BYD a fixé un premier rendez-vous concret dans la course mondiale aux batteries à état solide. Lors d’un entretien accordé à Carwow.es à Valence, en Espagne, la vice-présidente exécutive du constructeur chinois, Stella Li, a confirmé qu’un véhicule intégrant cette technologie serait présenté dès 2027. « En ce qui concerne les batteries à état solide, BYD occupe une position de leader, aussi bien sur le plan commercial que technologique », a-t-elle déclaré, ajoutant que le groupe entend le démontrer dès l’an prochain avec un modèle pionnier.
Un démonstrateur, pas encore un produit commercial
Aucun modèle précis, aucune spécification technique et aucune date de mise en production n’ont été communiqués. Le véhicule attendu en 2027 doit être compris comme une vitrine technologique plutôt que comme un lancement commercial. En interne, la feuille de route présentée par Sun Huajun, directeur technique de FinDreams — la division batteries de BYD — prévoit des essais en petite série portant sur environ 1 000 véhicules à partir de 2027, avant une production commerciale à grande échelle visée aux alentours de 2030. Les premières applications concerneraient les marques premium du groupe, Yangwang et Denza, mieux placées pour absorber le surcoût d’une technologie encore émergente.
BYD accélère sa percée à l’international
Cette annonce intervient alors que BYD mène une offensive commerciale soutenue hors de Chine. Selon des calculs de Reuters basés sur les données du groupe, les ventes mondiales de l’entreprise ont progressé de 17,8 % en août pour atteindre 440 293 unités, les livraisons à l’étranger bondissant de 134,5 % à 189 466 véhicules. En Asie du Sud-Est, BYD a récemment inauguré une usine à Java occidental, en Indonésie, tandis que ses activités aux Philippines affichent une hausse de 99 % des ventes sur les huit premiers mois de 2026.
Une compétition mondiale serrée sur les batteries solides
BYD est loin d’être seul sur ce terrain. Toyota et Idemitsu Kosan visent une commercialisation entre 2027 et 2028, Samsung SDI prévoit une production en masse de batteries tout-solide dès 2027, et CATL a annoncé en août viser une production pilote sur le même horizon. Le calendrier de BYD s’inscrit donc dans un mouvement collectif de l’industrie, plutôt que dans une avance isolée.
Une transition qui s’annonce longue
Le directeur scientifique de BYD, Lian Yubo, a lui-même tempéré l’enthousiasme autour de cette technologie, estimant que les batteries lithium-ion classiques et les batteries à électrolyte solide pourraient coexister pendant quinze à vingt ans. Une transition progressive, donc, plutôt qu’une bascule brutale. Stella Li avait d’ailleurs indiqué dès juin que la batterie Blade de deuxième génération de BYD demeure, pour l’instant, la solution la plus compétitive en coût et en efficacité pour le grand public.
Le véhicule annoncé pour 2027 servira avant tout de test grandeur nature pour la chimie au sulfure développée par FinDreams. Transformer cette avancée de laboratoire en batterie abordable et produite en masse reste, de l’aveu même du groupe, le défi le plus exigeant à relever avant toute industrialisation à grande échelle.
