Les bourses européennes finissent dans le rouge avec le dollar et les rendements qui montent

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Les actions européennes ont terminé en baisse jeudi et Wall Street évoluait dans le rouge à mi-séance, tandis que le dollar et les rendements obligataires remontaient sur fond d’inquiétude face à la dégradation de la conjoncture économique et au resserrement monétaire des banques centrales.

À Paris, le CAC 40 a fini en repli de 0,47% à 6.576,12 points. Le Footsie britannique a cédé 0,06%. Le Dax allemand a en revanche progressé de 0,23%, tiré par Siemens.

L’indice EuroStoxx 50 a reflué de 0,11%, le FTSEurofirst 300 de 0,4% et le Stoxx 600 de 0,42%.

James Bullard, le président de la Réserve fédérale de St. Louis, a déclaré jeudi que les hausses de taux aux Etats-Unis n’avaient pour le moment qu’un effet limité sur l’inflation que la banque centrale américaine devrait relever le coût du crédit d’au moins 100 points de base supplémentaires.

Les économistes de JPMorgan tablent eux aussi sur une hausse des taux de la Fed de 100 points de base d’ici mars et ils estiment que l’économie américaine pourrait enregistrer une « légère récession » au second semestre 2023.

Les traders évaluent désormais à 89% la probabilité d’une hausse de 50 points de base des taux de la Fed en décembre et voient les taux culminer à environ 5% en juin 2023..

Au Royaume-Uni, où l’inflation dépasse désormais 11%, le ministre des Finances, Jeremy Hunt, a dévoilé un plan d’austérité prévoyant des hausses d’impôts et un contrôle accru de la dépense publique. Il a expliqué que le pays était déjà en récession et que l’économie devrait se contracter de 1,4% l’an prochain.

VALEURS EN EUROPE
Sur le plan sectoriel en Europe, la quasi-totalité des compartiments du Stoxx 600 ont fini dans le rouge ou avec de très faibles gains, les ressources de base accusant la plus forte baisse (-1,68%) dans la crainte d’une récession.

Côté résultats d’entreprises, Bouygues a plongé de 6,50% après avoir renoncé à son objectif 2023 de marge pour sa filiale Colas dans un contexte d’incertitudes sur les coûts.

Siemens a bondi de 6,98% après avoir annoncé un bénéfice trimestriel supérieur aux attentes et présenté un projet de regroupement de cinq de ses activités dans une entité distincte.

Les ventes trimestrielles meilleures que prévu de Burberry ont été également saluées tandis que les perspectives à l’horizon 2025 de l’assureur néerlandais NN Group (-4,06%) ont déçu.

Thyssenkrupp, lui, a reflué de 2,11%, le groupe allemand ayant averti que son bénéfice et ses ventes diminueraient de manière significative en 2023.

A WALL STREET
Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones était pratiquement stable mais le Standard & Poor’s 500 reculait de 0,47% et le Nasdaq de 0,36%.

Les principaux secteurs du S&P-500 étaient en baisse, la distribution et la consommation perdant respectivement 1,13% et 1,15% dans le sillage de l’avertissement émis mercredi par Target sur ses ventes de Noël et la décision de Kohl’s de renoncer à ses prévisions pour cette année.

Le géant chinois du commerce en ligne Alibaba abandonne pour sa part 8,13% après la publication d’un chiffre d’affaires trimestriel inférieur aux attentes. Macy’s, à contre courant de la tendance, bondit de 12,48%, la chaîne de grands magasins ayant évoqué la résistance de la demande dans les produits de haut de gamme et relevé sa prévision de bénéfice annuel.

Dans les semi-conducteurs, Nvidia recule de 0,2% malgré un chiffre d’affaires trimestriel meilleur que prévu, affecté par l’avertissement mercredi de Micron Technology (-1,002%) qui continue de peser sur le secteur.

Les résultats et prévisions de Cisco Systems sont en revanche salués, permettant à l’action de gagner 3,80%.

LES INDICATEURS DU JOUR
Aux Etats-Unis, les inscriptions au chômage ont diminué la semaine dernière, à 222.000 contre 226.000 (révisé) la semaine précédente et un consensus à 225.000.

Dans la région de Philadelphie, les conditions d’activité se sont dégradées de manière inattendue en novembre avec un indice « Philly Fed » à -19,4 après -8,7 en octobre.

CHANGES
Le dollar, qui avait perdu récemment du terrain dans l’espoir d’une accalmie sur les taux de la Fed, prend 0,76% face à un panier de devises de référence, soutenu par les déclarations jugées restrictives de plusieurs responsables de la banque centrale américaine.

L’euro, en repli de 0,45%, se traite à 1,0345 dollar.

La livre sterling, elle, cède 0,76% à 1,1817 dollar.

TAUX
Les rendements obligataires en Europe fini en hausse, soutenus par les anticipations de remontée des taux aux Etats-Unis, malgré les déclarations de deux responsables de la Banque centrale européenne (BCE), Robert Holzmann et Pablo Hernandez de Cos, en faveur d’une prudence accrue dans le resserrement monétaire de l’institution de Francfort.

Le rendement du Bund allemand à dix ans a clôturé à 2,02% (+1,7 point), celui des emprunts britanniques de même échéance prenait 5,6 points de base à 3,19%, tandis que le taux des Treasuries à dix ans avançait de 7,4 points à 3,76%.

PÉTROLE
L’apaisement des tensions géopolitiques et les craintes sur la demande chinoise de brut dans un contexte de résurgence de l’épidémie de COVID-19 dans le pays pèsent sur les cours pétroliers.

Le Brent cède 3,1% à 89,98 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 4,28% à 81,93 dollars le baril.

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