UBCI Tunisie : pourquoi la rentabilité reste freinée malgré une croissance solide en 2025

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Après une décennie marquée par une transition stratégique majeure, l’UBCI consolide ses fondamentaux financiers. Mais derrière cette solidité apparente, la banque fait face à un défi structurel : améliorer son efficacité opérationnelle pour transformer sa croissance en véritable levier de rentabilité.

Une décennie de stabilisation après le désengagement de BNP Paribas

Entre 2015 et 2025, l’Union Bancaire pour le Commerce et l’Industrie (UBCI) a traversé une phase de transition stratégique marquée par le retrait progressif de BNP Paribas, finalisé en 2021. Cette séquence a permis à l’établissement de préserver ses fondamentaux, notamment en matière de solvabilité et de gestion du risque.

Aujourd’hui, la banque affiche une stabilité financière notable. Toutefois, ce modèle hérité, centré sur la prudence, montre ses limites dans un environnement bancaire de plus en plus concurrentiel et digitalisé.

Croissance du PNB : une résilience confirmée

En 2025, le produit net bancaire (PNB) atteint 351 millions de dinars, avec un taux de croissance annuel moyen (CAGR) de 7,8% sur cinq ans. Cette progression confirme la capacité de l’UBCI à maintenir une base de revenus solide, notamment grâce à sa clientèle corporate et retail haut de gamme.

Cette performance témoigne d’une marque toujours attractive sur le marché tunisien, capable de générer une croissance régulière malgré les mutations structurelles.

Un coefficient d’exploitation élevé qui pénalise la rentabilité

Le principal point de fragilité réside dans l’efficacité opérationnelle. Avec un coefficient d’exploitation de 68%, l’UBCI figure parmi les banques les moins efficientes du secteur.

Ce niveau élevé s’explique par une structure de coûts rigide, dominée par les charges de personnel qui représentent à elles seules 42% du PNB. En comparaison avec les standards du marché, la productivité par employé affiche un déficit estimé entre 30% et 45%.

Cette situation traduit une organisation encore marquée par des प्रक्रessus peu automatisés et des niveaux hiérarchiques parfois redondants. Résultat : une part significative de la croissance des revenus est absorbée par les coûts.

Des revenus partiellement tirés par des éléments non récurrents

Autre évolution notable en 2025 : la hausse des revenus issus des opérations financières, qui représentent désormais 18% du PNB contre environ 8% auparavant.

Si cette progression soutient le résultat net à court terme, elle soulève des interrogations sur la qualité et la récurrence des revenus, d’autant que les commissions enregistrent un léger recul.

Structure du bilan : une croissance maîtrisée mais prudente

Une reprise progressive du crédit

Le total bilan dépasse 5,6 milliards de dinars en 2025. Les crédits à la clientèle atteignent 3,5 milliards de dinars, avec une reprise progressive après une période de stagnation entre 2018 et 2021.

La croissance des crédits s’établit à 11% en 2024 puis 6,8% en 2025, traduisant une stratégie d’expansion maîtrisée. Le ratio Loan-to-Deposit reste confortable, confirmant une gestion prudente de la liquidité.

Une exposition accrue au risque souverain

Comme l’ensemble du secteur, l’UBCI renforce son exposition aux titres d’État. Le recours au refinancement auprès de la Banque Centrale atteint 10% du passif, soit 566 millions de dinars.

Cette évolution reflète un environnement macroéconomique contraint, mais accroît la sensibilité de la banque au risque souverain.

Une gestion du risque maîtrisée mais une rentabilité perfectible

Un coût du risque contenu

Le coût du risque s’établit à 59 points de base en 2025, en légère hausse mais toujours inférieur à la moyenne sectorielle. Cette performance confirme la solidité des pratiques de gestion du risque, héritées de son historique international.

Des ratios de rentabilité en dessous des standards élevés

Le rendement des fonds propres (ROE) atteint 11,6% en 2025, en amélioration par rapport aux années précédentes, mais encore en deçà des leaders du secteur qui dépassent les 15%.

Le rendement des actifs (ROA), stable à 1,2%, indique une utilisation correcte des ressources, mais laisse entrevoir un potentiel d’optimisation.

Perspectives : un virage stratégique indispensable

Sortir d’un modèle hérité pour gagner en agilité

L’UBCI se trouve à un tournant stratégique. Si la banque a réussi à préserver ses équilibres financiers, elle doit désormais transformer son modèle opérationnel pour améliorer son efficacité.

La réduction du coefficient d’exploitation devient un impératif, passant par une automatisation accrue des პროცესus, une simplification organisationnelle et une meilleure allocation des ressources humaines.

L’expérience client et le digital comme leviers de croissance

Pour franchir un nouveau cap, l’UBCI devra également renforcer son positionnement sur la banque digitale et améliorer l’expérience client, notamment auprès des jeunes actifs et des entrepreneurs.

L’enjeu est clair : passer d’un modèle défensif à une stratégie de conquête, capable de générer une croissance rentable et durable.

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