Les Bourses européennes finissent dans le rouge après les chiffres des PMI

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Les Bourses européennes ont terminé en baisse jeudi et Wall Street évoluait également dans le rouge à mi-séance dans un contexte d’aversion au risque liée à la publication d’enquêtes PMI aux Etats-Unis, en Europe et en Chine, qui renforcent les craintes d’une récession tandis que les anticipations de relèvement des taux d’intérêt augmentent.

À Paris, le CAC 40 a entamé le mois de septembre comme il avait fini celui d’août, en cédant 1,48% à 6.034,31 points. Le Footsie britannique a abandonné 1,86% et le Dax allemand 1,6%.

L’indice EuroStoxx 50 a reflué de 1,72%, le FTSEurofirst 300 de 1,77% et le Stoxx 600 de 1,8%.

Les marchés d’actions, qui ont fini à un creux depuis juillet, ont été pénalisés par les chiffres de l’activité manufacturière dans la zone euro et au Royaume-Uni, qui ont affiché en août une contraction respectivement à 49,6 et 47,3, selon les résultats définitifs des enquêtes de S&P Global auprès des directeurs d’achats.

Aux Etats-Unis, l’activité manufacturière est restée inchangée en août, à 52,8, tandis qu’en Chine, elle a reculé pour la première fois en trois mois, à 49,5, sous l’effet de l’affaiblissement de la demande alors que le pays persiste dans sa politique de « zéro COVID » si bien que la ville de Chengdu va confiner 21,2 millions d’habitants.

« Les enquêtes européennes offrant peu d’espoir que le bloc évite une récession dans le courant de cette année. Et ce, avant même que l’hiver ne commence et que les factures d’énergie ne s’envolent. Les six mois à venir seront longs et difficiles pour l’Europe et elle ne peut pas compter sur la BCE pour lui apporter un quelconque soulagement, bien au contraire », résume Craig Erlam, analyste marchés chez OANDA.

De fait, les marchés parient désormais à une très large majorité sur un relèvement du coût de crédit de 75 points de base ce mois-ci aussi bien en zone euro qu’aux Etats-Unis.

Signe de la nervosité, l’indice de la volatilité progresse aux Etats-Unis à 27,18 points et en Europe, il a fini à 29,14 points (+4,29%).

VALEURS EN EUROPE
En Europe, tous les principaux compartiments du Stoxx 600 ont terminé dans le rouge, les matières premières (-3,81%) et le secteur du tourisme et des loisirs (-3,77%) accusant les plus fortes baisses, sur fond de craintes d’une dégradation de la conjoncture.

Les groupes miniers ArcelorMittal, Rio Tinto et Glencore ont cédé de 3,42% à 6,61%, tandis que TotalEnergies, BP et Eni ont reflué de 0,06% à 0,94%.

Dans le luxe, particulièrement exposé à la Chine, Hermès a abandonné 2,53%, LVMH 2,27% et Kering 2,15%.

Dans l’actualité des entreprises, Pernod Ricard a avancé de 0,46% à la faveur de ses résultats annuels supérieurs aux attentes, tandis que Lufthansa, a reculé de 3,13% après l’annonce de l’annulation de 800 vols vendredi.

Le groupe britannique de produits de grande consommation Reckitt Benckiser a fléchi de 5,17% en réaction à l’annonce du départ fin septembre de son directeur général Laxman Narasimhan.

A WALL STREET
Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones recule de 0,5%, le Standard & Poor’s 500 de 1,06% et le Nasdaq de 2,14%.

L’indice sectoriel des nouvelles technologiques et celui semi-conducteurs abandonnent respectivement 2,28% et 4,4%. Washington a demandé à Nvidia (-11,34%) et Advanced Micro Devices (AMD) (-6,78%) de suspendre la vente de certaines de leurs puces dédiées à l’intelligence artificielle à la Chine.

Ford abandonne 2,19% après l’annonce du rappel de 198.000 véhicules Ford Expedition et Lincoln Navigator aux Etats-Unis, tandis que Boeing cède 5,03%, l’avionneur ayant déclaré être dans l’attente de la certification par les autorités américaines du 737 MAX 7 d’ici la fin de l’année et du 737 MAX 10 l’année prochaine.

Campbell Soup reflue de 2,99%, pénalisé par sa prévision de bénéfice ajusté pour 2023, ressortie inférieure aux attentes des analystes.

CHANGES
Aux changes, le dollar, en hausse de 0,97% face à un panier de devises de référence, a inscrit jeudi un nouveau plus haut de 20 ans. Contre le yen, il a touché un sommet depuis 1988, à 139,69. Le billet vert est soutenu par la perspective d’une remontée rapide et durable des taux d’intérêt aux Etats-Unis et son statut d’actif refuge.

L’euro, en repli de 1,19% à 0,9937 dollar, est retombé sous la parité avec la monnaie américaine.

TAUX
Les rendements obligataires en Europe ont profité de la révision des anticipations de relèvement des taux de la BCE la semaine prochaine.

Celui du Bund allemand à dix ans a gagné plus de trois points de base à 1,569%, tandis que son équivalent italien de même échéance a dépassé en séance le seuil de 4% pour la première fois depuis mi-juin avant de réduire ses gains en clôture à 3,951%. L’écart de rendement (« spread ») entre ces deux obligations s’est parallèlement creusé en séance à 243,20 points, le niveau le plus élevé depuis le 29 juillet, avant de revenir à 237 points.

Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à deux ans est monté en séance à un sommet de 15 ans à 3,53% et celui à dix ans prenait 13,3 points à 3,2628% à la veille de la publication du rapport mensuel sur l’emploi.

PÉTROLE
La situation sanitaire en Chine, conjuguée aux craintes sur l’inflation et les taux d’intérêt pèsent sur les cours pétroliers.

Le Brent recule de 2,91% à 92,86 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 2,84% à 87,01 dollars le baril.

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