Russie : la Baltique devient l’axe clé des exportations de carburants en décembre

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Malgré un durcissement inédit des sanctions occidentales et une intensification des attaques de drones ukrainiens contre ses raffineries, la Russie a enregistré en décembre un rebond marqué de ses exportations de carburants raffinés. Les flux ont atteint leur plus haut niveau depuis quatre mois, portés par une forte hausse des livraisons de diesel depuis les ports baltiques.

Les exportations russes de produits pétroliers ont atteint 2,15 millions de barils par jour en décembre, marquant leur plus haut niveau depuis quatre mois, selon les données de Vortexa Ltd. compilées par Bloomberg. Cette progression intervient dans un contexte de pressions multiples sur le secteur énergétique russe, entre sanctions occidentales renforcées et attaques répétées de drones ukrainiens sur les infrastructures de raffinage.

Sur un mois, les livraisons maritimes de carburants raffinés ont progressé d’environ 11 % par rapport à novembre, atteignant leur niveau le plus élevé depuis août. Cette dynamique est principalement attribuable à une envolée des expéditions de diesel et de gasoil, qui ont bondi de 36 % pour atteindre 988 000 barils par jour, un sommet de six mois.

Les ports de la Baltique, moteur de la reprise des flux

La croissance des exportations a été largement soutenue par les ports de la mer Baltique, où les livraisons ont augmenté de 41 % en décembre. Le port de Primorsk s’est imposé comme un hub central dans cette dynamique, compensant les perturbations internes du système de raffinage russe.

Les destinations finales confirment la reconfiguration des flux énergétiques russes. La Turquie est devenue le premier acheteur de diesel russe, représentant environ 36 % des exportations maritimes, suivie par le Brésil (18 %). Les livraisons vers l’Afrique du Nord sont également restées soutenues, malgré le renforcement des mécanismes de surveillance occidentaux.

Attaques de drones : un choc durable sur le raffinage russe

Cette hausse des exportations intervient alors que le secteur du raffinage russe est soumis à une pression militaire croissante. Depuis janvier 2025, l’Ukraine a ciblé au moins 21 des 38 principales raffineries russes, intensifiant ses frappes au fil des mois.

Le seul mois de novembre a recensé 16 attaques contre des installations pétrolières, provoquant des arrêts temporaires de production dans plusieurs sites stratégiques, notamment les raffineries de Saratov, Volgograd et Tuapse. Ces perturbations ont contribué à rediriger une partie des volumes initialement destinés au marché intérieur vers l’exportation.

Sanctions occidentales : un étau financier et logistique renforcé

Parallèlement, l’augmentation des flux s’inscrit dans un contexte de durcissement coordonné des sanctions occidentales. En octobre 2025, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne ont ciblé Rosneft et Lukoil, les deux plus grandes compagnies pétrolières russes, via des gels d’actifs, des interdictions de transactions et des restrictions à l’encontre de leurs partenaires commerciaux. Les périodes de transition prévues ont expiré fin novembre.

Le 19ᵉ paquet de sanctions de l’Union européenne a ensuite imposé une interdiction totale de transaction avec Rosneft, introduit des restrictions sur les importations de gaz naturel liquéfié russe et ajouté 117 navires à la liste de la flotte fantôme. À la mi-décembre, près de 600 pétroliers étaient sanctionnés pour leur implication présumée dans le contournement du plafonnement des prix du pétrole.

Des exportations solides, mais à un coût croissant

Malgré cet environnement contraint, les exportations de pétrole russe depuis les ports occidentaux sont restées proches de niveaux records. Les perturbations du raffinage intérieur ont paradoxalement favorisé une augmentation des volumes exportés de brut.

Cette résilience s’accompagne toutefois d’un coût économique significatif. Les décotes sur le brut Oural se sont fortement creusées, le baril s’échangeant autour de 34,52 dollars en décembre à Novorossiisk, un niveau proche des coûts de production estimés entre 25 et 40 dollars le baril, réduisant mécaniquement les marges du secteur.

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