Gilles Pecassou : “La recherche scientifique, moteur du développement urbain durable”

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Pour Gilles Pecassou, Directeur général délégué de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), la recherche scientifique joue un rôle essentiel dans la transformation durable des villes. En Tunisie, elle soutient la formation, la coopération scientifique et la création d’outils concrets pour relever les défis urbains et climatiques.

La recherche scientifique, moteur du développement urbain durable

« La recherche scientifique peut aider les villes à se développer à plusieurs niveaux », affirme Gilles Pecassou, Directeur général délégué de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), dans une interview accordée à l’agence TAP.

Selon lui, la science éclaire la manière dont les biens communs urbains — sols, eau, air, biodiversité, santé — sont partagés et gérés. Ces éléments interagissent dans un système complexe mêlant dynamiques physiques, chimiques, biologiques, économiques et sociales, directement reliées à la vie quotidienne des habitants.

Pecassou rappelle que « pour faire de la science, il faut de l’argent, des gens et de la matière grise », insistant sur la nécessité d’investir dans la formation et la coopération internationale.

La formation scientifique au cœur de la coopération tuniso-française

L’un des leviers les plus efficaces pour renforcer cette coopération, souligne-t-il, est la formation des jeunes chercheurs.

« Tout bon projet scientifique comporte un volet formation », explique-t-il. En Tunisie, l’IRD soutient activement les doctorants à travers des programmes de cotutelle et des séjours scientifiques en France.

Ces initiatives visent à accompagner les doctorants jusqu’à l’obtention de leur diplôme tout en favorisant la mobilité scientifique : les chercheurs français viennent travailler en Tunisie, et leurs homologues tunisiens participent à des programmes de recherche dans les laboratoires français.

Le programme d’habitabilité à Gabès : un modèle de collaboration durable

Parmi les projets phares de l’IRD figure le programme d’habitabilité à Gabès, lancé en partenariat avec des institutions tunisiennes.

Ce programme, véritable école de l’Objectif de développement durable (ODD) n°11, réunit chercheurs, décideurs locaux et acteurs de la société civile autour des villes côtières. Ensemble, ils réfléchissent aux solutions à apporter aux défis environnementaux, économiques et sociaux spécifiques à ces territoires.

L’objectif est clair : développer des outils analytiques et pratiques pour aider les autorités à bâtir un observatoire de l’Urbain. Cet observatoire fournirait des données et analyses sur les villes durables, facilitant la prise de décision publique.

L’IRD en chiffres : un réseau scientifique dynamique

L’Institut de recherche pour le développement (IRD) encadre actuellement seize doctorants tunisiens, tout en finançant seize bourses de thèse en cotutelle.

Ces bourses permettent à leurs bénéficiaires d’effectuer des séjours de recherche dans des universités françaises, consolidant ainsi le lien scientifique entre les deux pays.

Chaque année, plusieurs dizaines de missions sont organisées pour permettre à des chercheurs français de travailler de deux à trois mois au sein d’institutions tunisiennes.

L’IRD soutient également les chercheurs français expatriés ou en mission longue en Tunisie, favorisant une collaboration continue.

« Nous comptons de nombreux chercheurs qui profitent de la proximité géographique pour effectuer régulièrement des allers-retours entre la Tunisie et la France », ajoute Pecassou.
Ce lien humain fort, tissé au fil des échanges scientifiques, est l’un des piliers de la réussite du partenariat tuniso-français.

Défendre la science face aux nouveaux défis mondiaux

Pour Gilles Pecassou, la place de la science dans la société n’est plus acquise.
« On observe de plus en plus de voix climatosceptiques, voire ouvertement hostiles à la science », regrette-t-il.

Il rappelle que les Objectifs de développement durable (ODD) ne peuvent être atteints qu’à partir de données scientifiques solides et vérifiables.

Mais au-delà de la production de connaissances, l’enjeu est de promouvoir une science des solutions, tournée vers l’action.

« Ce que l’IRD promeut, c’est une science capable de déboucher sur des outils concrets pour répondre aux défis de nos sociétés. Cela passe par un dialogue permanent avec les autorités publiques, locales ou nationales », conclut-il.

Ainsi, la recherche appliquée devient un moteur de transformation sociale, économique et environnementale, au service des villes durables de demain.

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