Guerre Iran-USA : les centres de données AWS au Golfe détruits, sans délai de rétablissement

Date:

Depuis début mars 2025, des attaques de missiles et de drones iraniens ont mis hors service les centres de données cloud d'Amazon Web Services à Bahreïn et Dubaï. Un mémo interne obtenu par Big Technology confirme l'absence de calendrier de rétablissement — une première dans l'histoire des conflits armés ciblant des infrastructures cloud commerciales.

Des semaines de frappes iraniennes successives ont eu raison des infrastructures cloud d’Amazon Web Services dans le Golfe persique. Selon un mémo interne obtenu par Big Technology et publié le 2 avril, les zones de disponibilité des régions de Bahreïn (ME-SOUTH-1) et de Dubaï (ME-CENTRAL-1) sont désormais soit « complètement hors service », soit « gravement affectées ». C’est la première fois qu’un acteur étatique cible délibérément d’importants centres de données cloud commerciaux lors d’un conflit armé.

Un mémo interne révèle l’ampleur des dégâts

Le document interne, dont le contenu a été rapporté par Big Technology, est sans ambiguïté : « Ces deux régions continuent d’être affectées, et les services ne doivent pas s’attendre à fonctionner avec des niveaux normaux de redondance et de résilience. » La direction d’AWS aurait donné pour consigne aux équipes de ne plus prioriser ces deux régions et de concentrer leurs efforts sur la migration des clients affectés vers d’autres parties du monde.

Un porte-parole d’Amazon a confirmé que l’entreprise accompagne ses clients dans cette migration. « Un grand nombre d’entre eux font déjà fonctionner avec succès leurs applications depuis d’autres régions », a-t-il indiqué. Aucun calendrier de retour à la normale n’a été communiqué pour les sites de Bahreïn (BAH) ni de Dubaï (DXB).

Les répercussions économiques sont déjà sensibles. Le secteur bancaire, les systèmes de paiement et les logiciels d’entreprise dans la région en subissent les conséquences directes. L’Abu Dhabi Commercial Bank figure parmi les institutions ayant signalé des pannes directement liées aux défaillances d’AWS.

Une escalade en trois actes depuis mars

Les dommages sont le résultat d’une stratégie d’escalade progressive, orchestrée sur plusieurs semaines. Le 1er mars, des drones iraniens ont frappé deux installations AWS aux Émirats arabes unis et une à Bahreïn, provoquant des dommages structurels, des coupures d’électricité et des inondations causées par l’activation des systèmes de suppression d’incendie, selon Reuters. Les deux régions ont alors été classées « perturbées » ou « affectées ».

Le 23 mars, de nouvelles activités de drones ont conduit à la rétrogradation de la région de Bahreïn au statut « perturbé », selon Al Jazeera. Le 1er avril, l’Iran a de nouveau frappé des installations à Bahreïn, déclenchant un incendie confirmé par les forces de défense civile du ministère bahreïni de l’Intérieur.

Dix-huit entreprises technologiques américaines désignées comme cibles

Amazon n’est pas la seule entreprise dans le viseur de Téhéran. Le 31 mars, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a publié une liste de 18 sociétés technologiques américaines désignées comme « cibles légitimes », parmi lesquelles Microsoft, Apple, Nvidia, Google, Meta et Oracle, selon CNBC. Le CGRI justifie ces désignations en affirmant que ces technologies sont utilisées pour « concevoir et suivre des cibles terroristes » en Iran.

Le 2 avril, le CGRI a prétendu avoir frappé un centre de données Oracle à Dubaï. Les autorités émiraties ont démenti cette affirmation.

Un précédent historique aux conséquences mondiales

Ces événements marquent un tournant dans la nature des conflits armés contemporains. C’est la première fois qu’un acteur étatique vise délibérément des centres de données cloud commerciaux de grande envergure dans le cadre d’un conflit armé, selon Fortune.

« Si les centres de données deviennent des plaques tournantes essentielles pour la transmission d’informations militaires, nous pouvons nous attendre à ce qu’ils soient de plus en plus ciblés par des attaques tant cybernétiques que physiques. » — Zachary Kallenborn, chercheur au King’s College de Londres

La vulnérabilité physique des infrastructures cloud — longtemps perçues comme immatérielles — est désormais une réalité stratégique que les opérateurs, les gouvernements et les entreprises clientes ne pourront plus ignorer.

Partager l'article:

Articles Recents

S'abonner

VIDÉOS SPONSORISÉES
VIDÉOS SPONSORISÉES

00:00:30

OPPO Reno12 : L’Alliance Parfaite entre Design, Intelligence Artificielle et Performance

Les séries Reno12 d'OPPO marquent une avancée significative dans le domaine de la photographie mobile grâce à l'intégration poussée de l'intelligence artificielle.
00:02:15

Abdelaziz Makhloufi, PDG de Cho Group, met en lumière l’excellence de l’huile d’olive tunisienne sur BFM Business

Fort de son expertise reconnue dans le secteur oléicole, Abdelaziz Makhloufi, Président-directeur général du groupe Cho, a saisi l'opportunité de l'émission BFM Business pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'échelle internationale.
00:00:32

Lancement du nouveau Huawei Nova Y61

Huawei Consumer Business Group annonce le lancement du HUAWEI nova Y61, le plus récent smartphone de la série HUAWEI nova Y.

CONTENUS SPONSORISÉS
CONTENUS SPONSORISÉS

Samsung crée une division robotique rattachée directement au PDG

Samsung centralise ses activités robotiques au sein d'une nouvelle division, RX, rattachée directement au PDG. L'action a bondi de plus de 6 % à l'annonce.

Arabie saoudite : IEG Arabia organisera deux salons dédiés à la santé et à la sécurité des pompiers en marge des Jeux mondiaux 2026

: IEG Arabia organisera le Fire & Safety Expo et le Health & Wellness Expo à Al Khobar du 6 au 8 novembre 2026, en marge des Jeux mondiaux des sapeurs-pompiers, confirmant l'expansion du groupe italien dans le Golfe.

BNA : le produit net bancaire progresse de 4,1% au premier semestre 2026, les dépôts bondissent de 18,8%

Les dépôts de la clientèle de la BNA progressent de 18,8% à fin juin 2026, à 15.351 MD, quand l'encours des créances croît de 4,8%. Le PNB s'établit à 559 MD, en hausse de 4,1%.

Tunisie : le déficit commercial énergétique grimpe de 32% à fin mai 2026

: Le déficit énergétique tunisien bondit de 32% à fin mai 2026, à 5,7 milliards de dinars, sous l'effet de la hausse du Brent liée aux tensions irano-américaines, malgré une redevance gazière algérienne en repli.

A lire également
A lire également

Arabie saoudite : IEG Arabia organisera deux salons dédiés à la santé et à la sécurité des pompiers en marge des Jeux mondiaux 2026

: IEG Arabia organisera le Fire & Safety Expo et le Health & Wellness Expo à Al Khobar du 6 au 8 novembre 2026, en marge des Jeux mondiaux des sapeurs-pompiers, confirmant l'expansion du groupe italien dans le Golfe.

Pétrole : les Émirats arabes unis affichent des exportations record après leur sortie de l’OPEP

Les EAU ont exporté environ 3,7 millions de barils par jour en juin, un record historique, deux mois seulement après leur retrait officiel de l’OPEP, selon des données de suivi maritime citées par Reuters.

Émirats arabes unis : vers une indépendance totale au détroit d’Ormuz, malgré l’accord de paix américano-iranien

Les Émirats arabes unis maintiennent leur plan d'infrastructures portuaires et pétrolières visant une dépendance zéro au détroit d'Ormuz, malgré un accord de paix USA-Iran qui doit rouvrir la voie maritime stratégique le 19 juin en Suisse.

Koweït : zéro exportation de pétrole brut en avril 2026, une première depuis la fin de la guerre du Golfe

Conséquence directe du double blocus américano-iranien sur le détroit d'Ormuz, le Koweït n'a exporté aucun baril de brut en avril 2026. Avec 2 000 navires bloqués dans le Golfe et des capacités de stockage saturées, ce producteur majeur encaisse une paralysie énergétique historique.

Détroit d’Ormuz : l’Arabie saoudite engrange une manne pétrolière historique pendant que ses voisins s’effondrent

L'Arabie saoudite s'impose comme la grande gagnante du blocus du détroit d'Ormuz grâce à son pipeline Est-Ouest, pendant que Goldman Sachs projette un bénéfice record de 29 milliards de dollars pour Saudi Aramco au T1 2026.

Crise énergétique : Le Qatar invoque la « force majeure », l’Europe face au spectre des pénuries

Le blocage du détroit d'Ormuz et l'état de force majeure décrété par QatarEnergy sur 17 % de sa capacité créent un choc d'offre massif. Avec des stocks à 28,5 %, l'UE craint des pénuries dès avril 2026.

Le Groupe Saudia célèbre la remise de diplômes de plus de mille diplômés, renforçant ses efforts de saoudisation du secteur de l’aviation

À Djeddah, le Groupe Saudia a honoré plus d’un millier de diplômés de ses programmes de formation en aviation. Cette promotion record illustre l’engagement du groupe en faveur de la saoudisation, du transfert de compétences et de la Vision 2030.

Saudi Aramco engrange 6 milliards de dollars grâce à l’IA en deux ans et accélère sa transformation technologique mondiale

Saudi Aramco annonce avoir généré 6 milliards de dollars grâce à l’IA entre 2023 et 2024. Le géant pétrolier prévoit jusqu’à 5 milliards $ supplémentaires en 2025 et vise des opérations énergétiques autonomes à l’échelle mondiale.