France–États-Unis : Paris appelle ses industriels à différer leurs investissements pour peser dans les négociations commerciales

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La France appelle ses industriels à reporter leurs investissements aux États-Unis pour peser dans les négociations commerciales

Dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre l’Europe et les États-Unis, la France intensifie sa stratégie de riposte. Eric Lombard, Le ministre français de l’Économie, des Finances, de l’Industrie et du Numérique, a lancé un appel clair aux industriels français : reporter leurs projets d’investissement aux États-Unis afin d’influencer le cours des négociations sur les nouveaux droits de douane imposés par Washington.

Lors d’une interview accordée au Journal du Dimanche, publiée samedi soir, Eric Lombard a précisé la position de la France. Il a souligné qu’il ne s’agissait en aucun cas d’un appel au boycott des produits américains. « Ces mouvements relèvent de l’initiative citoyenne. Ce n’est pas au ministre de l’Économie d’appeler au boycott. Mon rôle, c’est de mener la réponse institutionnelle, ferme, coordonnée, responsable », a-t-il déclaré.

Un appel au patriotisme économique

Toutefois, le message est clair : la France attend de ses industriels une démonstration de solidarité économique face aux tensions actuelles. « Ce que nous faisons, en revanche, c’est demander aux industriels français qui prévoyaient des investissements aux États-Unis de les reporter. Nous avons appelé les entrepreneurs à faire preuve de patriotisme économique pour peser dans la négociation », a insisté Eric Lombard. Cette demande vise à exercer une pression économique afin de favoriser une issue favorable aux discussions transatlantiques.

Des conséquences économiques à surveiller de près

Interrogé sur les répercussions potentielles de cette guerre commerciale, Eric Lombard a jugé qu’il était encore prématuré de réviser les prévisions de croissance. « Il faut attendre car tout dépendra de l’issue des discussions en cours : si nous n’obtenons pas la levée des droits de douane américains et que nous devons appliquer nos propres mesures, il y aura un impact négatif sur la croissance — c’est évident », a-t-il expliqué. À l’inverse, un accord équilibré, obtenu dans un délai raisonnable, pourrait renforcer la confiance des acteurs économiques.

Des mesures de rétorsion à l’étude au niveau européen

Face aux mesures américaines, plusieurs options sont actuellement examinées par la France et ses partenaires européens. Parmi celles évoquées par Eric Lombard figurent le renforcement de certaines exigences environnementales, une régulation plus stricte de l’usage des données personnelles par les géants du numérique, ainsi qu’une fiscalité ciblée sur certaines activités américaines. « Toutes ces options, le cadre européen nous y autorise et elles sont en cours de discussion », a-t-il indiqué, précisant toutefois qu’aucune décision définitive n’avait encore été prise à ce stade.

Un conseil des entreprises convoqué le 14 avril à Bercy

Pour soutenir les entreprises françaises les plus exposées aux effets de la hausse des droits de douane, un conseil des entreprises se tiendra le 14 avril prochain à Bercy. Cette réunion, présidée par Eric Lombard, vise à instaurer un dialogue régulier entre les pouvoirs publics et les secteurs impactés, afin de mettre en place des mesures d’accompagnement ciblées.

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