Samsung Electronics MENA a annoncé le déploiement en arabe du filtrage d’appels (Call Screening), l’une des fonctionnalités les plus utilisées au quotidien de sa suite Galaxy AI. Les utilisateurs arabophones peuvent désormais faire filtrer par l’intelligence artificielle les appels provenant de numéros inconnus, directement dans leur langue. Au-delà de l’aspect pratique, cette annonce illustre la manière dont les grands constructeurs transforment la localisation linguistique de l’IA en avantage concurrentiel sur des marchés à forte croissance comme le Maghreb et le Golfe.
Une fonctionnalité pensée pour réduire la friction du quotidien
Le filtrage d’appels repose sur un principe simple : plutôt que de laisser l’utilisateur deviner qui appelle et s’il doit décrocher, Galaxy AI prend en charge la conversation. L’assistant accueille l’appelant, lui demande de préciser son identité et le motif de l’appel, puis restitue les réponses sous forme de transcription en direct à l’écran. L’utilisateur garde la main à tout moment et peut ainsi écarter facilement démarchage commercial, spam et sollicitations sans intérêt.
L’arabe, un enjeu de taille pour l’IA régionale
Le choix de Samsung n’a rien d’anodin. Dans la région MENA, l’arabe rivalise avec l’anglais comme langue la plus fréquemment configurée sur les smartphones, ce qui en fait un passage obligé pour tout acteur souhaitant que ses outils d’IA soient réellement adoptés par le grand public plutôt que cantonnés à une élite anglophone. Pour les investisseurs et décideurs qui suivent la dynamique du marché des smartphones au Maghreb, cette bascule linguistique conditionne directement la taille de l’audience effectivement captée par les fonctionnalités IA les plus avancées.
Localiser plutôt que simplement traduire
Kyunghwan Brian Cha, vice-président exécutif de Samsung Electronics MENA, résume la philosophie du groupe : « Nous pensons que l’IA la plus puissante est celle que l’on remarque à peine, qui travaille en arrière-plan pour faciliter les moments du quotidien. » Il ajoute que l’ajout de l’arabe au filtrage d’appels traduit une conviction plus large : la technologie doit s’adapter aux usages locaux, et non l’inverse. Cette approche distingue Samsung des stratégies de traduction pure, où une fonctionnalité conçue ailleurs est simplement transposée dans une nouvelle langue sans adaptation aux usages réels.
Un déploiement déjà étendu à une large gamme d’appareils
Le filtrage d’appels en arabe est disponible pour les utilisateurs sous One UI 8.5 ou version ultérieure. Il couvre notamment les séries Galaxy S26 et Galaxy S25, les modèles pliables Galaxy Z Fold7 et Galaxy Z Flip7, le Galaxy TriFold, ainsi que la Galaxy Tab S11, qui bénéficient de l’expérience complète incluant le flux interactif à l’écran. La fonctionnalité s’étend également au Galaxy S25 FE, au Galaxy Z Flip7 FE, à la série Galaxy S24, au Galaxy S24 FE et au Galaxy Z Flip6.
Ce que cela signifie pour le marché MENA
Pour Samsung, la localisation de Galaxy AI ne se limite pas à un geste ponctuel : elle s’inscrit dans un effort continu visant à multiplier les fonctionnalités pensées spécifiquement pour la région. Dans un marché où la concurrence sur l’intelligence artificielle embarquée s’intensifie, la capacité à proposer une expérience réellement adaptée aux langues et usages locaux devient un critère de différenciation commercial, autant qu’un signal envoyé aux régulateurs et partenaires locaux quant à l’engagement du groupe coréen sur le long terme dans la région.
