Jendouba : le projet ReGnR lance un mécanisme d’appui pour une gestion durable des eaux et des sols

Date:

À Tabarka, le 15 mai 2026, le projet ReGnR a dévoilé un mécanisme d'appui inédit pour mobiliser les intermédiaires locaux dans la gestion durable des ressources naturelles du gouvernorat de Jendouba, face aux défis du changement climatique.

À Tabarka, un tournant pour la gouvernance agricole du Nord-Ouest tunisien

Le gouvernorat de Jendouba accueille une initiative qui pourrait transformer en profondeur la manière dont ses terres agricoles font face aux dérèglements climatiques. Le projet ReGnR — « Renforcement de la Résilience climatique à travers la Gouvernance des Ressources naturelles » — vient de lancer un mécanisme d’appui destiné à renforcer le rôle des acteurs de proximité dans la gestion durable des eaux et des sols.

C’est lors d’un atelier régional tenu à Tabarka le 15 mai 2026 que ce dispositif a été présenté devant un parterre d’acteurs publics, d’organisations professionnelles agricoles, d’ONG, d’entreprises privées et de partenaires techniques. L’enjeu central : mobiliser les intermédiaires locaux pour diffuser des pratiques agricoles résilientes, notamment autour de la valorisation de l’eau verte — cette eau de pluie naturellement stockée dans les sols qui conditionne la viabilité d’une agriculture pluviale durable.

Les intermédiaires locaux, cheville ouvrière d’une nouvelle gouvernance

Le mécanisme d’appui repose sur une conviction : les acteurs de terrain — groupements de développement agricole (GDA), sociétés mutuelles de services agricoles (SMSA), ONG et PME locales — sont les mieux placés pour accompagner les agriculteurs dans l’adoption de nouvelles pratiques. Leur rôle d’interface entre les producteurs et les institutions régionales est au cœur du dispositif.

Ces structures travailleront en lien étroit avec le Commissariat Régional au Développement Agricole (CRDA) de Jendouba, l’Office de Développement Sylvo-Pastoral du Nord-Ouest (ODESYPANO) et l’Institut National des Grandes Cultures (INGC). Leur mission : assurer l’accompagnement technique sur le terrain, faciliter la diffusion des bonnes pratiques et ancrer la durabilité des actions engagées dans les dynamiques territoriales.

Quatre axes complémentaires pour des sols plus fertiles et des cultures plus résistantes

Le mécanisme d’appui s’articule autour de quatre piliers thématiques, pensés comme des leviers complémentaires d’intervention :

  • L’agroforesterie, pour soutenir la mise en place de pratiques combinant arbres et cultures et réaliser des ouvrages de conservation des eaux à l’échelle du paysage.
  • L’agriculture de conservation, pour encourager des méthodes limitant le travail du sol et améliorant la rétention hydrique dans les grandes cultures.
  • Le compostage, pour enrichir les sols par l’amendement organique et améliorer leur fertilité naturelle.
  • L’aménagement durable des sols, pour intégrer des mesures de gestion raisonnée au sein même de certaines institutions sociales du gouvernorat.

Cinq délégations ciblées, un programme de formation en appui

Les structures intermédiaires retenues interviendront dans plusieurs délégations du gouvernorat : Ghardimaou, Fernena, Balta-Bouaouane, Ain Drahem et Bou Salem — des zones rurales où la pression sur les ressources naturelles est forte et les effets du changement climatique particulièrement sensibles.

En parallèle de leur déploiement sur le terrain, ces structures bénéficieront d’un programme de formation ciblé couvrant les enjeux climatiques, la gestion des ressources naturelles et le développement d’initiatives adaptées aux réalités locales. L’objectif est de consolider leurs capacités pour une action efficace et pérenne.

ReGnR, une coopération germano-européenne enracinée à Jendouba

Lancé depuis deux ans dans le gouvernorat de Jendouba, le projet ReGnR est mandaté par le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), cofinancé par l’Union européenne et mis en œuvre par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), en partenariat avec le Ministère tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche (MARHP).

Il s’appuie sur les programmes de l’INGC et de l’ODESYPANO, en coordination avec la Direction Générale de l’Aménagement et de la Conservation des Terres Agricoles (DGACTA). Dès mai 2025, le projet avait lancé des appels à candidature pour sélectionner agriculteurs et structures intermédiaires locales, dans une logique de mise à l’échelle de solutions innovantes en matière de conservation des eaux et des sols.

Partager l'article:

Articles Recents

S'abonner

VIDÉOS SPONSORISÉES
VIDÉOS SPONSORISÉES

00:00:30

OPPO Reno12 : L’Alliance Parfaite entre Design, Intelligence Artificielle et Performance

Les séries Reno12 d'OPPO marquent une avancée significative dans le domaine de la photographie mobile grâce à l'intégration poussée de l'intelligence artificielle.
00:02:15

Abdelaziz Makhloufi, PDG de Cho Group, met en lumière l’excellence de l’huile d’olive tunisienne sur BFM Business

Fort de son expertise reconnue dans le secteur oléicole, Abdelaziz Makhloufi, Président-directeur général du groupe Cho, a saisi l'opportunité de l'émission BFM Business pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'échelle internationale.
00:00:32

Lancement du nouveau Huawei Nova Y61

Huawei Consumer Business Group annonce le lancement du HUAWEI nova Y61, le plus récent smartphone de la série HUAWEI nova Y.

CONTENUS SPONSORISÉS
CONTENUS SPONSORISÉS

IA et cybersécurité : les 5 transformations qui redéfinissent la menace

Phishing généré par IA, agents autonomes, shadow AI : ESET résume en cinq points les transformations que l’IA impose à la cybersécurité et rappelle que les stratégies de sécurité doivent évoluer au même rythme que la technologie.

BH Bank T3 2026 : le PNB grimpe de 3,9 % à 511 MD

Moins de crédits, plus de dépôts, des ressources onéreuses remplacées : la recette de BH Bank fonctionne sur la marge d'intérêt. Reste à savoir si la banque saura freiner des coûts fixes qui progressent deux à trois fois plus vite que son PNB.

TotalEnergies et Dauphine Tunis : un pont vers l’emploi

Former ne suffit plus : encore faut-il ouvrir les portes de l'entreprise. C'est le pari de Dauphine Tunis et de TotalEnergies Marketing Tunisie, qui officialisent un partenariat articulé autour des stages, des bourses et du partage d'expertise.

Croissance Tunisie 2026 : la reprise reste fragile

2,7 % de croissance attendue en 2026, contre 3,3 % prévus au départ : la Tunisie rebondit, mais sur quelles bases ? Investissement atone, importations en forte hausse, prix alimentaires à +8,4 %. Voici ce que disent les chiffres.

A lire également
A lire également

Croissance Tunisie 2026 : la reprise reste fragile

2,7 % de croissance attendue en 2026, contre 3,3 % prévus au départ : la Tunisie rebondit, mais sur quelles bases ? Investissement atone, importations en forte hausse, prix alimentaires à +8,4 %. Voici ce que disent les chiffres.

Huile d’olive : la BCT appelle les banques à financer la campagne 2026-2027

Dans sa note n° 254, la BCT enjoint les banques de renforcer leurs concours à la filière oléicole pour 2026-2027. Récolte, trituration, stockage, exportation : tous les maillons de la chaîne sont visés.

Budget 2027 en Tunisie : un besoin de financement de 28,1 milliards de dinars sous haute tension

Déficit de 14,615 MDT, besoin de financement de 28,122 MDT, emprunt intérieur de 19,845 MDT : les grandes masses du budget 2027 dessinent une trajectoire sous contrainte et une pression durable sur le système financier tunisien.

Déficit énergétique en Tunisie : 4,7 Mtep à fin août 2026

Ressources en recul de 5 %, demande en hausse de 6 %, Brent à 91 $ : l’ONEM dresse le bilan énergétique de la Tunisie à fin août 2026, avec un déficit commercial de 9 658 MDT, une production électrique en hausse de 9 % et une pointe record à 5 089 MW.

Tunisie – Espagne : les échanges commerciaux pourraient doubler dans les prochaines années

Selon l’ambassadeur d’Espagne à Tunis, les échanges entre les deux pays pourraient doubler. Tourisme, agriculture, énergies renouvelables et liaisons aériennes sont au cœur de cette nouvelle dynamique.

Réserves obligatoires : la BCT passe le taux de 1 % à 3 %

Triplement du taux des réserves obligatoires : la circulaire n° 2026-11 de la BCT entre en vigueur le 1er novembre 2026 et pèsera sur les marges d'intermédiation des banques tunisiennes ainsi que sur l'octroi de crédit.

IPO des sociétés sportives en Tunisie : un projet de loi attendu avant fin 2026

Les associations sportives tunisiennes pourront bientôt créer des sociétés anonymes cotables en Bourse. Le projet de loi, attendu avant fin 2026, impose un noyau dur minimal de 35 % du capital.

Balance commerciale tunisienne : le déficit bondit de 25 % à 20,997 MD fin septembre 2026

À fin septembre 2026, le déficit commercial tunisien atteint 20,997 MD contre 16,727 MD un an plus tôt. Les exportations croissent de 8,5 %, les importations de 13 %, et le taux de couverture chute à 70,6 %.