Un avertissement sur résultats d’une rare sévérité
Vendredi, Volkswagen a livré un signal d’alarme sans ambiguïté. Le groupe ramène sa prévision de marge opérationnelle pour 2026 à 1 % au maximum, alors qu’il visait jusque-là une fourchette de 4 % à 5,5 %. En cause : environ 10 milliards d’euros (11,5 milliards de dollars) de charges exceptionnelles, dominées par une dépréciation de goodwill non monétaire de 6 milliards d’euros dans la division Porsche.
Cette annonce aggrave la crise que traverse le deuxième constructeur automobile mondial, lequel a déjà lancé la plus grande restructuration de son histoire.
Euro Stoxx 50 : une première sortie en quinze ans
Le camouflet boursier est double. Dès lundi 21 septembre, à l’ouverture des marchés, Volkswagen a quitté l’Euro Stoxx 50, l’indice phare de la zone euro, pour la première fois en quinze ans. C’est Nokia qui prend sa place, dans le cadre de la révision annuelle menée par le compilateur d’indices Stoxx.
Porsche et la Chine au cœur de la dépréciation
La dépréciation découle de la mise à jour, par Porsche, de ses plans financiers à long terme. Volkswagen a dû réexaminer les hypothèses qui fondent la valeur de son constructeur de voitures de sport, notamment la fourchette de marge à moyen terme de 10 % à 15 %. La charge pèsera sur le résultat opérationnel du troisième trimestre.
Le groupe explique aussi la révision de ses prévisions par la faiblesse persistante du marché chinois, conjuguée à une bascule plus rapide que prévu vers les véhicules électriques à batterie. Audi et la marque VW Voitures Particulières sont les plus touchées.
D’autres charges de restructuration sont attendues : élargissement des provisions pour départs anticipés à la retraite et cession prévue de VW Osnabrück. Ensemble, elles devraient amputer les résultats d’environ 2 milliards d’euros au second semestre.
Les marchés sanctionnent
Selon le Wall Street Journal, l’action Volkswagen a chuté de plus de 5 % vendredi, l’avertissement ayant été rendu public peu avant la clôture de la Bourse allemande. Le mouvement s’est prolongé lundi : d’après Reuters, Volkswagen reculait de 2 % et Porsche de 2,8 %, tandis que Porsche SE, principal actionnaire du groupe, qui avait elle aussi revu ses prévisions à la baisse vendredi, cédait 3,5 %.
Le titre a désormais perdu plus des trois quarts de sa valeur par rapport aux sommets du rally de 2021 et retombe à son plus bas niveau depuis environ seize ans, rapporte le Financial Times.
Plan Futur 2030 : 50 000 postes supplémentaires visés
Plus tôt ce mois-ci, le conseil de surveillance a approuvé le Plan Futur 2030. Il prévoit la suppression d’environ 50 000 postes supplémentaires à l’échelle du groupe, y compris des fonctions de direction. Le quotidien allemand Handelsblatt ajoute que Volkswagen jugerait 4 000 postes de plus superflus chez Porsche.
Prochain rendez-vous pour les investisseurs : la publication des résultats intermédiaires pour la période close le 30 septembre 2026, attendue le 29 octobre.
