Le Brent cède 5 % sous la barre symbolique des 80 dollars
Les marchés pétroliers ont subi un choc brutal mercredi. Le Brent, référence internationale du brut, s’est négocié aux alentours de 79 dollars le baril, après avoir clôturé à 78,96 dollars mardi — soit un repli de 5 % marquant la première clôture sous les 80 dollars depuis le mois de mars. Déclencheur : la révélation par le Wall Street Journal d’un mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran autorisant Téhéran à reprendre ses exportations de pétrole brut dès la finalisation de l’accord.
L’annonce, confirmée dimanche par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif puis par le président Donald Trump lui-même, a immédiatement reconfiguré les anticipations des opérateurs sur l’offre mondiale. Une cérémonie de signature est prévue vendredi à Genève.
Roupie, peso : les grandes gagnantes de la détente énergétique
Pour les économies asiatiques fortement dépendantes des importations de brut, cette chute des cours est une bouffée d’oxygène. La roupie indienne a atteint un sommet de six semaines, bien que les cambistes anticipent une résistance technique autour de 94,50 pour un dollar avant la réunion de la Fed. Le peso philippin a affiché l’une des meilleures performances de la région, s’appréciant d’environ 1,4 % par rapport à son niveau de 61,35 pour un dollar la semaine précédente, pour clôturer à 60,26 lundi.
Cette dynamique s’explique aisément : les Philippines importent 95 % de leurs besoins en pétrole brut. Tout allégement de la facture énergétique se traduit quasi mécaniquement par un soulagement sur la balance des paiements et un regain de confiance dans la monnaie nationale. L’optimisme lié à la réouverture du détroit d’Ormuz a joué un rôle déterminant dans ce rebond.
Les contours de l’accord États-Unis–Iran
Selon le New York Times, le mémorandum ne suspend les droits de passage iraniens dans le détroit d’Ormuz que pour une durée de 60 jours, ouvrant dans l’intervalle un dialogue régional sur l’avenir de cette voie maritime stratégique. Le texte prévoit également la levée du blocus naval américain instauré depuis le 28 février, date du début du conflit.
Un haut responsable américain a précisé à CNBC que l’Iran ne pourra bénéficier des clauses de l’accord qu’à condition de respecter ses engagements : neutralisation du stock d’uranium enrichi et renonciation à toute perturbation du trafic dans le détroit. L’accord est donc conditionnel et réversible, ce qui tempère l’optimisme de certains opérateurs.
La Fed en toile de fond : le marché en mode attente
Les gains enregistrés sur les devises asiatiques ont néanmoins été freinés par la prudence des investisseurs. Le Federal Open Market Committee (FOMC) concluait mercredi sa réunion de deux jours — la première sous la présidence du nouveau gouverneur Kevin Warsh. La décision sur les taux, attendue à 14h00 heure de la côte Est, est anticipée par les marchés comme un statu quo entre 3,50 % et 3,75 %.
Le yen japonais, de son côté, s’est maintenu aux alentours de 160,27 pour un dollar, un seuil qui a historiquement provoqué l’intervention des autorités monétaires de Tokyo. La faiblesse générale des devises asiatiques en amont de l’annonce de la Fed a limité les marges de progression, rappelant que la politique monétaire américaine reste le principal vecteur d’incertitude pour les marchés émergents.
