Sans surprise, La Banque centrale européenne maintient son cap monétaire

Hier se tenait la réunion de politique monétaire de la BCE du mois de juillet, réunion dont il n’y avait fondamentalement pas grand-chose à attendre. Rappelons qu’au mois de juin la BCE avait effectué une série d’annonces importantes : la fin du QE après décembre 2018 bien sûr, mais aussi, et peut être surtout, i/ l’annonce qu’il n’y aurait pas de hausse de taux au moins jusqu’à l’été 2019, et ii/ l’annonce du maintien de la taille du bilan « pendant une période prolongée » du fait du réinvestissement des titres détenus.

Ainsi, aux deux questions attendues durant la conférence de presse – celle relative aux détails sur le plan de réinvestissement et celle concernant la manière d’interpréter la référence à l’été 2019 – Mario Draghi a, comme attendu, apporté des réponses évasives se contentant souvent de dire que ces sujets n’avaient pas fait l’objet de discussion au sein du Conseil.

Plus généralement, le message de la BCE a semblé légèrement plus hawkish qu’en juin. C’est en tout cas ce qui ressort des commentaires de Mario Draghi concernant la croissance en zone euro ; La modération du rythme de croissance au T1 2018 et qui semble s’être poursuivie au T2 est interprétée comme une normalisation après une période de forte expansion, alimentée notamment par le commerce extérieur. Le conseil des gouverneurs continue de voir les risques entourant son scenario de croissance comme « globalement équilibrés » malgré la menace du protectionnisme et de la volatilité des marchés financiers.

Au final, et comme toujours, c’est l’évolution de l’inflation qui guidera celle de la politique monétaire. De ce point de vue, bien que les mesures de l’inflation sous-jacente restent basses, plusieurs signaux positifs apparaissent et notamment l’accélération de la croissance des salaires négociés, un point que M. Draghi n’a pas manqué de souligner durant la conférence de presse.

Evidemment, ces évolutions sont encourageantes mais il est encore trop tôt pour crier victoire. D’une part, ces évolutions salariales varient grandement entre pays : la croissance des coûts salariaux unitaires demeurent bien inférieure à 2% en France, en Italie et en Espagne. Même si la BCE vise l’inflation moyenne en zone euro, une trop forte dispersion pourrait être un problème pour la normalisation monétaire. D’autre part, si jusqu’ici les tensions sur le commerce mondial demeurent contenues et ont des effets limités sur l’économie européenne, il est clair qu’une véritable guerre commerciale changerait la donne et forcerait probablement la BCE à prolonger encore davantage la période de taux négatifs et de réinvestissements de titres.

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