L’OCDE révise à la baisse ses prévisions : la croissance mondiale chute à 2,9% en 2025

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L'Organisation de coopération et de développement économiques tire la sonnette d'alarme sur l'état de l'économie mondiale. Dans ses dernières prévisions publiées mardi, l'OCDE anticipe un ralentissement significatif de la croissance mondiale à 2,9% en 2025, marquant la plus faible expansion économique depuis la pandémie de COVID-19. Cette révision drastique s'explique principalement par l'impact des politiques tarifaires agressives du président Donald Trump sur les échanges commerciaux internationaux.

Une révision à la baisse préoccupante des perspectives économiques

L’organisation parisienne a considérablement revu ses estimations précédentes, abandonnant la prévision de 3,1% établie en mars dernier. Cette correction de 0,2 point de pourcentage reflète une détérioration rapide du climat économique international. La croissance attendue de 2,9% pour 2025 contraste également avec les 3,3% enregistrés en 2024, illustrant un net ralentissement de l’activité économique mondiale.

Les experts de l’OCDE justifient cette révision par des « augmentations substantielles » des barrières commerciales et une incertitude politique croissante. Ces facteurs auront des « effets nettement défavorables sur la croissance » si la situation perdure, selon l’analyse de l’organisation basée à Paris.

L’offensive tarifaire de Trump bouleverse l’économie mondiale

La stratégie commerciale agressive mise en œuvre par Donald Trump depuis avril a profondément ébranlé les marchés financiers et restructuré le paysage économique international. Le président américain a instauré un tarif de base de 10% sur l’ensemble des importations mondiales, complété par des droits de douane plus élevés ciblant des dizaines de pays spécifiques.

Bien que certaines mesures aient été temporairement suspendues jusqu’en juillet pour permettre des négociations, l’impact sur la confiance des investisseurs et la stabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales reste considérable. Cette guerre commerciale moderne redessine les flux d’échanges internationaux et génère une volatilité sans précédent sur les marchés.

Les États-Unis en première ligne de la récession

« Les perspectives mondiales deviennent de plus en plus difficiles », souligne l’OCDE dans ses dernières perspectives économiques, publiées lors de sa réunion ministérielle parisienne. Les États-Unis subissent la révision à la baisse la plus sévère, avec des prévisions de croissance chutant dramatiquement de 2,2% à 1,6% pour 2025.

Cette correction majeure de 0,6 point illustre l’effet boomerang des politiques protectionnistes américaines. L’économie du pays initiateur de la guerre commerciale se trouve paradoxalement parmi les plus pénalisées par les mesures qu’elle a elle-même mises en place.

Consensus d’experts sur un ralentissement historique

Morgan Stanley Research corrobore les inquiétudes de l’OCDE, anticipant que l’économie mondiale connaîtra « sa croissance la plus faible en 2025 depuis la pandémie de Covid ». Seth Carpenter, économiste en chef mondial du prestigieux cabinet, lance un avertissement particulièrement alarmant : « les dégâts économiques sont en cours, et même l’annulation totale des tarifs ne permettrait pas de rétablir la croissance mondiale à son niveau d’avant leur mise en place ».

Cette analyse suggère que les répercussions des tensions commerciales actuelles pourraient avoir des effets durables sur la structure économique mondiale, bien au-delà de la période d’application des tarifs douaniers.

Géographie contrastée du ralentissement économique

La cartographie du ralentissement révèle des disparités régionales significatives. Le fléchissement se concentrera principalement aux États-Unis, au Canada, au Mexique et en Chine, tandis que d’autres économies subiront des ajustements plus modérés.

La Chine, deuxième économie mondiale, verra sa croissance passer de 5,0% en 2024 à 4,7% en 2025, soit une baisse de 0,3 point. Cette décélération de l’économie chinoise aura des répercussions mondiales compte tenu de son poids dans les échanges internationaux.

L’Europe fait preuve de résilience relative

Contrairement aux économies nord-américaines et asiatiques, la zone euro démontre une capacité de résistance remarquable. Les prévisions indiquent même un léger renforcement de la croissance européenne, passant de 0,8% en 2024 à 1,0% en 2025.

Cette performance relative de l’Europe s’explique par une diversification commerciale plus importante et une moindre exposition directe aux tensions sino-américaines. Toutefois, cette résilience pourrait être mise à l’épreuve si Trump met à exécution sa menace d’imposer des droits de douane de 50% à l’Union européenne.

Négociations cruciales en cours

Les négociateurs commerciaux américains et européens s’apprêtent à tenir des discussions déterminantes en marge de la réunion de l’OCDE. Ces pourparlers interviennent dans un contexte de haute tension, après les menaces tarifaires de 50% brandies par Trump contre l’Union européenne.

Parallèlement, le Groupe des Sept économies les plus développées se réunit pour aborder spécifiquement les questions commerciales, témoignant de l’urgence de la situation économique internationale.

L’appel à la coopération d’Alvaro Pereira

« Pour tout le monde, y compris les États-Unis, la meilleure option est que les pays s’assoient et parviennent à un accord », déclare à l’AFP Alvaro Pereira, chef économiste de l’OCDE. Cette déclaration souligne l’importance cruciale du dialogue multilatéral dans la résolution des tensions commerciales actuelles.

L’expert ajoute qu' »éviter une fragmentation commerciale supplémentaire est absolument essentiel dans les prochains mois et années ». Cette mise en garde reflète les craintes d’une balkanisation durable de l’économie mondiale si les tensions persistaient.

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