France : Le rattrapage conjoncturel se poursuit et la croissance resterait proche de 2 % en 2018

  • Le rattrapage conjoncturel se poursuit et la croissance resterait proche de 2 % en 2018
  • La hausse de la dette des entreprises continue et accroît la sensibilité à la remontée des taux

L’élan conjoncturel demeure fort. Le PIB a accéléré au T4-17 (0,7 % T/T), porté par l’investissement et la bonne tenue des exportations. Début 2018, les enquêtes de confiance des entreprises comme des ménages se maintiennent à des niveaux élevés.

Nous prévoyons que la croissance se maintiendra à 2 % en 2018 pour la 2e année consécutive, une performance inédite depuis 2006-2007. Elle ralentirait ensuite modestement à partir de 2019. La consommation privée sera le principal moteur de cette croissance. Les ménages vont bénéficier de la progression continue de l’emploi ainsi que du dynamisme des revenus de la propriété et de l’entreprise. Le pouvoir d’achat sera toutefois freiné en 2018 par la politique budgétaire (notamment la hausse de la CSG) et par la remontée modeste de l’inflation (tirée par les prix de l’énergie et du tabac). Il rebondirait en 2019.

Le dynamisme de l’investissement se modérerait en 2018 et surtout en 2019. L’investissement des ménages (essentiellement constitué de l’achat de logements neufs et des dépenses d’entretien-rénovation) reviendrait dès cette année à un rythme de croissance plus soutenable. De fait, il serait pénalisé par la légère hausse des taux d’intérêt et la progression des prix, qui dégradent les capacités d’achat de logements. L’investissement des entreprises resterait en revanche très dynamique en 2018 au vu du fort degré d’utilisation des capacités de production. Il bénéficierait d’ailleurs de la progression des exportations, même si une éventuelle appréciation du taux de change de l’euro serait un facteur clé de risque à surveiller.

Dans ce scénario, la hausse de l’endettement des entreprises et, dans une moindre mesure, des ménages, se poursuivrait. Si plusieurs facteurs nuancent la portée de cette tendance (hausse de la trésorerie des entreprises…), cette dernière est surveillée par les autorités macro-prudentielles car elle expose la France au risque d’une hausse plus rapide des taux d’intérêt.

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