Des dépenses d’investissement trimestrielles sans précédent
Jeudi, Amazon a annoncé des dépenses d’investissement de 53 milliards de dollars au deuxième trimestre, en hausse de 69 % sur un an. Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 200,6 milliards de dollars (+20 %), porté par sa division cloud AWS, dont les ventes ont atteint 42,2 milliards de dollars, en progression de 37 %. Revers de la médaille : le flux de trésorerie disponible d’Amazon est tombé à -7,6 milliards de dollars une fois les investissements en infrastructure déduits.
Ces résultats concluent une semaine de publications spectaculaires. Meta a fait état mercredi d’une hausse de 55 % de ses dépenses d’investissement et a relevé le bas de sa fourchette de prévisions annuelles à 130 milliards de dollars. Microsoft a de son côté maintenu ses projections de dépenses inchangées, tout en annonçant qu’Azure avait franchi pour la première fois la barre des 100 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel. La semaine précédente, Google avait relevé ses prévisions de dépenses d’investissement jusqu’à 205 milliards de dollars, soit 15 milliards de plus qu’annoncé initialement, tout en affichant un flux de trésorerie disponible négatif pour la première fois depuis son introduction en Bourse en 2004.
Au total, entre avril et juin, les quatre entreprises ont dépensé ensemble 170 milliards de dollars en investissements, une hausse de 72 % sur un an.
Des marchés financiers partagés
Les marchés ont réservé un accueil très contrasté à ces annonces. L’action Microsoft a bondi de plus de 15 % jeudi, portée par des résultats supérieurs aux attentes sans relèvement des dépenses prévues. À l’inverse, l’action Meta a chuté de plus de 7 % après des prévisions de ventes jugées décevantes, tandis que le titre Google reculait de plus de 6 % après la révélation d’un flux de trésorerie négatif.
« L’ampleur du phénomène est stupéfiante », a résumé Melissa Otto, directrice de la recherche de Visible Alpha, la division de Moody’s spécialisée dans l’analyse financière. L’agence Moody’s a par ailleurs mis en garde contre une dépendance croissante aux startups d’intelligence artificielle telles qu’OpenAI et Anthropic pour la signature de contrats informatiques, un mécanisme qui crée, selon elle, un système plus circulaire susceptible de masquer la réalité de la demande.
Une course aux capacités qui se heurte à un progrès plus lent
Malgré ces investissements massifs, les dirigeants des géants technologiques continuent d’affirmer que l’offre en capacité de calcul reste insuffisante face à la demande. « Plus de capacité équivaut à plus de ventes », a résumé Justin Post, analyste chez Bank of America, dans une note de recherche. Mark Zuckerberg a de son côté déclaré mercredi aux investisseurs qu’il serait « tout simplement absurde » de limiter cette capacité de calcul dans le seul but d’en tirer un profit à court terme.
Des doutes internes ont toutefois émergé ces dernières semaines. Lors d’une réunion générale tenue le 2 juillet, Mark Zuckerberg a confié à ses employés que la trajectoire du développement de l’IA agentique n’avait « pas vraiment accéléré » ces quatre derniers mois comme l’espérait le groupe, selon un enregistrement dont l’agence Reuters a eu connaissance.
