L’euro proche de ses plus bas niveaux depuis mars, la Fed de Kevin Warsh creuse l’écart avec la BCE

Date:

L'euro évolue autour de 1,14 dollar, son plus bas niveau depuis la mi-mars, pénalisé par le grand écart de politique monétaire entre la Réserve fédérale et la Banque centrale européenne. Washington maintient un ton résolument restrictif sous la présidence de Kevin Warsh, tandis que Francfort peine à suivre le rythme.

La monnaie unique européenne peine à se redresser face au dollar. L’EUR/USD évoluait autour de 1,1414 dollar le 10 juillet, contre environ 1,1540 un mois plus tôt, un niveau qui n’avait plus été observé depuis la mi-mars. La paire a entamé son repli après avoir frôlé 1,20 dollar fin janvier, sous l’effet conjugué d’une inflation américaine persistante et d’une Réserve fédérale peu pressée de desserrer sa politique monétaire.

Deux banques centrales hawkish, un écart de taux qui persiste

Fed et BCE affichent toutes deux une posture restrictive, mais les investisseurs jugent la première nettement mieux armée. La Réserve fédérale maintient son taux directeur dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 % depuis décembre 2025. Le compte rendu de sa réunion de juin a révélé que plusieurs responsables auraient été disposés à soutenir un relèvement immédiat des taux.

À sa tête depuis le 22 mai, Kevin Warsh a réaffirmé l’attachement du comité à la stabilité des prix, alors que l’inflation globale américaine ressort à 4,2 % sur un an. Certains observateurs le décrivent comme l’un des présidents les plus orthodoxes de l’institution depuis Paul Volcker.

La BCE, de son côté, a relevé son taux de dépôt de 25 points de base à 2,25 % en juin, une première hausse dans le cycle actuel, justifiée par les tensions inflationnistes liées à l’énergie dans le sillage du conflit avec l’Iran. Mais avec un taux encore inférieur de plus de 125 points de base à celui de la Fed, le dollar conserve un avantage de portage qui continue d’attirer les capitaux.

Les positions spéculatives basculent contre l’euro

Le changement de sentiment se lit aussi dans le positionnement des investisseurs. Les rapports hebdomadaires de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) montrent un débouclage rapide des positions longues spéculatives sur l’euro tout au long de 2026, après un positionnement encore nettement acheteur en début d’année.

Plusieurs grandes banques ont révisé leurs prévisions à la baisse. ING, qui visait initialement un EUR/USD à 1,22 en fin d’année, table désormais sur un maintien de la pression liée aux différentiels de taux, avec un risque de repli jusqu’à 1,10 avant un éventuel rebond. J.P. Morgan a de son côté abaissé sa cible à une fourchette de 1,13 à 1,15 pour les trois prochains trimestres, contre 1,20 auparavant.

Trois rendez-vous à surveiller d’ici fin juillet

Trois échéances pourraient faire sortir la paire de son étroite fourchette de négociation. Le prochain indice des prix à la consommation américain, attendu le 14 juillet, permettra de vérifier si l’inflation se modère par rapport au niveau de 4,2 % enregistré en mai.

Le Conseil des gouverneurs de la BCE se réunira ensuite le 23 juillet ; les marchés lui attribuent une probabilité de 97 % de statu quo sur les taux. Enfin, la Fed tiendra sa réunion des 28 et 29 juillet, pour laquelle les contrats à terme intègrent environ une chance sur trois d’un relèvement des taux.

Pour l’euro, sortir de sa morosité actuelle supposerait un catalyseur capable de réduire l’écart de taux entre les deux rives de l’Atlantique. À ce stade, aucun signal de ce type ne se dessine à court terme.

Partager l'article:

Articles Recents

S'abonner

VIDÉOS SPONSORISÉES
VIDÉOS SPONSORISÉES

00:00:30

OPPO Reno12 : L’Alliance Parfaite entre Design, Intelligence Artificielle et Performance

Les séries Reno12 d'OPPO marquent une avancée significative dans le domaine de la photographie mobile grâce à l'intégration poussée de l'intelligence artificielle.
00:02:15

Abdelaziz Makhloufi, PDG de Cho Group, met en lumière l’excellence de l’huile d’olive tunisienne sur BFM Business

Fort de son expertise reconnue dans le secteur oléicole, Abdelaziz Makhloufi, Président-directeur général du groupe Cho, a saisi l'opportunité de l'émission BFM Business pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'échelle internationale.
00:00:32

Lancement du nouveau Huawei Nova Y61

Huawei Consumer Business Group annonce le lancement du HUAWEI nova Y61, le plus récent smartphone de la série HUAWEI nova Y.

CONTENUS SPONSORISÉS
CONTENUS SPONSORISÉS

Dette américaine : Washington franchit le cap des 40 000 milliards de dollars, et interroge le reste du monde

Japon, Royaume-Uni, Chine : la dette américaine irrigue les réserves de change du monde entier. Mais à mesure qu'elle s'alourdit plus vite que l'économie mondiale, la question de sa soutenabilité s'invite dans tous les grands centres financiers.

IPO en Tunisie : 41 introductions en Bourse depuis 2008, la relance espérée en 2026

41 IPO et 1 451 MD levés en 18 ans à la Bourse de Tunis : un bilan contrasté mais un solde net positif. Liquidité abondante, Tunindex en hausse de 44,92 % et taux en baisse : les indicateurs de 2026 plaident pour une relance des introductions en bourse

Chômage en Tunisie : le taux recule à 14,9 % au T2 2026, selon l’INS

Selon l'INS, le taux de chômage en Tunisie s'établit à 14,9 % au deuxième trimestre 2026, contre 15 % au trimestre précédent. Le chômage féminin et celui des diplômés du supérieur progressent, révélant des fragilités persistantes du marché du travail.

Croissance économique en Tunisie : le PIB progresse de 2,3% au deuxième trimestre 2026

La croissance du PIB tunisien atteint 2,3% au T2 2026, portée par l'agriculture (+5,5%) et les services (+1,9%). Le bâtiment rebondit fortement (+16,8% en trimestriel) tandis que l'énergie recule de 1,7%.

A lire également
A lire également

Dette américaine : Washington franchit le cap des 40 000 milliards de dollars, et interroge le reste du monde

Japon, Royaume-Uni, Chine : la dette américaine irrigue les réserves de change du monde entier. Mais à mesure qu'elle s'alourdit plus vite que l'économie mondiale, la question de sa soutenabilité s'invite dans tous les grands centres financiers.

Pétrole : la Chine absorbe le choc de la guerre en Iran

Alors que le détroit d’Ormuz perturbe les flux pétroliers du Moyen-Orient, la Chine absorbe une grande partie du recul de la demande asiatique. Réserves stratégiques, véhicules électriques et diversification des approvisionnements donnent à Pékin une marge de manœuvre inhabituelle.

L’OPEC+ relève sa production pour la sixième fois consécutive malgré la montée des risques d’approvisionnement

Le PDG de Chevron, Mike Wirth, alerte sur l'élargissement des risques d'approvisionnement pétrolier au-delà du détroit d'Ormuz, vers la mer Rouge et la mer Noire, sur fond de tensions persistantes.

Découpler l’Occident de la Chine coûterait 23 600 milliards de dollars, selon EY-Parthenon

EY-Parthenon estime à 23 600 milliards $ le coût pour l'Occident de reproduire hors de Chine ses chaînes d'approvisionnement sur 25 ans, dont 13 700 milliards $ pour les États-Unis, soit environ 550 milliards $ par an.

BRICS : l’économiste Jim O’Neill juge désormais crédible une alternative au dollar

« Il y a 18 mois, j'aurais parlé de fantaisie » : Jim O'Neill revoit son jugement sur la capacité des BRICS à bâtir des alternatives crédibles au dollar, portées par l'essor des paiements domestiques.

Intelligence artificielle : un prix Nobel doute d’un nouveau boom de productivité

Selon le prix Nobel Christopher Pissarides, jusqu'à 40 % des emplois aux États-Unis et au Royaume-Uni resteront hors de portée de l'IA. Une analyse qui relativise les attentes de croissance liées à cette technologie.

Pétrole : les Émirats arabes unis affichent des exportations record après leur sortie de l’OPEP

Les EAU ont exporté environ 3,7 millions de barils par jour en juin, un record historique, deux mois seulement après leur retrait officiel de l’OPEP, selon des données de suivi maritime citées par Reuters.

Accord USA-Iran : 12 milliards de dollars dégelés

Les négociations suisses entre les États-Unis et l'Iran débouchent sur une feuille de route pour le dégel de 12 milliards de dollars d'avoirs iraniens. Un accord sous conditions, contesté dès son annonce par Téhéran.