Dans la plupart des pays de la zone euro, la consommation de biens durables rapportée au revenu reste inférieure au pic conjoncturel antérieur

■ La confiance des ménages a tendance à être supérieure à son pic passé
■ Il existerait donc une demande insatisfaite de consommation, et les ménages resteraient sceptiques quant au caractère durable de la robustesse de la croissance actuelle

Dans l’éditorial de la semaine dernière, nous analysions la solidité de l’argument en faveur d’une demande insatisfaite des investissements des entreprises. Qu’en est-il des dépenses de onsommation ? Mario Draghi déclarait le 14 mars dernier : « On observe des signes de demande insatisfaite de consommation comme d’investissement » précisant que la consommation essentielle (produits alimentaires et logement) était supérieure de 9 % au niveau d’avant-crise tandis que la consommation non essentielle (électroménager, vacances, etc.) ne dépassait ce niveau que de 2 %.

Les dépenses des ménages dépendent, entre autres facteurs, du revenu. Il faut donc en tenir compte pour déterminer s’il existe ou non une demande insatisfaite de consommation, en particulier, en termes de dépenses non essentielles. Le graphique analyse la consommation de biens durables en pourcentage du revenu disponible brut. Les lignes verticales indiquent le pic d’avant-crise et le creux cyclique suivant alors que les marqueurs horizontaux montrent ce ratio au T3 2017 (données les plus récentes). Alors que les chiffres pour l’Autriche ont été remarquablement stables, on observe dans beaucoup d’autres cas une forte contraction entre le pic et le creux. Dans la grande majorité des pays, la consommation durable actuelle rapportée au revenu reste bien inférieure au point haut antérieur. Les dépenses de biens durables dépendent également de la confiance des ménages. Les points représentent précisément l’écart de confiance entre le T4 2017 et le T4 2007.

A l’exception de la Slovaquie, de la Lituanie et, en particulier, de la Grèce, la confiance est plus forte aujourd’hui qu’en 2007. Quoi qu’il en soit, les dépenses de biens durables rapportées au revenu restent un peu en deçà du pic antérieur. Cela semble indiquer qu’il reste une demande insatisfaite de consommation dans la zone euro, dans son ensemble, voire très insatisfaite dans un certain nombre de pays. Un constat de bon augure pour les perspectives de croissance. Mais il existe aussi une autre interprétation moins positive : les ménages ne sont toujours pas convaincus de la persistance de la robustesse économique actuelle.

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