La signature du mémorandum d’accord entre Washington et Téhéran, mercredi à Versailles, a mis un terme officiel aux hostilités et ouvert la voie à la réouverture du détroit d’Ormuz. Mais pour les économistes et les banquiers centraux, le soulagement risque d’être de courte durée : les dommages inflationnistes accumulés au fil de mois de perturbations sur les marchés énergétiques pourraient peser bien au-delà de 2027.
Un accord signé, mais des prix déjà figés
L’accord en 14 points prévoit le rétablissement du trafic maritime commercial dans le détroit dans un délai de 30 jours, et ouvre une fenêtre de négociation de 60 jours pour un accord nucléaire global. Les prix du pétrole ont temporairement reculé à l’annonce, et Bloomberg a estimé que le pire de l’inflation américaine liée au conflit était « probablement passé ». Pourtant, les économistes tempèrent cet optimisme.
Capital Economics avertit dans une note publiée cette semaine qu’« une inflation d’environ 4,0 % est inévitable, que l’accord tienne ou non ». Simon MacAdam, économiste senior du cabinet, souligne que la transmission de la hausse des coûts de l’énergie et des engrais aux prix à la consommation prend généralement plusieurs mois, indépendamment de toute normalisation du trafic maritime.
La Banque mondiale abaisse ses prévisions de croissance
La Banque mondiale a révisé à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2026, les ramenant à 2,5 % — leur niveau le plus bas depuis la pandémie. Elle anticipe une inflation mondiale à 4 %, avec un baril de Brent atteignant en moyenne 94 dollars en 2026, soit une hausse de 36 % par rapport à 2025. Les prix des engrais sont attendus en progression de 31 %, dont une flambée de 60 % pour l’urée.
La Banque d’Angleterre choisit l’attentisme
Jeudi, la Banque d’Angleterre a maintenu son taux directeur à 3,75 % pour la quatrième réunion consécutive, avec un vote de 7 contre 2. Les membres Megan Greene et Huw Pill ont plaidé pour un relèvement d’un quart de point, quand la majorité préfère attendre. George Brown, économiste senior chez Schroders, décrit une banque centrale qui « privilégie l’attentisme plutôt que des mesures énergiques », ajoutant que « le seuil justifiant une hausse des taux demeure élevé ».
