuse mécaniquement l’écart.
Un taux de couverture en recul depuis 2024
Conséquence directe : le taux de couverture des importations par les exportations a chuté à 70,6 % en 2026, contre 73,5 % en 2025 et 77,5 % en 2024. En deux ans, la Tunisie a ainsi perdu près de sept points de couverture, signe que ses recettes extérieures financent une part de plus en plus réduite de ses achats à l’étranger.
