Une collecte de dépôts en nette accélération
Les dépôts de la clientèle constituent le fait marquant de ce premier semestre pour la BNA. Ils atteignent 15.351 millions de dinars (MD) à fin juin 2026, contre 12.919 MD un an plus tôt, soit une progression de 18,8%, équivalente à 2.432 MD de collecte supplémentaire. Cette dynamique traduit un renforcement notable de la base de ressources de la banque, dans un contexte où la mobilisation de l’épargne demeure un enjeu central pour le secteur bancaire tunisien.
L’encours net des créances sur la clientèle, net de provisions et d’agios réservés, s’établit quant à lui à 14.516 MD à fin juin 2026, contre 13.851 MD à fin juin 2025, en progression de 4,8%, soit 665 millions de dinars supplémentaires. La croissance des dépôts dépasse ainsi largement celle des crédits, ce qui améliore mécaniquement le ratio emplois/ressources de l’établissement.
Le portefeuille titres renforcé, principalement en BTA
Le portefeuille titres d’investissement de la banque progresse également, passant de 8.745 MD à fin juin 2025 à 9.647 MD à fin juin 2026, soit une hausse de 10,3%. Cette évolution s’explique principalement par des acquisitions de Bons du Trésor Assimilables (BTA), une orientation cohérente avec la stratégie de placement privilégiée par plusieurs banques de la place tunisienne, qui combinent rendement et faible risque sur cette classe d’actifs.
PNB en hausse de 4,1%, charges opératoires sous contrôle
Sur le plan des performances bancaires, le produit net bancaire (PNB) de la BNA s’établit à 559,063 MD au premier semestre 2026, contre 536,954 MD un an auparavant, en progression de 4,1%. Les charges opératoires suivent une trajectoire proche, passant de 199,758 MD à 208,541 MD, soit une hausse de 4,4%.
Le coefficient d’exploitation, indicateur clé de la maîtrise des charges rapportées au produit net bancaire, s’établit à 37,30% en juin 2026, un niveau quasi stable par rapport à celui enregistré un an plus tôt. La banque conserve ainsi un ratio d’efficience parmi les repères habituels du secteur bancaire tunisien, la progression des charges restant globalement alignée sur celle des revenus.
Ce qu’il faut retenir
Ces indicateurs semestriels dessinent le profil d’une banque publique en phase de consolidation de ses ressources, avec une collecte de dépôts qui distance largement la production de crédits. Cette configuration, si elle se confirme au second semestre, pourrait offrir à la BNA des marges de manœuvre supplémentaires pour financer l’économie tout en maintenant ses équilibres de gestion.
