Un déséquilibre de rythme entre importations et exportations
Sur les huit premiers mois de 2026, le déficit commercial de la Tunisie s’est nettement creusé pour atteindre 17,8 milliards de dinars, contre 14,6 milliards de dinars sur la même période en 2025, soit une dégradation de plus de 3,2 milliards de dinars en l’espace d’un an.
Cette détérioration résulte d’un déséquilibre de rythme entre les deux flux commerciaux : les importations ont progressé de 11,6 %, pour s’établir à 62,5 milliards de dinars, tandis que les exportations n’ont augmenté que de 8 %, à 44,7 milliards de dinars. L’écart de croissance entre les achats et les ventes à l’étranger explique à lui seul le creusement du déficit.
Le taux de couverture au plus bas depuis trois ans
Conséquence directe de ce déséquilibre, le taux de couverture des importations par les exportations recule à 71,4 % sur la période, son niveau le plus faible depuis trois ans. Il s’était établi à 73,9 % sur la même période de 2025 et à 77,7 % en 2024, ce qui traduit un affaiblissement progressif de la capacité de l’économie tunisienne à financer ses importations par ses propres exportations.
L’agroalimentaire et les industries mécaniques résistent
Dans ce contexte tendu, certains secteurs exportateurs affichent une résilience notable. Le secteur agroalimentaire se distingue avec une progression de 20,8 %, portée en grande partie par l’envolée des ventes d’huile d’olive, qui atteignent 3,7 milliards de dinars contre 2,7 milliards de dinars un an plus tôt.
Les industries mécaniques et électriques, piliers traditionnels des exportations tunisiennes, enregistrent quant à elles une hausse de 8,5 %, confirmant leur rôle de moteur stable pour le commerce extérieur du pays malgré la dégradation d’ensemble de la balance commerciale.
Ce qu’il faut retenir
Le creusement du déficit commercial à 17,8 milliards de dinars et le repli du taux de couverture à 71,4 % traduisent une pression accrue sur les équilibres extérieurs de la Tunisie sur les huit premiers mois de 2026. La bonne tenue de l’agroalimentaire, tirée par l’huile d’olive, et des industries mécaniques et électriques offre toutefois des points d’appui pour limiter la dégradation dans les mois à venir.
