Tunisie : excédent budgétaire inédit de 655 MD à fin septembre 2025

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À fin septembre 2025, la balance budgétaire tunisienne affiche un excédent inédit de 655 MD, contre un déficit de 1 067 MD un an plus tôt. Cette amélioration résulte d’une forte dynamique des recettes fiscales et non fiscales, associée à une évolution maîtrisée des dépenses publiques.

La situation budgétaire tunisienne s’est nettement améliorée au cours des neuf premiers mois de 2025. Selon le rapport provisoire d’exécution du budget publié par le ministère des Finances, la balance budgétaire affiche un excédent de 655 millions de dinars, contre un déficit de 1 067 MD à la même période en 2024. Ce redressement marque un tournant dans la trajectoire des finances publiques.

Une dynamique positive portée par la progression des ressources budgétaires

L’amélioration de la balance résulte d’une augmentation notable des ressources publiques, dont la croissance de 6,9 % a porté leur montant à 36 milliards de dinars. Cette progression dépasse largement la hausse modérée des charges budgétaires, qui n’ont augmenté que de 2,7 %, atteignant 35,2 milliards de dinars.

Les recettes fiscales demeurent le principal moteur de cette dynamique, avec une augmentation de 7,6 % pour atteindre 33,4 milliards de dinars. Les recettes non fiscales enregistrent également une progression significative de 13,6 %, totalisant 2,4 milliards de dinars. Ces performances témoignent d’une meilleure mobilisation des ressources internes et d’une amélioration du rendement fiscal.

Des dépenses publiques contrastées : hausse des rémunérations, recul de l’investissement

La structure des dépenses publiques révèle des tendances divergentes. Les dépenses de rémunération ont progressé de 5 %, atteignant 17,4 milliards de dinars, tandis que les dépenses d’intervention ont bondi de 10,8 %, avoisinant 9,2 milliards de dinars.

À l’inverse, les dépenses d’investissement et de gestion sont en net recul. L’investissement public a diminué de 12,2 %, pour s’établir à 2,7 milliards de dinars, et les dépenses de gestion ont chuté de 13,4 %, à près de 1,2 milliard de dinars. Ainsi, les dépenses de gestion ne représentent que 3,4 % des dépenses totales, tandis que l’investissement se limite à 7,8 %. En comparaison, les dépenses de rémunération et d’intervention absorbent respectivement 49,5 % et 26,1 % du budget de l’État.

Légère baisse des intérêts de la dette

Les charges de financement, correspondant aux intérêts de la dette, ont diminué de 4,1 %, passant de 4,8 milliards de dinars en septembre 2024 à 4,6 milliards de dinars en 2025. Cette réduction contribue à alléger la pression sur les finances publiques.

Ressources de trésorerie en hausse : priorité au remboursement du principal de la dette

Les ressources de trésorerie ont progressé de 16,5 %, atteignant 15 milliards de dinars à fin septembre 2025, contre 12,9 milliards une année auparavant. Ces ressources sont mobilisées à 99 % pour le remboursement du principal de la dette, soit 14,8 milliards de dinars.

Service de la dette en forte augmentation : +19 %

Le rapport du ministère des Finances souligne une hausse notable du service de la dette publique, en progression de 19 % pour dépasser 19,5 milliards de dinars. Cette enveloppe se répartit entre 10,8 milliards de dettes intérieures et 8,7 milliards de dettes extérieures.

La tendance confirme le recours croissant de l’État à l’endettement domestique : la dette intérieure a bondi de 42,7 % en un an (septembre 2024 – septembre 2025), tandis que la dette extérieure a reculé de 1,3 %. Ce rééquilibrage reflète une stratégie visant à réduire l’exposition aux marchés internationaux.

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