jeudi, septembre 24, 2020

croissance mondiale plus faible que prévue: probable baisse des prix des hydrocarbures par rapport au niveau actuel

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Des perspectives de croissance mondiale plus faible que prévu et une hausse de la production pétrolière dans les pays non membres de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) devraient faire redescendre les prix pétroliers par rapport à leur hauteur actuelle, avec en 2019 un niveau moyen inférieur à celui de 2018.

Le repli tendanciel des prix des matières premières s’est inversé début 2019

Note : derniers relevés : mars 2019. Source: Banque mondiale.

Au premier trimestre 2019 et après les reculs enregistrés l’an dernier, la plupart des prix des matières premières ont connu une accélération, laquelle a souvent permis de compenser la baisse du dernier trimestre 2018.

Les prix de l’énergie ont perdu 8 % au premier trimestre 2019 (en glissement trimestriel), avec un brusque fléchissement des prix du charbon et du gaz naturel, alors que les cours du pétrole ont connu une hausse régulière depuis le début de l’année. Le baril de brut, qui ressortait en moyenne à 68 dollars en 2018, devrait s’établir à 66 dollars en 2019 et à 65 dollars en 2020, même si ces prévisions restent éminemment tributaires des mesures et décisions gouvernementales à venir.

Les prix des produits non énergétiques ont progressé au premier trimestre 2019. La plupart des cours des métaux se sont redressés après les pertes du quatrième trimestre de 2018, à la faveur du raffermissement des perspectives de croissance en Chine et des insuffisances de l’offre. Les prix des produits agricoles ont connu une légère hausse au premier trimestre, les experts tablant sur une baisse des plantations.

Pétrole : les restrictions de production des pays de l’OPEP attisent les prix
Évolution cumulée depuis octobre 2016

Après avoir atteint niveau plancher de 52 dollars à la mi-décembre, le baril de Brent a connu une hausse régulière en 2019, atteignant 74 dollars fin avril. Les importantes réductions de production des pays de l’OPEP et de leurs partenaires conjuguées à des perturbations de l’approvisionnement ailleurs ont compensé la forte hausse de la production de schistes bitumineux aux États-Unis — qui a augmenté de plus de 2 millions de barils par jour en 2018, une progression annuelle exceptionnelle, tous producteurs confondus.

Sous réserve d’une demande mondiale encore solide (mais plus faible que l’an dernier) et d’une production aux États-Unis toujours soutenue, les prix pétroliers devraient légèrement fléchir en 2019 par rapport à leurs niveaux actuels, pour s’établir en moyenne à 66 dollars le baril.

De nombreux facteurs pourraient faire évoluer ces prévisions, mais elles restent globalement équilibrées et sont avant tout liées aux effets des politiques. Plusieurs risques majeurs demeurent cependant : la décision des pays de l’OPEP, en juin prochain, d’étendre ou non l’accord de réduction de production ; l’impact des sanctions américaines sur l’Iran à la suite de la fin de certaines dérogations ; et l’entrée en vigueur, prévue au 1er janvier 2020, des règles adoptées par l’Organisation maritime internationale pour réduire les émissions dans le transport maritime, qui pourrait faire flamber les prix du diesel.

Contrairement au pétrole, les prix du gaz naturel et du charbon ont fortement reculé, en particulier au cours des deux derniers mois. Des températures clémentes et le redémarrage de centrales nucléaires au Japon expliquent cette baisse de la demande tandis que la hausse des exportations de gaz naturel liquéfié des États-Unis mais aussi de l’Australie et du Qatar a amélioré l’approvisionnement des pays importateurs.

Métaux : les cours se redressent, sous l’effet de tensions sur l’offre, de perturbations et du dynamisme de l’économie chinoise
Stocks journaliers moyens au London Metal Exchange
L’indice des prix des métaux et des minéraux de la Banque mondiale a progressé de 1,7 % au premier trimestre 2019 (en trimestre glissant).

Cette évolution marque un renversement de tendance par rapport au repli du quatrième trimestre 2018, lui-même consécutif à une chute encore plus marquée au trimestre précédent — qui s’explique par des tensions au niveau de l’approvisionnement, l’avancée des négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine et la relance budgétaire par les autorités chinoises.

Malgré leur redressement actuel, les cours des métaux devraient atteindre en 2019 un niveau moyen inférieur de 2 % à celui à 2018. Des tensions au niveau de l’approvisionnement (en particulier pour le cuivre et le zinc), des perturbations de la production (pour le minerai de fer, à la suite de l’effondrement d’un barrage au Brésil) et la relance fiscale en Chine devraient contribuer à cette progression.

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L’indice des prix agricoles de la Banque mondiale a progressé de 1 % au premier trimestre 2019 (en trimestre glissant), le recul de 3 % des boissons ayant été compensé par de modestes hausses dans toutes les autres catégories de produits. L’indice reste cependant inférieur de 6 % à son niveau de l’an dernier. L’incidence négative de la plupart des facteurs qui pesaient sur les prix en 2018 s’est atténuée. Les tensions commerciales se sont relâchées et les intentions de plantations aux États-Unis pour la prochaine campagne agricole sont en baisse.

L’indice devrait perdre 3 % en 2019 avant d’augmenter de 2 % en 2020 sous l’effet d’une baisse de la production et du renchérissement des prix des engrais.

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La demande d’engrais devrait rebondir et l’indice des prix progresser de 4,8 % en 2019, grâce notamment à la potasse.

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L’indice devrait conserver une trajectoire haussière tout au long de 2019, tiré par l’or, et s’établir en moyenne à un niveau supérieur de 2,6 % à celui de 2018.

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