Égypte : Le PIB au vert, soutenu par l’investissement et l’exportation

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En 2016/2017, la croissance du PIB réel est estimée à 4,1 % contre 4,3 % en 2015/2016. Elle est principalement tirée par l’investissement, la consommation privée et publique, et les exportations nettes, dont la contribution est pour la première fois positive en deux ans. Elle reflète les efforts de réforme de l’État pour consolider le budget, réaliser une croissance plus inclusive et améliorer l’environnement des affaires. En 2016, l’approbation d’un programme triennal du Fonds monétaire international (FMI) a été un signe fort de ces efforts. La croissance est projetée à 4,8 % pour 2017/2018 et 5,5 % pour 2018/2019, dynamisée par la confiance retrouvée des investisseurs, mais partiellement diluée par l’inflation. Celle-ci devrait grimper à 23,3 % en 2016/2017, contre 10,3 % en 2015/2016, et est projetée à 21,2 % pour 2017/2018 et à 13,7 % pour 2018/2019.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution
Confrontée aux déséquilibres responsables de la forte dette publique, de l’aggravation du déficit du compte courant et du déclin des réserves officielles, l’Égypte a lancé une vaste initiative de réforme économique soutenue par le Fonds monétaire international. Elle consiste à libérer le taux de change, consolider le budget (notamment, en réduisant la charge salariale et les subventions de l’énergie) et améliorer l’environnement des affaires (notamment, l’accès des PME au financement à l’aide de transferts de fonds ciblés aux plus vulnérables). La situation macroéconomique semble s’améliorer. Du côté de la demande, en 2016/2017, la croissance a été de 17 % pour les investissements, 4,4 % pour la consommation publique et 2,4 % pour la consommation privée. L’augmentation de 72 % des exportations a été partiellement neutralisée par une hausse de 47 % des importations. Du côté de l’offre, la croissance est tirée par huit secteurs représentant environ deux tiers du PIB : télécommunications, construction, commerce de gros et de détail, industrie non pétrolière, gaz naturel, immobilier, agriculture et administration publique. Le tourisme a baissé de 6,7 %.

Facteurs positifs
Les réformes soutenues par le FMI et un appui budgétaire triennal de la Banque mondiale (BM) et de la Banque africaine de développement (BAD), portent leurs fruits. La dépréciation de la monnaie a stimulé l’investissement direct étranger, l’économie est jugée plus concurrentielle et la confiance des entreprises s’est améliorée. En 2016/2017, les investissements publics ont relancé la croissance à travers un ensemble de mégaprojets. L’amélioration des conditions des marchés a été un facteur essentiel du retour de la croissance, dont ont surtout bénéficié les exportations minières – en particulier l’or et le pétrole (principalement brut). Le volet « consolidation budgétaire » du programme – comprenant une augmentation des recettes, une réduction des dépenses par la suppression de subventions (notamment des carburants), et la stabilisation de la masse salariale – a amélioré la situation macroéconomique. L’État poursuivra ce programme FMI-BM-BAD afin de consolider son effet positif et d’améliorer ses perspectives.

Facteurs négatifs
L’application d’un taux de change flottant a entraîné une dépréciation de 44 % de la livre égyptienne en 2016, qui a porté l’inflation à 31,9 % en août 2017, contre une moyenne de 23,3 % en 2016/2017. Les taux d’intérêt réels restent négatifs, malgré des augmentations soutenues des taux nominaux. L’inflation devrait redescendre à 21,2 % en 2017/2018 et 13,7 % en 2018/2019, grâce au resserrement de la politique monétaire par la Banque centrale pour soutenir la livre et réduire l’inflation. Un autre effet de la dépréciation monétaire a été la forte augmentation de la dette publique en devises, de 17,3 % du PIB au premier trimestre 2016/2017 à 41,2 % un an plus tard. Un autre aspect affectant la croissance est la sécurité dans le nord-est du pays et les avertissements freinant le tourisme, qui n’a toujours pas retrouvé son niveau d’avant-2011.

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