Etats-Unis : Les indicateurs récents confirment la persistance d’une croissance robuste 

Date:

L’indice ISM non manufacturier a fait grimper les rendements des Treasuries : compte tenu de la dépendance de la forward guidance à l’égard des chiffres économiques, les marchés s’attendent à ce que la Fed ne reste pas inactive face à la vigueur particulière des données. Malgré le ralentissement de la croissance mondiale, en dehors des Etats-Unis, les rendements obligataires partout dans le monde ont emboîté le pas à leurs homologues américains. Le dollar s’est également raffermi, une mauvaise nouvelle pour les entreprises des pays en développement, dont beaucoup sont très endettées en dollar.

Selon les conclusions de la recherche dans ce domaine, trois facteurs déterminent la réaction des marchés obligataires aux nouvelles économiques, c’est-à-dire à la publication de données qui s’écartent des prévisions du consensus : la pertinence (la relation avec les déterminants économiques des rendements obligataires), l’actualité (la publication des résultats suit rapidement la collecte des données) et la robustesse (les révisions ultérieures sont limitées voire inexistantes). C’est la raison pour laquelle la première semaine du mois revêt autant d’importance avec la publication aux Etats-Unis des indices ISM manufacturier et non manufacturier ainsi que du rapport sur l’emploi. Or, ces trois indicateurs se classent tout en haut du tableau au regard de ces trois facteurs, même si les statistiques d’emploi font parfois l’objet d’importantes révisions.

Évolution intra journalière des rendements des trésoreries et EUR/USD

Graphique 1 | Source : Bloomberg, BNP Paribas

Les données de cette semaine reflètent la solidité persistante de la croissance en septembre. Malgré une décrue de 1,5 point de pourcentage, à 59,8 %, l’indice ISM manufacturier se maintient à un niveau élevé. Les créations d’emplois ont été moins nombreuses que prévu (134 000 contre 185 000) mais les chiffres précédents ont été revus à la hausse (+87 000). Le marché du travail américain reste donc robuste. C’est toutefois l’indice ISM non manufacturier qui a créé l’événement cette semaine, avec un bond de 3,1 points de pourcentage, pour atteindre un niveau record de 61,6 (l’indice a été lancé en 2008). Les rendements des Treasuries ont enregistré une forte hausse intra journalière (graphique 1), la courbe de taux s’est pentifiée et le dollar a rebondi (graphique 2).

Évolution intra journalière EUR/USD

Graphique 2 | Source : Bloomberg, BNP Paribas

La forte hausse de l’ISM non manufacturier pourrait d’autant plus surprendre les investisseurs obligataires que l’indice manufacturier a quant à lui fléchi. Toutefois, le graphique 3 montre l’absence de relation nette entre l’évolution relative des deux indices et celle du rendement à 10 ans au jour de la sortie de l’indice non manufacturier. Les commentaires positifs du président de la Fed, Jerome Powell, ont peut-être eux aussi contribué à ce mouvement, qui s’est poursuivi pendant la journée de jeudi 4 octobre. Le bond des rendements obligataires témoigne de l’équilibre fondamentalement instable de l’environnement de marché actuel, une situation que l’on peut imputer à la dépendance de la forward guidance de la Fed à l’égard des données économiques, conjuguée à l’inertie de l’inflation malgré un marché du travail toujours plus tendu. A un certain stade, les marchés se prennent à douter du maintien de l’inflation à un niveau aussi bas (les rendements obligataires suivent d’ailleurs une tendance à la hausse depuis déjà quelques mois) et la publication de chiffres économiques très robustes suffit à déclencher des anticipations de resserrement monétaire plus long que prévu (d’où la pentification de la courbe de taux cette semaine) : lorsque la politique monétaire est dépendante des données économiques, les signes d’une croissance forte ne peuvent qu’entraîner un changement de politique. Le malaise qui s’ensuit sur le marché s’étend bien audelà des Etats-Unis, d’autant que l’économie mondiale accuse un fléchissement. C’est la raison pour laquelle la propagation de la hausse des rendements des emprunts d’Etat américains à l’ensemble des marchés obligataires est particulièrement malvenue. Et l’appréciation du billet vert ne fait qu’empirer les choses pour nombre d’entreprises des pays en développement, fortement endettées en dollars.

Évolution ISM non manufacturier vs ISM manufacturier et évolution des rendements obligataires

Graphique 3 | Source : Bloomberg, BNP Paribas

Partager l'article:

Articles Recents

S'abonner

VIDÉOS SPONSORISÉES
VIDÉOS SPONSORISÉES

00:00:30

OPPO Reno12 : L’Alliance Parfaite entre Design, Intelligence Artificielle et Performance

Les séries Reno12 d'OPPO marquent une avancée significative dans le domaine de la photographie mobile grâce à l'intégration poussée de l'intelligence artificielle.
00:02:15

Abdelaziz Makhloufi, PDG de Cho Group, met en lumière l’excellence de l’huile d’olive tunisienne sur BFM Business

Fort de son expertise reconnue dans le secteur oléicole, Abdelaziz Makhloufi, Président-directeur général du groupe Cho, a saisi l'opportunité de l'émission BFM Business pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'échelle internationale.
00:00:32

Lancement du nouveau Huawei Nova Y61

Huawei Consumer Business Group annonce le lancement du HUAWEI nova Y61, le plus récent smartphone de la série HUAWEI nova Y.

CONTENUS SPONSORISÉS
CONTENUS SPONSORISÉS

Startup World Cup 2026 : trois startups tunisiennes en route vers la Silicon Valley

Trois startups tunisiennes décrochent leur billet pour la Silicon Valley à l'issue de la finale nationale de la Startup World Cup, organisée dans le cadre du Tunisia Digital Summit, avec le soutien de TPM, Rose Blanche Group et Orange Tunisie.

Smartphones pliables : sept ans après le pari Samsung, un marché de plusieurs milliards de dollars

Retour sur sept ans d'innovations qui ont transformé un concept de niche en marché mature, entre avancées techniques, durabilité renforcée et perspectives pour l'été 2026.

Dividendes BVMT 2025 : les sociétés cotées franchissent la barre des 1,7 milliard de dinars

Record de dividendes à la BVMT : 1,7 milliard de dinars distribués en 2025 par 51 sociétés cotées, contre 1,6 milliard en 2024. Une hausse de 6,25 % qui confirme trois années consécutives de progression sur le marché tunisien.

ESET : l’IA accroît le risque cyber et financier des entreprises en 2026

Ransomwares, vol de comptes cloud, phishing par QR code : ESET dresse un état des lieux qui invite les dirigeants maghrébins à réévaluer leur exposition au risque cyber.

A lire également
A lire également

BRICS : l’économiste Jim O’Neill juge désormais crédible une alternative au dollar

« Il y a 18 mois, j'aurais parlé de fantaisie » : Jim O'Neill revoit son jugement sur la capacité des BRICS à bâtir des alternatives crédibles au dollar, portées par l'essor des paiements domestiques.

Intelligence artificielle : un prix Nobel doute d’un nouveau boom de productivité

Selon le prix Nobel Christopher Pissarides, jusqu'à 40 % des emplois aux États-Unis et au Royaume-Uni resteront hors de portée de l'IA. Une analyse qui relativise les attentes de croissance liées à cette technologie.

Pétrole : les Émirats arabes unis affichent des exportations record après leur sortie de l’OPEP

Les EAU ont exporté environ 3,7 millions de barils par jour en juin, un record historique, deux mois seulement après leur retrait officiel de l’OPEP, selon des données de suivi maritime citées par Reuters.

Accord USA-Iran : 12 milliards de dollars dégelés

Les négociations suisses entre les États-Unis et l'Iran débouchent sur une feuille de route pour le dégel de 12 milliards de dollars d'avoirs iraniens. Un accord sous conditions, contesté dès son annonce par Téhéran.

Le Brésil prépare sa première émission d’obligations panda en yuan sur le marché chinois

Le ministre des Finances Dario Durigan est à Shanghai du 24 au 26 juin pour finaliser la première émission panda souveraine du Brésil, dans un marché qui a progressé de plus de 80 % en un an.

La Chine réduit ses bons du Trésor américains à leur plus bas niveau depuis 2008

Pékin ramène ses avoirs en dette américaine à 651,1 Mds $ en avril 2025, au plus bas depuis 17 ans, pendant que le Japon et le Royaume-Uni renforcent leurs positions.

Après l’accord d’Ormuz, l’inflation reste la vraie guerre économique

Capital Economics table sur une inflation de 4 % « inévitable ». La Banque mondiale révise sa croissance mondiale à 2,5 %, au plus bas depuis la pandémie.

Pétrole sous 80 $ et accord États-Unis–Iran : les devises asiatiques profitent de la détente

Le Brent à 79 $/baril, la roupie indienne à un sommet de six semaines, le peso philippin en hausse de 1,4 % : l'accord États-Unis–Iran redistribue les cartes sur les marchés des changes en Asie.