Après les fortes progressions enregistrées au lendemain de la crise sanitaire, le tourisme tunisien semble désormais entrer dans une nouvelle phase. Les performances des huit premiers mois de 2026 témoignent d’une croissance toujours positive, mais nettement moins soutenue.
Entre janvier et août 2026, les recettes touristiques ont atteint 5,52 milliards de dinars, soit une progression de 5 % sur un an.
Converties en dollars, ces recettes représentent environ 1,87 milliard de dollars, en hausse de seulement 3,6 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Cette différence entre la progression en dinars et celle en devises constitue l’un des principaux enseignements du bilan. Elle traduit une dynamique désormais beaucoup moins spectaculaire que celle observée lors de la phase de reprise post-pandémique.
Une croissance touristique désormais plus modérée
Le secteur touristique tunisien semble avoir tourné la page de l’effet de rattrapage qui avait fortement soutenu son activité après la pandémie.
Les années 2022 et 2023 avaient été marquées par des bonds importants, portés notamment par la reprise des flux touristiques et la normalisation progressive de l’activité internationale.
En 2026, le rythme est différent. Avec une hausse de 5 % des recettes en dinars et de 3,6 % en dollars, la progression apparaît désormais beaucoup plus limitée.
Selon l’analyse présentée dans le bilan, cette décélération ne serait plus simplement conjoncturelle. Elle s’inscrit dans une tendance structurelle, avec un secteur qui évolue désormais davantage au rythme de l’économie nominale tunisienne.
Les recettes en devises progressent moins rapidement
La performance en devises constitue un autre signal à surveiller.
Les recettes touristiques ont progressé de 3,6 % en dollars sur les huit premiers mois de 2026. Cette évolution reste positive, mais elle est présentée comme inférieure à l’inflation internationale.
Autrement dit, l’augmentation nominale des recettes ne traduit pas nécessairement une amélioration équivalente de leur poids économique réel sur la scène internationale.
Cette situation réduit également la capacité du tourisme à générer des volumes supplémentaires de devises au même rythme que durant les années de reprise.
La Tunisie décroche face au Maroc et à l’Égypte
Autre élément mis en avant dans le bilan : la comparaison avec les principaux concurrents régionaux.
La dynamique touristique tunisienne apparaît désormais moins vigoureuse que celle observée au Maroc et en Égypte, deux destinations qui évoluent sur les mêmes marchés internationaux et constituent des concurrents directs pour la Tunisie.
Le constat est donc celui d’un décrochage régional.
Pour la Tunisie, l’enjeu ne consiste plus uniquement à retrouver les niveaux d’activité d’avant la pandémie. Il s’agit désormais de renforcer la croissance du secteur dans un environnement touristique international devenu plus concurrentiel.
Le poids du tourisme dans le PIB reste bloqué à 3,1 %
Malgré la hausse des recettes, le poids du tourisme dans l’économie tunisienne ne progresse pas.
Il reste établi à 3,1 % du PIB, un niveau présenté comme stable depuis trois années consécutives.
Cette stabilité constitue un indicateur important. Elle montre que la progression du secteur ne suffit plus, à elle seule, à accroître significativement sa contribution à l’économie nationale.
Le tourisme conserve ainsi une place importante dans l’activité économique et dans les recettes en devises, mais son rôle de moteur d’une croissance accélérée semble s’atténuer.
Un secteur toujours stratégique, mais moins moteur
Le bilan des huit premiers mois de 2026 dessine donc une nouvelle configuration pour le tourisme tunisien.
Le secteur continue de progresser, avec 5,52 milliards de dinars de recettes et une croissance annuelle de 5 %. Mais cette évolution reste modérée, tandis que les recettes en devises n’augmentent que de 3,6 %.
Après la forte phase de reprise de 2022 et 2023, le tourisme semble désormais évoluer dans un environnement plus normalisé, marqué par une croissance plus lente et une concurrence régionale accrue.
La question centrale pour la Tunisie n’est donc plus seulement celle de la reprise touristique, mais désormais celle de sa capacité à créer davantage de valeur, à renforcer ses recettes en devises et à améliorer sa position face aux grandes destinations méditerranéennes.
Avec un poids dans le PIB maintenu à 3,1 %, le secteur ne semble plus jouer le même rôle de moteur de croissance qu’au cours de la phase de rattrapage post-pandémique.
Données clés à retenir
| Indicateur | 8 premiers mois de 2026 |
|---|---|
| Recettes touristiques | 5,52 milliards TND |
| Évolution annuelle | +5,0 % |
| Recettes en dollars | 1,87 milliard USD |
| Évolution en dollars | +3,6 % |
| Poids dans le PIB | 3,1 % |
| Évolution du poids dans le PIB | Stable depuis 3 ans |
| Principaux concurrents régionaux cités | Maroc, Égypte |
