Un seuil symbolique franchi pour la première fois depuis février 2020
La dette publique espagnole est repassée sous la barre des 100 % du PIB. D’après les dernières données de la Banque d’Espagne, elle s’établissait à 99,9 % du PIB en juillet 2026, contre environ 102,3 % un an plus tôt. Soit un recul de 2,4 points de PIB en douze mois.
Le pays n’avait plus connu un tel niveau depuis février 2020, juste avant la pandémie.
Un contraste net avec la France et l’Italie
Le rapprochement avec les autres grandes économies européennes est parlant :
- France : la dette devrait atteindre environ 119 % du PIB en 2026, selon les prévisions de Bercy.
- Italie : elle devrait s’établir autour de 138,5 %, selon la Commission européenne.
- Espagne : elle vient de repasser sous les 100 %.
Attention : Madrid ne rembourse pas sa dette
Ce résultat ne traduit pas un désendettement massif. En valeur absolue, la dette espagnole continue d’augmenter, de 3,8 % sur un an, pour atteindre 1,744 billion d’euros.
Si le ratio recule, c’est parce que le PIB progresse plus vite que l’endettement. Le dénominateur fait le travail que le numérateur ne fait pas.
Une croissance qui reste l’une des plus dynamiques d’Europe
L’économie espagnole conserve un rythme soutenu. Au deuxième trimestre 2026, son PIB a encore progressé de 0,7 % sur trois mois, soit 2,7 % sur un an. Le gouvernement a récemment relevé sa prévision de croissance pour l’ensemble de l’année à environ 2,6 %, contre 2,2 % initialement.
Un seuil encore fragile
Il faut toutefois rester prudent. Le ratio s’établissait à 101,5 % en juin : le passage sous les 100 % en juillet marque un point bas mensuel plus qu’une tendance déjà installée. Le gouvernement table sur 99,3 % à la fin de l’année, ce qui laisserait Madrid légèrement sous le seuil.
Ce que cela dit des finances publiques
L’exemple espagnol illustre un principe simple : pour alléger le poids d’une dette, il n’est pas toujours nécessaire d’en réduire le montant. Tant que l’économie croît plus vite que la dette, le ratio dette/PIB diminue.
Pendant que la trajectoire française continue de monter, l’Espagne prend donc le chemin inverse, portée par sa dynamique économique plus que par l’austérité.
