L’Allemagne et l’Italie sont à l’heure de choix politiques importants, de nature à influer sur la conjoncture économique en Europe

Deux événements politiques importants ont lieu en Italie et en Allemagne avec des répercussions sur la conjoncture économique et financière en Europe.

En Italie, les élections générales doivent renouveler le Parlement, ainsi que le gouvernement.

Les sondages montrent, avant tout, un électorat très divisé.

La coalition de droite, emmenée par l’ancien Premier ministre, Sylvio Berlusconi, est créditée d’une certaine avance. Mais celle-ci apparait hétéroclite et, sauf surprise, peu susceptible d’emporter la majorité absolue des sièges à la Chambre des députés.

Quel que soit le résultat, il est probable qu’il faille attendre un certain temps avant de connaître le nom du futur Premier ministre italien, et surtout la politique qu’il sera en mesure de mener.

En Allemagne, la question est de savoir si une grande coalition de gouvernement (« GroKo ») va à nouveau pouvoir fonctionner.

Les sondages, ainsi que les marchés, accréditent l’hypothèse d’un quatrième mandat pour Angela Merkel, avec l’appui des deux grands partis traditionnels que sont la CDU/CSU, de droite, et le SPD de centre-gauche.

Une plateforme commune a été négociée et soumise aux votes des membres du SPD.

En cas de rejet, il est probable que les marchés connaissent un regain de volatilité, notamment sur les compartiments du change (euro-dollar) et des dettes publiques…

Une acceptation serait considérée comme une bonne nouvelle, notamment pour les partisans du renforcement de l’Europe, au premier rang desquels le président français Emmanuel Macron.

Le programme commun de la grande coalition fait en effet de la relance du processus européen et de la coopération avec la France un objectif prioritaire.

Il s’agissait d’une demande du SPD, qui hériterait par ailleurs du ministère des Finances et de celui des Affaires étrangères, deux portefeuilles clés dans les négociations qui se tiennent à Bruxelles.

Si tout cela se confirme, quelques chantiers pourraient à nouveau avancer (cf. notre revue Conjoncture de janvier 2018).

Poussé par la France et la Commission européenne, le projet de transformation du Mécanisme européen de stabilité en un véritable Fonds monétaire européen, jouissant de moyens et prérogatives étendus, serait soutenu par l’Allemagne.

D’autres propositions, telles que la création d’un outil de soutien aux réformes structurelles ou d’un mécanisme de stabilisation des fluctuations économiques, trouveraient un écho plus favorable.

Au niveau de l’Allemagne elle-même, la politique menée par la grande coalition serait de nature un peu plus pro-cyclique. Le programme envisage en effet une impulsion budgétaire d’environ 65 milliards d’euros sur quatre ans, qui prendrait surtout la forme d’une augmentation des dépenses pour les infrastructures, l’éducation, la transformation numérique…

Des marges de manoeuvre existent pour cela, et les grands équilibres budgétaires seraient, malgré tout, préservés (pas de retour aux déficits, poursuite de la réduction de la dette rapportée au PIB).

Grande coalition ou pas, l’Allemagne reste l’Allemagne…

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