Les Bourses européennes ont terminé dans le désordre, l’inflation inquiète

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Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé jeudi et la tendance était négative à la mi-séance à Wall Street, les marchés d’actions étant rattrapés par les craintes inflationnistes après l’annonce d’une accélération de la hausse des prix à la consommation en janvier aux Etats-Unis.

À Paris, le CAC 40 a fini en repli de 0,41% à 7.101,55 points. Le Footsie britannique a en revanche pris 0,38% et le Dax allemand 0,05%.

L’indice EuroStoxx 50 a reflué de 0,17%, le FTSEurofirst 300 de 0,3% et le Stoxx 600 de 0,21%.

L’indice des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis a progressé de 0,6% le mois dernier par rapport à décembre et de 7,5% sur un an, le rythme le plus élevé depuis février 1982. L’inflation dite de base (« core CPI ») s’est pour sa part établie à 0,6% sur un mois et à 6,0% sur un an, son niveau le plus élevé depuis août 1982.

Cette accélération plus forte que prévu fait craindre un durcissement plus rapide de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, certains analystes tablant désormais sur un relèvement de 50 points de base des taux d’intérêt aux Etats-Unis le mois prochain.

En Europe, alors que Luis de Guindos, le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), a assuré jeudi que l’institution ne relèverait son principal taux que « si et quand » l’inflation se stabilisera à son objectif de 2%, les rendements obligataires, déjà à des plus hauts de plusieurs années, continuent de monter.

L’inflation en zone euro a atteint 5,1% en janvier sur un an et la Commission européenne a nettement relevé jeudi sa prévision d’inflation pour cette année à 3,5% contre une précédente estimation à 2,2%.

Elle a parallèlement revu à la baisse sa prévision de croissance économique pour la zone euro cette année à 4,0% du produit intérieur brut (PIB) contre 4,3% en novembre, en raison, dit-elle, de la pandémie de COVID-19, des prix élevés de l’énergie et des perturbations sur l’offre.

VALEURS EN EUROPE
En Europe, plusieurs publications de résultats trimestriels d’entreprises ont également animé la tendance, notamment celle du groupe industriel allemand Siemens, qui a dégagé sur les trois derniers mois de l’année un bénéfice supérieur aux prévisions, tandis qu’Atos a annoncé une charge de dépréciation d’actifs de 2,4 milliards d’euros.

Siemens a gagné 4,7%, sa meilleure performance en séance depuis près de 13 mois, tandis qu’Atos a cédé 4,5%, pesant sur le compartiment technologique européen (-1,05%) déjà affecté par les derniers chiffres de l’inflation américaine.

A Paris, ArcelorMittal (-1,1%), l’Oréal (-1,9%) et TotalEnergies (-0,8%) ont également terminé dans le rouge après leurs publications.

Dans le secteur bancaire, Credit Suisse a cédé 6,6% en raison d’un creusement de ses pertes au quatrième trimestre, tandis que les résultats de Société Générale (+3,2%) et Crédit Agricole (+1,3%) ont été salués.

Le spécialiste de l’immobilier commercial Unibail-Rodamco-Westfield a bondi de 7,9% à la faveur de sa prévision de bénéfice annuel et Dassault Aviation (+5,08%) a bénéficié de l’annonce d’une commande de 42 Rafale par l’Indonésie.

A Londres, l’annonce par AstraZeneca d’une accélération attendue de ses ventes pour cette année a permis au laboratoire de gagner 3,4%, tandis qu’Unilever (-1,2%) a pâti de son alerte quant à l’impact de l’inflation sur ses marges.

Hors résultats, EDF a gagné 0,7% après l’annonce par Emmanuel Macron de ses projets de renouvellement du parc nucléaire français, avec au passage un accord avec General Electric pour le rachat des turbines à vapeur Arabelle, et Vodafone (-0,7%) a déclaré avoir rejeté une marque d’intérêt de la part d’Iliad et du fonds Apax pour ses activités en Italie.

A WALL STREET
Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones recule de 0,4%, le Standard & Poor’s 500 de 0,6% et le Nasdaq de 0,8%, les indices étant plombés notamment par le reflux des poids lourds du numérique, très sensibles à l’évolution des taux.

Apple, Alphabet, Microsoft et Amazon, abandonnent de 1% à 2,1%, tandis que leur indice sectoriel perd 1,4%.

Twitter (+0,3%) résiste au marasme des « techs » grâce à l’annonce d’un nouveau programme de rachats d’actions de quatre milliards de dollars.

Walt Disney, en hausse de 4%, est porté par une forte croissance du nombre de ses abonnés à ses services de « streaming ».

Côté baisse, Pepsico reflue de près de 2% après ses résultats, tandis que son concurrent Coca-Cola gagne 1,8% après ses publications.

Sur le plan sectoriel, le compartiment bancaire (+1,2%) et celui de l’énergie (+1%) comptent parmi les plus importantes hausses.

LES INDICATEURS DU JOUR
Les inscriptions au chômage aux Etats-Unis ont diminué plus que prévu la semaine dernière à 223.000 contre 239.000 (révisé) la semaine précédente.

CHANGES
Sur le marché des changes, l' »indice dollar », qui mesure les variations du billet vert, est volatil après les chiffres de l’inflation. En hausse de 0,38% juste après la publication de cet indicateur, il recule de 0,25% à la clôture des Bourses européennes, les cambistes intégrant le fait que les autres banques centrales vont également s’attaquer à l’inflation.

« L’indice CPI a non seulement réellement changé les attentes s’agissant de la Fed, mais il a également un impact sur le rythme de la politique de la BoE », note Edward Moya, analyste de marché chez OANDA, faisant référence à la Banque d’Angleterre.

L’euro monte de 0,55% à 1,1486 dollar.

TAUX
Le rendement des Treasuries à 10 ans gagne 8,7 points de base à 2,0136%, passant au-dessus de 2% pour la première fois depuis août 2019.

Son équivalent allemand de même échéance a fini en hausse de 7,5 points à 0,295%, tandis que le taux à cinq ans, qui est passé vendredi pour la première fois depuis 2018 en territoire positif, a avancé de 6,8 points à 0,036%.

Le rendement de l’OAT à dix ans a pris 8,4 points à 0,758%.

PÉTROLE
Les cours pétroliers restent orientés à la hausse après l’annonce par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) d’une baisse surprise des stocks de brut américains la semaine dernière.

Le baril de Brent progresse de 1,5% à 93 dollars et le brut léger américain gagne 2,2% à 91,6 dollars.

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