France : L’activité du secteur privé se contracte plus qu’attendu en juin, un 10ème mois de déclin économique

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Une contraction persistante, loin des attentes

L’économie française continue de faire face à des vents contraires. Selon l’enquête préliminaire PMI S&P Global et HCOB publiée ce jeudi, l’activité du secteur privé français a subi une contraction pour le dixième mois consécutif en juin 2025. Cette persistance de la baisse est d’autant plus préoccupante que les chiffres dévoilés sont nettement inférieurs aux prévisions des économistes, soulignant une détérioration plus rapide et plus profonde que prévu de la situation économique.

Le secteur des services sous pression

Le secteur des services, pilier de l’économie française, n’échappe pas à cette dynamique négative. L’indice PMI préliminaire des services s’est établi à 48,7 en juin, marquant une légère baisse par rapport aux 48,9 enregistrés en mai. Ce résultat est significativement inférieur aux attentes des économistes interrogés par Reuters, qui tablaient en moyenne sur 49,2. Il est crucial de rappeler que la barre des 50 est le seuil qui sépare la croissance de la contraction de l’activité. La persistance sous ce seuil indique une faiblesse structurelle.

Le manufacturier, maillon faible de l’économie

Le secteur manufacturier français continue de jouer le rôle de lanterne rouge. Le PMI préliminaire pour cette branche d’activité a chuté de manière alarmante, s’établissant à 47,8 en juin, contre 49,8 en mai. Cette baisse drastique est d’autant plus inquiétante que le consensus des économistes s’attendait à un chiffre de 50, signe d’une stabilisation ou d’un léger rebond. Cette détérioration met en lumière les difficultés profondes auxquelles sont confrontées les entreprises industrielles françaises.

Le PMI composite confirme une tendance baissière généralisée

La convergence des faiblesses dans les deux secteurs se reflète dans le PMI composite, qui agrège l’activité des services et du manufacturier. Cet indice crucial est ressorti à 48,5 en juin, bien en dessous des 49,3 de mai et du consensus des analystes qui anticipaient également 49,3. Cette donnée confirme une contraction généralisée de l’activité économique, laissant peu de place à l’optimisme à court terme.

Des facteurs aggravants : Stocks, commandes et géopolitique

Plusieurs facteurs expliquent cette dégradation. Le secteur manufacturier est particulièrement impacté par des excédents de stock significatifs et des conditions de marché difficiles. La demande est également atone, avec des nouvelles commandes en baisse pour le treizième mois consécutif. À cela s’ajoutent les tensions géopolitiques persistantes, qui continuent d’alimenter un climat d’incertitude et pèsent sur les décisions d’investissement et de consommation.

Perspectives économiques assombries selon les experts

Jonas Feldhusen, économiste chez Hamburg Commercial Bank, ne cache pas son inquiétude face à cette situation. « Les perspectives sont certainement assombries, car la demande intérieure de biens s’est affaiblie, comme l’indique la baisse des nouvelles commandes », a-t-il déclaré. Il souligne que malgré les potentielles baisses de taux d’intérêt de la BCE, les efforts de déréglementation au niveau de l’Union européenne et les investissements prévus dans la défense qui pourraient soutenir le secteur manufacturier, « les incertitudes entourant le commerce mondial et la géopolitique ainsi que la concurrence mondiale, assombrissent les perspectives. » Cette analyse suggère que la reprise économique française pourrait être plus longue et plus difficile que prévu.

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