Une croissance qui ralentit en 2026
La Banque mondiale anticipe un tassement de l’économie tunisienne. Dans son Bulletin de conjoncture économique, elle prévoit une hausse du PIB réel de 2,3 % en 2026. En 2025, la hausse était de 2,7 %.
Pourtant, l’activité a progressé de 2,4 % en glissement annuel au premier semestre 2026. Malgré cela, la suite reste modeste. En effet, la croissance potentielle est estimée à 2,1 % en moyenne sur 2027-2028. Cette trajectoire traduit une dynamique de fond peu vigoureuse.
Des fragilités structurelles derrière le chiffre global
Le chiffre global masque de fortes divergences entre secteurs. Il cache aussi des freins profonds à la compétitivité. La Banque mondiale relève d’abord les barrières à la concurrence. Elle pointe ensuite l’accès restreint des entreprises au financement. Les distorsions des politiques publiques figurent aussi parmi les obstacles. Enfin, la participation des femmes au marché du travail reste structurellement faible.
Par ailleurs, la contrainte hydrique s’impose comme un risque systémique émergent. Elle pèse sur la productivité, surtout dans l’agriculture et l’industrie. La Banque mondiale y consacre une réflexion intitulée « Le défi de l’eau en Tunisie : de la pénurie à la résilience ».
Des déséquilibres externes qui se creusent
Le contexte international accentue la pression sur les équilibres internes. Les tensions géopolitiques régionales et la volatilité des cours des matières premières ont fortement pesé sur la facture énergétique. Son déficit a ainsi augmenté de 30 %.
Cette dégradation a des effets en cascade. Le déficit courant a bondi de 49 % au premier semestre 2026. La balance des paiements apparaît donc exposée aux chocs exogènes.
Ce que les investisseurs doivent retenir
- Une croissance atone et sélective. Le ralentissement attendu ne favorise pas une croissance généralisée. Il faut donc privilégier les entreprises qui génèrent beaucoup de cash. Les sociétés peu endettées et résistantes aux chocs énergétiques sont aussi à favoriser.
- Des marges et un financement sous pression. L’accès limité au crédit pèse sur les entreprises. La hausse des coûts d’importation aussi. Les sociétés dépendantes d’intrants extérieurs sont les plus exposées. Celles qui reposent sur un financement bancaire à court terme le sont également.
- Des réformes à concrétiser. La stabilisation des fondamentaux dépend de réformes structurelles. Il s’agit de maîtriser le déficit courant et de préserver les réserves de change. Pour y parvenir, l’environnement des affaires doit s’améliorer. Les blocages liés au financement et à la concurrence doivent aussi être levés.
