Xiaomi a dévoilé jeudi à Pékin sa nouvelle série de SUV SkyNomad, marquant l’entrée du géant technologique chinois sur le segment des véhicules électriques à autonomie prolongée (EREV). Une offensive commerciale destinée à séduire les familles, alors que les ventes de véhicules électriques du groupe n’ont atteint qu’environ un tiers de son objectif annuel de livraisons au premier semestre.
Deux modèles, un positionnement offensif
La gamme s’articule autour de deux modèles. Le N90 Max, SUV phare à sept places, est proposé à 299 900 yuans, soit environ 44 400 dollars. Le N70 Max, une version à cinq places, est affiché à 259 900 yuans (38 400 dollars). Ces deux véhicules constituent les déclinaisons haut de gamme Max de la série ; des versions Pro et standard, plus accessibles, suivront lors du lancement commercial prévu en septembre.
Le positionnement tarifaire est clairement offensif : le N90 Max est proposé à un prix inférieur à celui de la Model Y L de Tesla, commercialisée 339 000 yuans en Chine. Les précommandes ont été ouvertes jeudi moyennant un acompte remboursable de 1 000 yuans.
Un argument familial assumé
Le PDG Lei Jun a insisté sur la dimension modulable et spacieuse des nouveaux véhicules lors de l’événement de lancement :
« Six sièges ne suffisent pas pour les familles… Si l’on compare un véhicule à une maison, nous pouvons agencer notre espace librement et le décorer »
Cet argumentaire s’appuie sur un habitacle pensé comme un espace de vie modulable, avec sièges avant pivotants, table centrale coulissante et sièges zéro gravité en deuxième rangée. Une édition Camping, dotée d’un toit relevable et d’une plateforme de couchage, cible directement les familles adeptes de loisirs en plein air, un segment en forte croissance en Chine.
Un revirement stratégique dans un marché sous tension
Le lancement du SkyNomad marque un changement de cap notable pour Xiaomi, qui qualifiait encore en 2024 les véhicules électriques à autonomie prolongée de mauvaise orientation stratégique. Le groupe présente désormais cette technologie comme une réponse pragmatique aux contraintes de poids des grands SUV, pour lesquels un groupe motopropulseur 100 % électrique nécessiterait une batterie jugée trop lourde.
Ce virage intervient dans un contexte de ralentissement de la demande de véhicules électriques en Chine. Selon des données rapportées par Reuters, les ventes de VE de Xiaomi n’ont représenté qu’environ un tiers de son objectif annuel sur le premier semestre. Les livraisons cumulées de ses deux modèles existants, la berline SU7 et le SUV YU7, dépassent néanmoins les 700 000 unités, confirmant l’ancrage du constructeur dans l’automobile électrique.
Une expansion européenne programmée pour 2027
Les livraisons du SkyNomad sont attendues en Chine dès septembre. Xiaomi a par ailleurs indiqué viser une arrivée de la gamme sur les marchés européens au second semestre 2027, une échéance qui laisse au groupe le temps d’adapter son offre aux normes et attentes du marché continental, sur un segment des SUV familiaux électriques déjà disputé par les constructeurs locaux et Tesla.
