Pétrole : les Émirats arabes unis affichent des exportations record après leur sortie de l’OPEP

Date:

Libérés des quotas de l’OPEP depuis le 1er mai, les Émirats arabes unis ont porté leurs exportations de brut à un niveau inédit en juin. Ce rebond, alimenté par de nouvelles infrastructures d’évacuation, confirme l’ambition d’Abou Dhabi de peser durablement sur l’offre mondiale de pétrole.

Deux mois à peine après avoir officiellement quitté l’OPEP, les Émirats arabes unis confirment leur ambition de s’imposer comme un acteur pétrolier de premier plan. Selon des données de suivi des flux maritimes, le pays a exporté en moyenne environ 3,7 millions de barils de brut et de condensats par jour au cours du mois de juin, un niveau jamais atteint jusqu’ici.

Un rebond spectaculaire après la crise du détroit d’Ormuz

La progression est d’autant plus notable qu’elle intervient après une chute brutale de l’activité exportatrice émirienne. Entre le 1er et le 29 juin, les chargements de brut au départ d’Abou Dhabi ont atteint 4 millions de barils par jour, dépassant le rythme de production d’avant-crise, estimé à environ 3,4 millions de barils par jour en janvier, avant que le conflit américano-israélien avec l’Iran n’éclate fin février.

Ce conflit avait provoqué une fermeture de fait du détroit d’Ormuz par l’Iran, coupant la principale voie de sortie du brut du Golfe. Les exportations émiriennes s’étaient alors effondrées à seulement 1,9 million de barils par jour en mars. Le redressement observé depuis illustre la rapidité avec laquelle Abou Dhabi a su réorienter ses flux.

À l’échelle régionale, les chargements pétroliers du Golfe hors Iran ont bondi de 65 % sur un mois pour atteindre 7 millions de barils par jour en juin. Ce volume demeure toutefois très inférieur aux quelque 16,6 millions de barils par jour qui transitaient par la zone avant le déclenchement du conflit. La reprise a été rendue possible par des itinéraires d’exportation alternatifs, au premier rang desquels le pipeline reliant Abou Dhabi au port de Fujairah, sur le golfe d’Oman, d’une capacité de 1,5 million de barils par jour et qui a l’avantage de contourner totalement le détroit d’Ormuz.

Une stratégie d’expansion affranchie des quotas de l’OPEP

En sortant de l’OPEP le 1er mai, les Émirats arabes unis se sont défaits des quotas de production qui limitaient depuis longtemps les capacités d’Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC), laquelle avait pourtant investi massivement pour étendre ses infrastructures. Ce nouveau cadre lui permet désormais de produire et d’exporter sans contrainte externe.

Le mois dernier, le prince héritier d’Abou Dhabi, le cheikh Khaled ben Mohamed ben Zayed Al Nahyane, a demandé à l’ADNOC d’accélérer la construction d’un second oléoduc à destination de Fujairah. L’objectif est de doubler, d’ici 2027, la capacité d’exportation qui échappe au détroit d’Ormuz. Dans ce sillage, l’Agence internationale de l’énergie estimait à la mi-juin que la production émirienne pourrait atteindre 5,2 millions de barils par jour en 2027, soit une hausse de 730 000 barils par jour par rapport à l’année précédente.

Une pression accrue sur les prix mondiaux du brut

La montée en puissance des exportations du Golfe commence à peser sur les cours mondiaux. On observe un élargissement des décotes sur les marchés physiques du brut, à mesure que l’offre moyen-orientale se renforce. Cette dynamique a été amplifiée par l’annonce, à la mi-juin, d’un accord de paix provisoire entre les États-Unis et l’Iran : le jour de sa publication, le Brent a perdu plus de 4 dollars le baril en clôture.

Pour plusieurs analystes, l’indépendance retrouvée des Émirats arabes unis vis-à-vis de l’OPEP pourrait introduire une volatilité structurelle sur les marchés pétroliers. Charles-Henry Monchau, de la banque Syz, a ainsi averti qu’il fallait s’attendre à des chocs liés aux matières premières de plus en plus fréquents, jugeant ce changement modérément baissier pour l’équilibre du prix du pétrole à moyen terme.

Partager l'article:

Articles Recents

S'abonner

VIDÉOS SPONSORISÉES
VIDÉOS SPONSORISÉES

00:00:30

OPPO Reno12 : L’Alliance Parfaite entre Design, Intelligence Artificielle et Performance

Les séries Reno12 d'OPPO marquent une avancée significative dans le domaine de la photographie mobile grâce à l'intégration poussée de l'intelligence artificielle.
00:02:15

Abdelaziz Makhloufi, PDG de Cho Group, met en lumière l’excellence de l’huile d’olive tunisienne sur BFM Business

Fort de son expertise reconnue dans le secteur oléicole, Abdelaziz Makhloufi, Président-directeur général du groupe Cho, a saisi l'opportunité de l'émission BFM Business pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'échelle internationale.
00:00:32

Lancement du nouveau Huawei Nova Y61

Huawei Consumer Business Group annonce le lancement du HUAWEI nova Y61, le plus récent smartphone de la série HUAWEI nova Y.

CONTENUS SPONSORISÉS
CONTENUS SPONSORISÉS

L’euro proche de ses plus bas niveaux depuis mars, la Fed de Kevin Warsh creuse l’écart avec la BCE

Entre une Fed droite dans ses bottes et une BCE à la traîne, l'euro glisse vers ses plus bas niveaux de l'année. Trois rendez-vous macroéconomiques pourraient rebattre les cartes d'ici fin juillet.

Russie : le déficit budgétaire explose à 75 milliards de dollars au premier semestre 2026

Malgré des exportations pétrolières au plus haut depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, la chute du prix du brut Oural prive Moscou de recettes essentielles, creusant un déficit déjà supérieur de 51 % à l'objectif annuel fixé par le gouvernement.

Startup World Cup 2026 : trois startups tunisiennes en route vers la Silicon Valley

Trois startups tunisiennes décrochent leur billet pour la Silicon Valley à l'issue de la finale nationale de la Startup World Cup, organisée dans le cadre du Tunisia Digital Summit, avec le soutien de TPM, Rose Blanche Group et Orange Tunisie.

Smartphones pliables : sept ans après le pari Samsung, un marché de plusieurs milliards de dollars

Retour sur sept ans d'innovations qui ont transformé un concept de niche en marché mature, entre avancées techniques, durabilité renforcée et perspectives pour l'été 2026.

A lire également
A lire également

L’euro proche de ses plus bas niveaux depuis mars, la Fed de Kevin Warsh creuse l’écart avec la BCE

Entre une Fed droite dans ses bottes et une BCE à la traîne, l'euro glisse vers ses plus bas niveaux de l'année. Trois rendez-vous macroéconomiques pourraient rebattre les cartes d'ici fin juillet.

BRICS : l’économiste Jim O’Neill juge désormais crédible une alternative au dollar

« Il y a 18 mois, j'aurais parlé de fantaisie » : Jim O'Neill revoit son jugement sur la capacité des BRICS à bâtir des alternatives crédibles au dollar, portées par l'essor des paiements domestiques.

Intelligence artificielle : un prix Nobel doute d’un nouveau boom de productivité

Selon le prix Nobel Christopher Pissarides, jusqu'à 40 % des emplois aux États-Unis et au Royaume-Uni resteront hors de portée de l'IA. Une analyse qui relativise les attentes de croissance liées à cette technologie.

Accord USA-Iran : 12 milliards de dollars dégelés

Les négociations suisses entre les États-Unis et l'Iran débouchent sur une feuille de route pour le dégel de 12 milliards de dollars d'avoirs iraniens. Un accord sous conditions, contesté dès son annonce par Téhéran.

Le Brésil prépare sa première émission d’obligations panda en yuan sur le marché chinois

Le ministre des Finances Dario Durigan est à Shanghai du 24 au 26 juin pour finaliser la première émission panda souveraine du Brésil, dans un marché qui a progressé de plus de 80 % en un an.

La Chine réduit ses bons du Trésor américains à leur plus bas niveau depuis 2008

Pékin ramène ses avoirs en dette américaine à 651,1 Mds $ en avril 2025, au plus bas depuis 17 ans, pendant que le Japon et le Royaume-Uni renforcent leurs positions.

Après l’accord d’Ormuz, l’inflation reste la vraie guerre économique

Capital Economics table sur une inflation de 4 % « inévitable ». La Banque mondiale révise sa croissance mondiale à 2,5 %, au plus bas depuis la pandémie.

Pétrole sous 80 $ et accord États-Unis–Iran : les devises asiatiques profitent de la détente

Le Brent à 79 $/baril, la roupie indienne à un sommet de six semaines, le peso philippin en hausse de 1,4 % : l'accord États-Unis–Iran redistribue les cartes sur les marchés des changes en Asie.