Acier européen : les exportations vers les États-Unis chutent de 34 % sous l’effet des droits de douane Trump

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Depuis le doublement des droits de douane américains sur l'acier en juin 2025, les exportations européennes vers les États-Unis ont dégringolé de 34 %, selon Eurofer. Les négociations sur des contingents tarifaires piétinent, pendant que l'UE tente de protéger son propre marché d'un afflux d'acier mondial détourné.

Un recul brutal qui illustre l’impact durable des tarifs Trump

En moins d’un an, la politique commerciale de l’administration Trump a profondément reconfiguré les flux d’acier entre l’Europe et les États-Unis. Selon de nouvelles données publiées par Eurofer, l’association européenne de la sidérurgie, les exportations d’acier de l’Union européenne vers le marché américain se sont établies à seulement 1,94 million de tonnes métriques au cours des trois trimestres ayant suivi la hausse tarifaire — soit un repli de 34 % par rapport aux volumes antérieurs.

Ce chiffre illustre l’ampleur des dommages causés par la décision de Washington, entrée en vigueur en juin 2025, de porter les droits de douane sur l’acier et l’aluminium de 25 % à 50 %. La mesure a également supprimé d’un coup l’ensemble des exemptions de produits et quotas tarifaires que Bruxelles avait laborieusement négociés par le passé.

Des allègements partiels qui ne suffisent pas à inverser la tendance

Dans le cadre de l’accord commercial plus large conclu en juillet 2025, Washington a accepté d’abaisser à 15 % les droits applicables à certains produits dérivés de l’acier destinés aux fournisseurs européens. Mais pour des articles courants comme les réfrigérateurs, les tondeuses à gazon ou les composants ferroviaires, le tarif reste bloqué à 25 %.

Eurofer avait dès le départ tiré la sonnette d’alarme : les droits à 50 % mettaient en péril 3,8 millions de tonnes supplémentaires d’exportations européennes, au-delà des volumes déjà fragilisés par les tarifs précédents. Les données du second semestre 2025 — qui montraient déjà une chute de 30 % — et le glissement supplémentaire à 34 % confirment que l’érosion de l’accès au marché américain s’est accentuée, sans signe de stabilisation.

Des négociations sur les quotas au point mort

Sur le front diplomatique, les avancées restent symboliques. Une déclaration commune publiée en août 2025 par l’UE et les États-Unis évoquait la volonté des deux parties d’« examiner la possibilité de coopérer pour protéger leurs marchés intérieurs respectifs », notamment via des solutions de contingents tarifaires. Mais pour les sidérurgistes européens, ces engagements n’ont encore produit aucun résultat concret.

Les discussions achoppent sur la définition de mécanismes mutuellement acceptables, dans un contexte où les priorités industrielles américaines — relocalisation, protection des emplois dans la sidérurgie — rendent toute concession politiquement délicate à Washington.

L’UE se barricade face à l’acier mondial détourné

Les perturbations engendrées par la guerre commerciale transatlantique ont une conséquence collatérale : l’acier initialement destiné au marché américain se réoriente massivement vers l’Europe, accentuant la pression sur les producteurs locaux.

En réponse, le Parlement européen a adopté en mai 2026 un nouveau dispositif de protection réduisant de 47 % les importations d’acier en franchise de droits, les plafonnant à 18,3 millions de tonnes métriques par an. Au-delà de ce seuil, un tarif de 50 % s’appliquera. Ces mesures, qui entrent en vigueur le 1er juillet prochain, remplacent les mécanismes de sauvegarde existants et introduisent des règles de traçabilité renforcées pour prévenir tout contournement.

Les sidérurgistes européens se trouvent ainsi pris en étau : exclus du marché américain par des barrières douanières prohibitives, ils font face simultanément à une concurrence étrangère accrue sur leur propre sol.

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