Masque : La mauvaise gouvernance

Date:

Mohamed MAAZOUN Diplomé expert comptable de France. Membre de l’ordre des experts comptable de Tunisie Ex-commissaire aux comptes agrée près la cour d’appel de Paris

L’affaire des masques est l’exemple même d’une gouvernance folklorique et/ou des soupçons de délinquance dans les rouages de l’état.

Finalement à cause d’une affaire mal gérée par le ministre de l’industrie S. BEN YOUSSEF, nous nous trouvons obligés d’importer des masques de chine et de les payer en devises.

Aussi, le ministre de l’industrie ne perd pas son temps car en même pas trois mois après sa nomination, il est soupçonné d’accumuler dans un seul dossier les délits qu’il réfute ? Dans cette affaire soit Monsieur BEN YOUSSEF est un incompétent ou un coupable ? Dans les deux cas, son maintien dans sa charge n’est pas dans l’intérêt du pays. Il faut arrêter de prendre les Tunisiens pour des idiots ou de leur imposer les faits accomplis

Intervention du chef de gouvernement à la télé

L. FAKHFAKH s’est adressé aux Tunisiens en des termes autoritaires pour leur imposer son soutien aveugle au ministre de l’industrie et ce sans attendre les résultats de la commission d’enquête.
Sa politique de partage du gâteau entre les partis politiques alors que les tunisiens souffrent de la misère et la prise en charge du dossier des masques pose des interrogations sur sa crédibilité.

Malgré que le rapport d’enquête mette en évidence la responsabilité du ministre de l’industrie, celui-ci continue d’avoir le soutien de L. FAKHFAKH et de M. ABBOU.
Le CDG avec seulement 0,3% de suffrage obtenu lors des dernières élections présidentielles va certainement donner raison au 99,70 % des électeurs qui ne l’ont pas choisi. Sa prestation jugée désastreuse en tant que Ministre des finances en 2013 le poursuit encore et semble-t-il, il continue selon la même ruineuse politique ?
Ce n’est pas ainsi qu’on gouverne un pays.

Comme on attend le rapport définitif, il est inutile d’énumérer les dépassements relatés dans le rapport provisoire.
Cependant, ce dossier sera probablement enterré.

Responsabilité du ministre de l’industrie Monsieur Salah BEN YOUSSEF

Ce marché juteux de 32 millions de masques a généré des délits de favoritisme et non-respect des procédures de la part du ministre de l’industrie qui malgré qu’il clame son innocence, semble être sérieusement mis en cause dans les réseaux sociaux et par la commission d’enquête.

Il aurait dû dès sa prise de fonction établir une stratégie pour organiser la fabrication des masques pour, non seulement fournir le marché local, mais aussi pour faire face à la forte demande mondiale et faire travailler nos ateliers de confection. Malheureusement, il était plutôt occupé pour faire profiter l’industriel ZAYATI d’une première commande de 2 millions de masques à un prix de 1,800 d.

Au Maroc, pays qui devient le deuxième exportateur de masques au monde et qui tient à la santé de sa population, le prix du masque vendu aux marocains a été fixé à 240 millimes

Par ailleurs les excuses du ministre laissent perplexe. (Espace Manager du 21/04/2020) :
« Je m’excuse si je me suis trompé … bien que je considère que je n’ai commis aucune faute mais je m’excuse quand même ».
Or si le ministre considère qu’il n’avait commis aucune faute, pourquoi il s’excuse et utilise le mot « quand même » ? En fait, il essaie de faire valoir son innocence et n’assume pas ses responsabilités.

D’après son CV, Monsieur BEN YOUSSEF n’est pas un profane mais un véritable connaisseur du monde des affaires et en maitrise les rouages. En fait,
-Monsieur BEN YOUSSEF est un comptable et commissaire aux comptes membre de la compagnie des comptables de Tunisie.
-il avait travaillé au cabinet comptable FINOR et au cabinet d’audit « howarth » avant de constituer son propre cabinet de comptable.
En tant que comptable, il a l’habitude de la précision, du respect de la loi et de la crédibilité dans ce qu’il dit et ce qu’il fait. C’est un professionnel spécialiste des procédures à qui on fait appel pour contrôler les entreprises, détecter les anomalies et même certifier leurs états financiers.
Avec ce profit, Monsieur BEN YOUSSEF ne peut se faire passer pour un nul en gouvernance et se décharger de toutes responsabilités.

Relation entre Le ministre de l’industrie et son fournisseur le député ZAYATI ?

Le ministre de l’industrie S. BEN YOUSSEF prétend ne pas connaitre le député et avait déclaré :
« Ce député s’est présenté uniquement en tant que chef d’entreprise ».

Monsieur BEN YOUSSEF, veut-il nous faire croire qu’il avait commandé, deux millions de masques sans avoir eu au préalable le dossier complet du fournisseur ? Comme s’il commandait une pizza ?

Le fournisseur et député ZAYATI est secrétaire général du parti politique AL BADIL, donc personnalité connue d’un ministre, en plus il semblerait que Messieurs ZAYATI et BEN YOUSSEF se sont, semble-t-il, connus au parti NIDA TOUNES. Comment peuvent-ils ne pas se connaitre ?

n’y a-t-il pas au moins un membre de son cabinet ou un de ses directeurs, qui ne lui a évoqué la qualité de député de ce fournisseur ?

Pour le député ZAYATI, « Réalité on line écrivait :

« Or ce dernier intervenant à Carthage+ dans la soirée du vendredi 18 avril 2020, a assuré que c’est le ministre de l’Industrie qui a demandé à son collègue du département du Commerce de le contacter au sujet d’une commande de 32 millions de bavettes. Ce contact a été établi depuis le 7 avril 2020, soit bien avant la mise en place du cahier de charges relatifs à la fabrication des masques. »

Comment est-ce possible qu’un ministre contacte son fournisseur avant la mise en place du cahier de charges ?
Encore, un délit d’initié et une tentative du ministre pour tromper l’opinion publique.

Quant à Monsieur ZAYATI, il ne peut pas ignorer qu’il concluait une transaction interdite, mais à priori ceci ne le gêne pas ?

Il est inadmissible que le parlement continue d’être un fief pour des députés qui ne respectent pas les lois et s’enrichissent illégalement en toute impunité. La saisie de la justice doit être la règle pour les nombreux députés délinquants. Un éminent de professeur de droit public S. BELAID a même estimé que la moitié des députés doivent être en prison !!! Il a certainement ses sources.

A force de vouloir faire le malin, le ministre de l’industrie accumule les bévues.
Cette affaire est tout simplement un scandale d’état

Mohamed MAAZOUN
Diplomé expert comptable de France.
Membre de l’ordre des experts comptable de Tunisie
Ex-commissaire aux comptes agrée près la cour d’appel de Paris

Partager l'article:

Articles Recents

S'abonner

VIDÉOS SPONSORISÉES
VIDÉOS SPONSORISÉES

00:00:30

OPPO Reno12 : L’Alliance Parfaite entre Design, Intelligence Artificielle et Performance

Les séries Reno12 d'OPPO marquent une avancée significative dans le domaine de la photographie mobile grâce à l'intégration poussée de l'intelligence artificielle.
00:02:15

Abdelaziz Makhloufi, PDG de Cho Group, met en lumière l’excellence de l’huile d’olive tunisienne sur BFM Business

Fort de son expertise reconnue dans le secteur oléicole, Abdelaziz Makhloufi, Président-directeur général du groupe Cho, a saisi l'opportunité de l'émission BFM Business pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'échelle internationale.
00:00:32

Lancement du nouveau Huawei Nova Y61

Huawei Consumer Business Group annonce le lancement du HUAWEI nova Y61, le plus récent smartphone de la série HUAWEI nova Y.

CONTENUS SPONSORISÉS
CONTENUS SPONSORISÉS

00:00:22

Samsung étend le déploiement de son interface One UI 9 aux Galaxy S26

Le déploiement de One UI 9 démarre sur les Galaxy S26, S26+ et S26 Ultra. Après les pliables Z Fold8 et Flip8, Samsung étend sa Galaxy AI enrichie et ses nouvelles fonctions de sécurité à davantage d'utilisateurs.

STAR Assurances : le bénéfice net bondit de 32% au premier semestre 2026, porté par le rebond de la branche Non-Vie

STAR Assurances enregistre au premier semestre 2026 un bénéfice net de 28,1 MD (+31,9%), porté par le rebond du résultat technique Non-Vie et une collecte de primes en hausse de 11%, malgré un recul de la rentabilité en Vie.

Attijari Leasing : le résultat net recule de 15,50 % au premier semestre 2026

Malgré une progression du produit net de leasing, Attijari Leasing voit son résultat net semestriel chuter de 15,50 % à 3,14 MD, pénalisé par le repli de l'affacturage et la hausse des charges d'exploitation.

SAH : le résultat d’exploitation bondit de 26,8 % au S1 2026, porté par l’export

SAH : chiffre d'affaires en hausse de 4,5 % à 230,5 MDT, résultat d'exploitation en bond de 26,8 % à 39,9 MDT, porté par les exportations vers la Libye, mais résultat net freiné par les charges financières et fiscales.

A lire également
A lire également

Fethi Nouri (BCT) plaide pour la coopération monétaire OCI

Fethi Nouri (BCT) appelle à Istanbul à une coopération monétaire renforcée entre pays de l'OCI face aux chocs géopolitiques en cascade.

Crédit sur l’honneur en Tunisie : le prêt à taux zéro entre en vigueur le 1er octobre 2026

Sans intérêt, sans garantie et sans frais de dossier : le crédit sur l'honneur doit faciliter l'accès au financement pour les Tunisiens exclus du système bancaire. Décryptage d'un mécanisme dont l'ampleur reste débattue.

Déficit commercial : la Tunisie encaisse un creusement à 17,8 milliards de dinars sur huit mois

Le déficit commercial de la Tunisie grimpe à 17,8 milliards de dinars sur les huit premiers mois de 2026. Le taux de couverture tombe à 71,4 %, son plus bas niveau depuis trois ans, malgré la résilience de l'agroalimentaire et des industries mécaniques à l'export.

Brent au-dessus de 100 dollars : les marchés mondiaux plongent face à l’escalade Iran–États-Unis

Le Brent au-dessus de 100 dollars a déclenché une correction boursière mondiale, de Wall Street à Sydney, ravivant les craintes inflationnistes et les anticipations de hausse des taux, avec un risque accru pour la facture énergétique du Maghreb.

Tunisie : Fitch Ratings confirme la note souveraine « B- », perspective stable

Fitch Ratings maintient la note souveraine de la Tunisie à « B- », perspective stable. Dette publique à 85 % du PIB, déficit budgétaire de 6,4 % et compte courant sous pression restent les principaux points de vigilance de l'agence.

Tunisie : les investissements industriels bondissent de 18 % au premier trimestre 2026

Le secteur industriel tunisien enregistre une hausse de 18 % de ses investissements au T1 2026 et la création de 13 000 emplois, signe d'une accélération du cycle de capitalisation industrielle dans le pays.

Inflation en Tunisie : le taux grimpe à 5,4% en août 2026, porté par l’alimentation

L'INS a publié le 9 septembre 2026 les chiffres de l'indice des prix à la consommation d'août : l'inflation grimpe à 5,4% sur un an, tirée par les prix alimentaires, en hausse de 7,5%, notamment la volaille (+16,5%) et la viande ovine (+14,7%).

Tourisme en Tunisie : 5,52 milliards de dinars de recettes sur les 8 premiers mois de 2026, la croissance ralentit

Avec 5,52 milliards de dinars de recettes sur les huit premiers mois de 2026, le tourisme tunisien entre dans une phase de croissance modérée. Le secteur voit son poids dans le PIB rester stable à 3,1 %.