Une plus-value exceptionnelle porte les résultats
Le Produit Net Bancaire de la BTE progresse de 25 % à 43,6 millions de dinars au premier semestre 2026. Cette hausse s’explique en grande partie par le doublement des revenus du portefeuille d’investissement, dopé par une plus-value exceptionnelle de 5,9 MD liée à la cession de sa participation dans la Banque Nationale Agricole (BNA).
Le bénéfice par action ressort à 0,259 dinar, contre un résultat négatif l’année précédente.
Une activité commerciale qui peine à suivre
Hors effet exceptionnel, la dynamique commerciale de la banque reste modeste. Les crédits à la clientèle progressent de 8 % à 24,6 MD, tandis que les dépôts n’augmentent que de 3,5 % à 20,8 MD. Des rythmes de croissance qui contrastent nettement avec le bond du résultat net, confirmant que l’amélioration des comptes tient avant tout à une opération ponctuelle plutôt qu’à un rebond de l’activité bancaire courante.
Une réserve des commissaires aux comptes qui change la lecture des chiffres
Le satisfecit s’arrête là. Les commissaires aux comptes ont assorti leur certification d’une réserve substantielle, un signal qui invite à relativiser la portée du retour aux bénéfices. En cause : une situation de fonds propres jugée préoccupante, malgré des capitaux propres comptables affichés à 29,1 MD.
Une fois les ajustements réglementaires appliqués, les fonds propres nets de base de la BTE ressortent négatifs, à -2,7 MD. Conséquence directe : les ratios de solvabilité globale et Tier 1 tombent tous deux à -0,21 %, très loin des seuils réglementaires fixés respectivement à 10 % et 7 %.
Le capital minimum légal toujours hors d’atteinte
Autre point de vigilance soulevé par l’infographie : les capitaux propres comptables de 29,1 MD restent très inférieurs au capital minimum légal de 50 MD exigé pour une banque de la place. Cet écart expose l’établissement à un risque de sanctions prudentielles, un enjeu réglementaire que la seule embellie du résultat net ne suffit pas à écarter.
Le contentieux fiscal enfin soldé, mais le nœud du problème reste entier
La BTE a par ailleurs mis un terme à un contentieux fiscal de longue date. Son impact, chiffré à 1,36 MD, sera étalé sur les capitaux propres jusqu’en 2030. Cette clôture solde un dossier hérité du passé, mais ne change rien au déficit structurel de fonds propres qui pèse sur la banque.
Au final, le semestre de la BTE illustre un cas d’école : un résultat net positif ne garantit pas, à lui seul, la solidité financière d’un établissement bancaire. C’est bien la question de la recapitalisation qui s’impose désormais comme le véritable enjeu pour la banque tuniso-émiratie.
