vendredi, décembre 4, 2020

Chokri Najjar: Cuir et chaussure, un secteur à bout de souffle

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La crise due au Coronavirus risque de porter le coup de grâce au secteur des industries du cuir et de la chaussure(ICC), déjà en difficulté en raison des problèmes financiers et de l’absence de mesures adéquates, a déclaré Chokri Najjar, directeur des Stratégies et de la Communication du Centre National du Cuir et de la Chaussure(CNCC).

« Si nous devions continuer sur cette lancée, les entreprises opérant dans le secteur des ICC vont finir par mettre la clé sous la porte », a-t-il affirmé dans une interview accordée à l’Agence TAP.

A fin octobre 2020, le secteur compte 224 entreprises, dont 7% ont déjà mis la clé sous la porte, a indiqué le responsable, ajoutant «qu’entre 5 et 8 mille emplois ont déjà disparus, depuis mars 2020». De même, le nombre d’artisans a enregistré une baisse passant de 15 mille avant la Révolution de 2011, à seulement 3 mille actuellement à cause des répercussions du Covid 19 et de l’absence de visibilité.

S’agissant des exportations, les performances du secteur n’ont pas échappé aux retombées de la pandémie et du confinement général, avec une baisse de 28,6%, au cours des 9 premiers mois 2020, soit 911,6 millions de dinars(MD), contre 1276,6 MD, enregistrés durant la même période de l’année 2019. Les importations ont connu le même rythme descendant (-30%), au cours de 9 premiers mois 2020, pour se situer à 619,4 MD.

Chaussures : Un marché local envahi par les importations illégales

Najjar a souligné qu’en 2019, la demande de la consommation locale en chaussures a été évaluée à près de 40 millions de paires par an, sachant que la production locale ne couvre que 47% du marché dont 30% fabriquée par les artisans et 17% provenant de la production industrielle.

D’après les résultats d’une nouvelle enquête élaborée par le CNCC sur l’impact de la pandémie du coronavirus sur la situation des entreprises du secteur ICC, près de 80% de la demande locale est assurée à partir de l’importation, dont 65% proviennent des importations illégales et la commercialisation des chaussures de fripe.

Cette proportion illustre, selon lui, « l’ampleur du circuit informel et explique les répercussions de la pandémie sur le secteur en termes de fermetures d’entreprises et de suppression d’emplois ». Pour le responsable, l’impact de l’interruption de la production pendant le confinement et l’absence de mesures exceptionnelles en faveur des entreprises pour faire face à la pandémie, expliquent la grave crise qui gangrène le secteur.

« Face à cette situation, le taux d’endettement des artisans et des petites et moyennes entreprises est actuellement estimé à 80% et un grand nombre d’artisans et entreprises ont cherché à vendre leurs biens pour rembourser leurs dettes », a révélé la même enquête du CNCC.

Pour remédier à la situation actuelle du secteur, le responsable a souligné que le CNCC, en collaboration avec la Fédération nationale de cuir et chaussures, ont appelé à suspendre les poursuites judiciaires contre les entreprises et les artisans endettés auprès de la CNSS et les bureaux de la recette des finances. Il s’agit également d’intervenir auprès des instances compétentes pour rééchelonner ces dettes avec exonération du paiement des pénalités de retard.

Ils ont, en outre, plaidé pour une application rigoureuse de la loi interdisant l’importation et la commercialisation des chaussures usagées, et à assurer le fonctionnement des commissions régionales chargées du contrôle de l’importation illégale, outre le renforcement des opérations de contrôle technique à l’importation et la soumission des importations de chaussures à un cahier des charges à l’instar des articles médicaux,des pneus, du mobilier et la céramique.

Le CNCC et la fédération ont mis l’accent sur la nécessité d’une Intervention auprès de la Banque tunisienne de solidarité(BTS) pour accorder aux artisans et PME des crédits de 10 mille dinars afin de les aider à surmonter leurs difficultés financières.

Autre recommandation exprimée par les professionnels, exonérer les importateurs du paiement des droits de douanes appliqués à l’importation des composants et intrants nécessaires pour le secteur des industries du cuir.

Une étude stratégique du secteur ICC à l’horizon 2030

Malgré la situation difficile du secteur, des opportunités de relance existent, révèle une étude stratégique finalisée en mars 2020 et approuvée par le comité de pilotage en juin 2020. Cette étude a proposé une vision pour le développement de l’industrie tunisienne du Cuir et de la Chaussure intitulé : « Disposer, à l’horizon de 2030, d’un secteur ICC compétitif sur le marché local et à l’export, basé sur une offre de produits diversifiée et une valeur ajoutée plus importante ».

Les principaux objectifs de cette vision visent à développer les exportations du secteur ICC pour atteindre environ 1 milliard d’euros en 2030 , à augmenter la part de la Tunisie sur le marché de l’UE pour les chaussures qui devra passer de 1,8% (2017) à 2,5% en 2030 et à créer plus de 20 mille emplois à l’horizon 2030, soit une hausse du nombre d’emplois de plus de 50%.

Il s’agit, également, d’améliorer la valeur ajoutée de la filière, renforcer la part de la production locale sur le marché intérieur et diversifier les exportations en renforçant le positionnement de la Tunisie sur les marchés à fort potentiel.

Pour atteindre ces objectifs, les orientations stratégiques à adopter, selon cette étude, consistent à favoriser une concurrence loyale sur le marché local, améliorer la compétitivité des entreprises sur ce même marché et à l’export, développer et diversifier les exportations et promouvoir l’image de l’industrie locale sur le marché intérieur et à l’étranger, outre l’amélioration du dispositif d’appui au secteur et du cadre réglementaire.

Un plan d’action pour la période 2020- 2024 a été élaboré, également, moyennant une enveloppe estimée à 261 millions de dinars(MD) dont 96 MD à la charge de l’Etat et 165 MD à la charge du secteur privé. Ce plan comporte une cinquantaine de mesures à mettre en œuvre à court, moyen et long termes pour garantir la relance du secteur.

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