Une collecte de dépôts en légère hausse, mais des arbitrages notables
L’Union Internationale de Banques (UIB) a communiqué sa synthèse de performance financière au 30 juin 2026, comparée au premier semestre 2025. Les dépôts de la clientèle ressortent à 7 183,6 millions de dinars tunisiens (MTND), contre 7 078,7 MTND un an plus tôt, soit une progression de 1,5%, équivalente à 104,9 MTND.
Cette croissance globale recouvre toutefois des mouvements contrastés selon les catégories de dépôts. Les dépôts à vue enregistrent la plus forte progression, avec 325,2 MTND supplémentaires, suivis des dépôts d’épargne qui gagnent 217,6 MTND. Les autres dépôts progressent plus modestement, de 37 MTND. À l’inverse, les dépôts à terme et certificats de dépôt reculent de 475 MTND. Cette évolution traduit un déplacement de l’épargne de la clientèle vers des supports plus liquides, au détriment des placements bloqués à terme.
Les crédits à la clientèle poursuivent leur progression
Du côté du financement de l’économie, les crédits nets à la clientèle atteignent 6 479,9 MTND au 30 juin 2026, contre 6 341,9 MTND un an auparavant, soit une hausse de 2,2% (138 MTND). Cette progression, supérieure en rythme à celle des dépôts, s’inscrit dans une tendance haussière continue observée sur l’ensemble de la période sous revue.
Un désendettement marqué sur les ressources spéciales
Le poste des emprunts et ressources spéciales affiche la variation la plus significative de cette synthèse semestrielle : il recule de 27%, passant de 134,3 MTND à fin juin 2025 à 98 MTND à fin juin 2026. Cette contraction peut correspondre à des remboursements de lignes de financement extérieures ou à une mobilisation moindre de ressources spéciales sur la période, dans un contexte où la banque a par ailleurs renforcé sa collecte de dépôts à vue.
Produits d’exploitation bancaire : une quasi-stabilité
Les produits d’exploitation bancaire, nets des agios réservés, s’établissent à 450,7 MTND, en léger repli de 0,9% (-4,3 MTND) par rapport aux 455 MTND enregistrés au premier semestre 2025. Cette quasi-stabilité contraste avec la dynamique de croissance observée sur les dépôts et les crédits, et invite à examiner de plus près l’évolution des différentes composantes de marge de la banque.
Marge d’intérêt et marge sur commissions : des évolutions modérées
La marge d’intérêt progresse de 2,8%, passant de 142,2 MTND à 146,1 MTND. L’UIB communique également une marge d’intérêt retraitée, tenant compte de l’impact de la loi 2024-41 : celle-ci passe de 12,1 MTND à 15,8 MTND, soit une hausse de 5% sur cette base ajustée. Ce retraitement met en évidence l’effet distinct de ce texte réglementaire sur la présentation comptable de la marge d’intérêt.
La marge sur commissions demeure quasiment stable, s’établissant à 76,9 MTND contre 76,6 MTND, soit une progression limitée à 0,3%.
Portefeuille-titres et PNB : les principaux moteurs de croissance
C’est sur les revenus du portefeuille-titres que la progression est la plus spectaculaire : ils bondissent de 26,8%, passant de 39,6 MTND à 50,2 MTND. Cette performance traduit une contribution nettement accrue des activités de marché et de portefeuille aux résultats de la banque sur le semestre.
Porté par cette dynamique, le produit net bancaire (PNB) global de l’UIB progresse de 5,7%, passant de 258,4 MTND à 273,2 MTND. Comme pour la marge d’intérêt, un PNB retraité tenant compte de l’impact de la loi 2024-41 est présenté séparément : il passe de 12,1 MTND à 15,8 MTND, soit une hausse de 6,8%.
Une performance semestrielle globalement positive
Sur l’ensemble des indicateurs publiés, la performance de l’UIB au premier semestre 2026 apparaît globalement positive : croissance modérée mais réelle des dépôts (+1,5%) et des crédits (+2,2%), désendettement marqué sur les ressources spéciales (-27%) et surtout accélération du produit net bancaire (+5,7%), tirée par les revenus du portefeuille-titres (+26,8%). Le repli limité des produits d’exploitation bancaire nets (-0,9%) et la contraction des dépôts à terme (-475 MTND) constituent les deux points de vigilance de ce bilan semestriel, qui pourraient éclairer les prochaines orientations de la banque en matière de structure de financement et de gestion de la liquidité.
