Le textile face au choc du Covid:  2020, année la plus difficile pour le secteur depuis 20 ans

« C’est aberrant aujourd’hui de travailler sur un seul créneau, un seul marché et un seul produit. C’est clairement suicidaire ! », selon le chef d’entreprise et le membre du comité directeur de l'IACE, Nafaa Ennaifer

L’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE) vient d’organiser un webinaire sous le thème : « Gérer la sous-alimentation de la chaine de production du secteur du textile et le risque de perte d’emplois ». L’objectif de ce webinaire est d’identifier la réaction et les stratégies des professionnels pour faire face au dilemme de sous-alimentation de leur chaine de production tout en préservant le savoir-faire, les compétences acquises et les postes d’emploi. Le secteur du textile en Tunisie, comme presque tous les autres secteurs, a été lourdement frappé par la pandémie.

La période du confinement a entrainé la rupture de la chaine d’approvisionnement, la réduction de la demande voire même l’annulation des ordres de commandes pour les entreprises exportatrices. Au moment présent, les entreprises se trouvent en situation de cessation de paiement et de diminution des commandes.

Le chef d’entreprise et le membre du comité directeur de l’IACE, Nafaa Ennaifer, a souligné que c’est aberrant aujourd’hui de travailler sur un seul créneau, un seul marché et un seul produit. C’est clairement suicidaire et cette crise doit nous réveiller par rapport à cet impératif. « Il ne faut pas attendre des miracles. Si on ne change rien, rien ne changera », a-t-il précisé.

La crise sanitaire va contribuer à redistribuer la carte des allocations

Lors de son témoignage sur les difficultés rencontrées par l’entreprise qu’il dirige, lors de la première vague de l’épidémie, le directeur général de Tunicotex, Haithem Laajili, a précisé que 2020 est l’année la plus difficile depuis 20 ans. Il a expliqué qu’au moment où on a entamé le pic de la production, les annulations des commandes pleuvaient sur l’entreprise. « On avait vraiment risqué la faillite. Maintenant, avec la seconde vague et l’apparition des cas d’infection parmi les employés, il y a un nouveau stress et un nouveau défi. On doit savoir assurer une bonne gestion des ressources humaines, notamment avec l’application du protocole sanitaire », déclare M. Laajili. Quant aux perspectives du secteur, le responsable a fait savoir que la Tunisie pourrait saisir énormément d’opportunités qui vont se présenter dans les prochains mois et les trois années à venir, parce que la crise du Covid-19 va contribuer à redistribuer la carte des allocations. Et d’ajouter : « J’insiste sur le changement d’orientations et de positionnement produits par rapport à la masse des entreprises tunisiennes. Il faut se repositionner plus en haut. Il faut également remonter la gamme. Je recommande, aussi, de faire confiance aux jeunes diplômés tout en les mettant sur les bons rails.

Il faudrait mettre en œuvre une stratégie d’augmenter le nombre d’entreprises locomotives ».

La moitié des entreprises de confection accusent une baisse entre 20% et 60% de leurs chiffres d’affaires

Selon une étude d’impact de la crise sur le secteur du textile, qui a été menée par la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement (FTTH) et le centre du Commerce international Suisse, plus de la moitié des entreprises de confection ont accusé une baisse entre 20% et 60% de leurs chiffres d’affaires. Seules 6% de ces unités déclarent qu’elles ont assez de visibilité. A la sortie de la première vague de la pandémie, 87% des entreprises restent en activités, 1% des entreprises ont été fermées. Les ¾ des entreprises du secteur ont connu une baisse d’activité supérieure à 60%. Tout simplement, avec la continuité de la propagation du COVID-19, le défi est énorme devant nos professionnels. Il faut préparer des plans ayant comme unique objectif : celui d’assurer la continuité d’activité et préserver les postes d’emplois.

SourceK.A
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