lundi, mars 1, 2021

Masque : La mauvaise gouvernance

Mohamed MAAZOUN Diplomé expert comptable de France. Membre de l’ordre des experts comptable de Tunisie Ex-commissaire aux comptes agrée près la cour d’appel de Paris

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L’affaire des masques est l’exemple même d’une gouvernance folklorique et/ou des soupçons de délinquance dans les rouages de l’état.

Finalement à cause d’une affaire mal gérée par le ministre de l’industrie S. BEN YOUSSEF, nous nous trouvons obligés d’importer des masques de chine et de les payer en devises.

Aussi, le ministre de l’industrie ne perd pas son temps car en même pas trois mois après sa nomination, il est soupçonné d’accumuler dans un seul dossier les délits qu’il réfute ? Dans cette affaire soit Monsieur BEN YOUSSEF est un incompétent ou un coupable ? Dans les deux cas, son maintien dans sa charge n’est pas dans l’intérêt du pays. Il faut arrêter de prendre les Tunisiens pour des idiots ou de leur imposer les faits accomplis

Intervention du chef de gouvernement à la télé

L. FAKHFAKH s’est adressé aux Tunisiens en des termes autoritaires pour leur imposer son soutien aveugle au ministre de l’industrie et ce sans attendre les résultats de la commission d’enquête.
Sa politique de partage du gâteau entre les partis politiques alors que les tunisiens souffrent de la misère et la prise en charge du dossier des masques pose des interrogations sur sa crédibilité.

Malgré que le rapport d’enquête mette en évidence la responsabilité du ministre de l’industrie, celui-ci continue d’avoir le soutien de L. FAKHFAKH et de M. ABBOU.
Le CDG avec seulement 0,3% de suffrage obtenu lors des dernières élections présidentielles va certainement donner raison au 99,70 % des électeurs qui ne l’ont pas choisi. Sa prestation jugée désastreuse en tant que Ministre des finances en 2013 le poursuit encore et semble-t-il, il continue selon la même ruineuse politique ?
Ce n’est pas ainsi qu’on gouverne un pays.

Comme on attend le rapport définitif, il est inutile d’énumérer les dépassements relatés dans le rapport provisoire.
Cependant, ce dossier sera probablement enterré.

Responsabilité du ministre de l’industrie Monsieur Salah BEN YOUSSEF

Ce marché juteux de 32 millions de masques a généré des délits de favoritisme et non-respect des procédures de la part du ministre de l’industrie qui malgré qu’il clame son innocence, semble être sérieusement mis en cause dans les réseaux sociaux et par la commission d’enquête.

Il aurait dû dès sa prise de fonction établir une stratégie pour organiser la fabrication des masques pour, non seulement fournir le marché local, mais aussi pour faire face à la forte demande mondiale et faire travailler nos ateliers de confection. Malheureusement, il était plutôt occupé pour faire profiter l’industriel ZAYATI d’une première commande de 2 millions de masques à un prix de 1,800 d.

Au Maroc, pays qui devient le deuxième exportateur de masques au monde et qui tient à la santé de sa population, le prix du masque vendu aux marocains a été fixé à 240 millimes

Par ailleurs les excuses du ministre laissent perplexe. (Espace Manager du 21/04/2020) :
« Je m’excuse si je me suis trompé … bien que je considère que je n’ai commis aucune faute mais je m’excuse quand même ».
Or si le ministre considère qu’il n’avait commis aucune faute, pourquoi il s’excuse et utilise le mot « quand même » ? En fait, il essaie de faire valoir son innocence et n’assume pas ses responsabilités.

D’après son CV, Monsieur BEN YOUSSEF n’est pas un profane mais un véritable connaisseur du monde des affaires et en maitrise les rouages. En fait,
-Monsieur BEN YOUSSEF est un comptable et commissaire aux comptes membre de la compagnie des comptables de Tunisie.
-il avait travaillé au cabinet comptable FINOR et au cabinet d’audit « howarth » avant de constituer son propre cabinet de comptable.
En tant que comptable, il a l’habitude de la précision, du respect de la loi et de la crédibilité dans ce qu’il dit et ce qu’il fait. C’est un professionnel spécialiste des procédures à qui on fait appel pour contrôler les entreprises, détecter les anomalies et même certifier leurs états financiers.
Avec ce profit, Monsieur BEN YOUSSEF ne peut se faire passer pour un nul en gouvernance et se décharger de toutes responsabilités.

Relation entre Le ministre de l’industrie et son fournisseur le député ZAYATI ?

Le ministre de l’industrie S. BEN YOUSSEF prétend ne pas connaitre le député et avait déclaré :
« Ce député s’est présenté uniquement en tant que chef d’entreprise ».

Monsieur BEN YOUSSEF, veut-il nous faire croire qu’il avait commandé, deux millions de masques sans avoir eu au préalable le dossier complet du fournisseur ? Comme s’il commandait une pizza ?

Le fournisseur et député ZAYATI est secrétaire général du parti politique AL BADIL, donc personnalité connue d’un ministre, en plus il semblerait que Messieurs ZAYATI et BEN YOUSSEF se sont, semble-t-il, connus au parti NIDA TOUNES. Comment peuvent-ils ne pas se connaitre ?

n’y a-t-il pas au moins un membre de son cabinet ou un de ses directeurs, qui ne lui a évoqué la qualité de député de ce fournisseur ?

Pour le député ZAYATI, « Réalité on line écrivait :

« Or ce dernier intervenant à Carthage+ dans la soirée du vendredi 18 avril 2020, a assuré que c’est le ministre de l’Industrie qui a demandé à son collègue du département du Commerce de le contacter au sujet d’une commande de 32 millions de bavettes. Ce contact a été établi depuis le 7 avril 2020, soit bien avant la mise en place du cahier de charges relatifs à la fabrication des masques. »

Comment est-ce possible qu’un ministre contacte son fournisseur avant la mise en place du cahier de charges ?
Encore, un délit d’initié et une tentative du ministre pour tromper l’opinion publique.

Quant à Monsieur ZAYATI, il ne peut pas ignorer qu’il concluait une transaction interdite, mais à priori ceci ne le gêne pas ?

Il est inadmissible que le parlement continue d’être un fief pour des députés qui ne respectent pas les lois et s’enrichissent illégalement en toute impunité. La saisie de la justice doit être la règle pour les nombreux députés délinquants. Un éminent de professeur de droit public S. BELAID a même estimé que la moitié des députés doivent être en prison !!! Il a certainement ses sources.

A force de vouloir faire le malin, le ministre de l’industrie accumule les bévues.
Cette affaire est tout simplement un scandale d’état

Mohamed MAAZOUN
Diplomé expert comptable de France.
Membre de l’ordre des experts comptable de Tunisie
Ex-commissaire aux comptes agrée près la cour d’appel de Paris

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