Céréales 2026 : la Banque centrale mobilise le secteur bancaire pour sécuriser une campagne déterminante pour l’économie tunisienne

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Face aux perspectives favorables de la récolte céréalière 2026, la Banque Centrale de Tunisie renforce la mobilisation du secteur bancaire afin d'assurer le financement de la collecte, du stockage et de la commercialisation des céréales. Une initiative stratégique pour la sécurité alimentaire du pays.

Alors que la Tunisie se prépare à une campagne céréalière qui s’annonce parmi les plus prometteuses de ces dernières années, la Banque Centrale de Tunisie (BCT) renforce son implication afin de garantir les financements nécessaires à la collecte, au stockage et à la commercialisation de la production nationale.

Réuni au siège de la Banque Centrale, le Gouverneur de la BCT, Fethi Zouhaier Nouri, a présidé une rencontre stratégique avec le Président du Conseil Bancaire et Financier ainsi qu’avec les dirigeants des principales banques de la place. Cette réunion avait pour objectif d’anticiper les besoins financiers liés à la campagne céréalière 2026 et de coordonner l’action des différents acteurs du système financier.

Une campagne céréalière sous haute importance économique

Dans un contexte marqué par les défis persistants liés à la sécurité alimentaire, à la volatilité des marchés internationaux et aux contraintes budgétaires pesant sur les finances publiques, la réussite de la campagne céréalière revêt une dimension stratégique pour la Tunisie.

Le Gouverneur de la Banque Centrale a rappelé que le secteur agricole constitue un pilier fondamental de l’économie nationale et un levier essentiel pour renforcer la résilience du pays face aux chocs extérieurs. Les perspectives favorables de la saison actuelle ouvrent en effet la voie à une amélioration du taux de couverture des besoins nationaux en céréales et à une réduction de la pression exercée par les importations sur les réserves en devises.

Dans cette perspective, Fethi Zouhaier Nouri a appelé les établissements bancaires à mobiliser rapidement les ressources nécessaires afin d’assurer un financement fluide de l’ensemble de la chaîne céréalière, depuis la collecte jusqu’à la commercialisation de la production.

Le précédent de la campagne oléicole comme modèle de référence

Le Gouverneur a notamment invité les banques à reproduire la dynamique observée lors du financement de la dernière campagne oléicole, qui avait bénéficié d’un accompagnement financier important du secteur bancaire.

Cette approche vise à éviter toute rupture de financement susceptible de ralentir les opérations de collecte ou de fragiliser les acteurs de la filière à un moment crucial de la saison.

Selon les orientations présentées lors de cette réunion, les banques devront assurer un accompagnement renforcé aussi bien aux agriculteurs qu’aux collecteurs, aux coopératives, aux organismes de stockage et à l’Office des Céréales.

La BCT prête à injecter les liquidités nécessaires

Au-delà de son rôle de régulateur, la Banque Centrale a réaffirmé sa volonté de soutenir activement l’effort national à travers la mobilisation des ressources de liquidité requises.

Ce signal est particulièrement important dans un environnement financier où les besoins de financement de l’économie demeurent élevés. En garantissant l’accès à la liquidité pour les banques, la BCT cherche à sécuriser les flux financiers indispensables au bon déroulement de la campagne et à éviter tout blocage susceptible d’affecter la chaîne d’approvisionnement alimentaire.

Cette démarche traduit également une volonté plus large de faire du système bancaire un acteur davantage impliqué dans les priorités économiques nationales.

Les banques réaffirment leur engagement envers la filière céréalière

Les représentants du secteur bancaire ont pour leur part confirmé leur engagement à accompagner l’ensemble des intervenants de la filière.

Une attention particulière sera accordée à l’Office des Céréales, acteur central du dispositif national d’approvisionnement. Les établissements financiers se sont engagés à mobiliser les concours nécessaires non seulement pour la collecte de la production locale, mais également pour le financement des importations destinées à couvrir les besoins du marché tunisien lorsque cela s’avère nécessaire.

L’objectif affiché est de garantir la continuité des approvisionnements et de préserver la stabilité du marché intérieur dans un contexte international où les prix des matières premières agricoles demeurent sensibles aux tensions géopolitiques et climatiques.

Vers un rôle plus actif des banques dans le financement de la croissance

Au-delà du seul dossier agricole, cette réunion s’inscrit dans une dynamique plus large de redéfinition du rôle du secteur bancaire dans le financement de l’économie tunisienne.

Les banques ont ainsi renouvelé leur engagement à soutenir davantage les petites et moyennes entreprises, à renforcer les mécanismes de financement de l’investissement et à contribuer activement à la relance de la croissance.

Cette orientation prolonge les décisions arrêtées lors de la réunion du 6 mai 2026 présidée par le Gouverneur de la BCT, au cours de laquelle les autorités monétaires avaient appelé les banques à jouer un rôle plus offensif dans le financement du développement économique et social.

Un test majeur pour la souveraineté alimentaire tunisienne

Pour les observateurs économiques, la campagne céréalière 2026 constitue bien plus qu’une simple saison agricole. Elle représente un véritable test de la capacité du pays à renforcer sa souveraineté alimentaire, à réduire sa dépendance aux marchés extérieurs et à améliorer l’efficacité de la coordination entre les pouvoirs publics, le système bancaire et les acteurs agricoles.

La mobilisation précoce de la Banque Centrale et des établissements financiers traduit ainsi une prise de conscience croissante de l’importance stratégique du secteur agricole dans les équilibres économiques du pays. Si les conditions climatiques demeurent favorables et que les mécanismes de financement fonctionnent efficacement, la campagne 2026 pourrait contribuer significativement à renforcer la sécurité alimentaire nationale tout en soutenant la croissance économique et la stabilité financière.

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