Une pause monétaire assumée
Le Conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie s’est réuni le 7 octobre 2026. À l’issue de ses travaux, il a décidé de maintenir le taux d’intérêt directeur à 7 %. Un statu quo qui s’explique par la persistance des pressions inflationnistes et par les risques venus de l’extérieur, en particulier sur le front de l’énergie.
La décision n’a rien d’un geste anodin. Elle traduit un arbitrage délicat : resserrer davantage la politique monétaire risquerait de peser sur une activité déjà fragile, tandis qu’un assouplissement serait difficile à justifier face à des prix qui continuent de s’orienter à la hausse.
Une inflation en légère reprise, une croissance qui s’essouffle
Côté prix, l’inflation globale est repartie légèrement à la hausse pour atteindre 5,6 % en septembre. Cette remontée est tirée par l’alimentaire frais, un poste particulièrement sensible pour le pouvoir d’achat des ménages.
Dans le même temps, l’économie tourne au ralenti. La croissance s’est établie à 2,3 % au deuxième trimestre, un rythme modeste qui limite la marge de manœuvre de la banque centrale. Maintenir le taux directeur à 7 % permet ainsi de ne pas ajouter de pression sur le financement de l’activité, sans pour autant relâcher la vigilance sur les prix.
Les équilibres extérieurs, véritable point de friction
C’est sur le terrain des comptes extérieurs que la situation inquiète le plus. La flambée de la facture énergétique, qui atteint 11,3 milliards de dinars à fin août, a mécaniquement creusé le déficit courant, désormais à 2,5 % du PIB.
Les réserves de change s’en ressentent. Elles s’effritent et s’établissent à 92 jours d’importation, contre 104 jours un an plus tôt. Douze jours de couverture en moins en l’espace d’un an : un recul qui explique en partie la prudence affichée par l’institution.
L’énergie, facteur de risque central
Le communiqué de la BCT met en avant trois points de vigilance : des pressions inflationnistes persistantes, la hausse des cours mondiaux de l’énergie et des risques sur l’évolution des prix. Les trois sont étroitement liés. Un baril plus cher alourdit la facture d’importation, creuse le déficit courant, puise dans les réserves et alimente en retour l’inflation.
Dans ce contexte, l’évolution des cours mondiaux de l’énergie sera déterminante pour les prochaines décisions du Conseil. Tant que ces risques ne se dissipent pas, le maintien du taux directeur à 7 % semble s’imposer comme la ligne de conduite de la BCT, dans l’attente d’indicateurs plus rassurants sur les prix, la croissance et les réserves.
