1 702 MD de bénéfices, mais un marché à deux vitesses
Sur le premier semestre 2026, les sociétés cotées à la BVMT affichent un résultat net global de 1 702 millions de dinars (MD). Cela représente une progression de 7,7 % par rapport à la même période de 2025. Cette croissance reste solide, mais elle ne se répartit pas de manière homogène entre les secteurs.
65 sociétés sur 75 ont publié leurs comptes
À ce stade, 87 % des sociétés cotées ont communiqué leurs états financiers, soit 65 sur 75. Parmi elles, 60 sont bénéficiaires et 5 sont déficitaires. Le tableau d’ensemble est donc plutôt sain : plus de neuf sociétés sur dix ayant publié ont dégagé un profit.
Le Tunindex 20 capte 80 % du résultat
Les entreprises du Tunindex 20, l’indice des valeurs les plus liquides de la cote, concentrent à elles seules 80 % du résultat cumulé. Le dynamisme du marché dépend donc d’un noyau restreint de grandes capitalisations, dont les performances pèsent bien plus lourd dans le bilan global que celles du reste de la cote.
Pétrole et gaz, assurances, industries, consommation : les moteurs du semestre
Quatre secteurs tirent la croissance vers le haut :
- Pétrole et gaz : +77,3 %, la plus forte hausse du semestre ;
- Assurances : +27,8 % ;
- Industries : +21,2 % ;
- Biens de consommation : +20,6 %.
Ces quatre ensembles affichent des hausses à deux chiffres. Les trois derniers, assurances, industries et consommation, couvrent des activités tournées vers la demande intérieure et la production locale, ce qui confirme leur capacité à transformer l’activité en bénéfices.
Matériaux de base, automobile, banques : les secteurs sous pression
À l’autre bout du spectre, trois secteurs sont classés « sous pression » :
- Matériaux de base : -37,4 %, la chute la plus marquée ;
- Automobile : -6,9 % ;
- Banques : +2,7 %.
Les banques ne reculent pas, mais leur progression est très modeste face aux 20 % et plus enregistrés par les secteurs moteurs. Comme elles pèsent traditionnellement lourd dans le Tunindex 20, ce rythme limité tempère la dynamique d’ensemble.
Dix retardataires : un silence qui interroge
Dix émetteurs n’ont pas encore publié leurs résultats semestriels, dont Tunisair et Alkimia. La plupart d’entre eux font déjà l’objet de sanctions. Pour les analystes, ces retards constituent un signal d’alerte : ils précèdent souvent l’apparition de difficultés opérationnelles ou de complexités comptables.
Cette lecture reste une règle d’analyse, et non une preuve au cas par cas. Mais elle invite les investisseurs à surveiller de près les valeurs concernées.
Ce que révèle ce semestre pour les investisseurs
Le S1 2026 décrit une Bourse de Tunis résiliente, mais inégale. Trois enseignements s’en dégagent :
- La concentration reste forte : le Tunindex 20 porte 80 % du résultat.
- Les écarts sectoriels sont considérables : de -37,4 % pour les matériaux de base à +77,3 % pour le pétrole et le gaz.
- La transparence est un critère de sélection : la ponctualité de publication aide à repérer les émetteurs fragiles.
Les résultats définitifs, une fois les dix retardataires passés en revue, diront si cette croissance de 7,7 % se confirme ou si elle est revue à la baisse.
