Une accélération des prix dans les grandes économies européennes
Le rebond est général. En France, le taux d’inflation harmonisé au sein de l’UE a bondi à 3,4 % en septembre, contre 2,6 % en août, selon les données préliminaires de l’INSEE. Les économistes anticipaient 3,0 %. L’inflation nationale des prix à la consommation grimpe, elle, à 3,0 % contre 2,4 %, un rythme inédit depuis février 2024. L’énergie et les produits alimentaires frais sont les principaux responsables de cette hausse.
L’Italie affiche une progression plus marquée encore. L’inflation annuelle y atteint 4,2 % en septembre, contre 3,3 % en août, son niveau le plus élevé depuis septembre 2023. Le marché tablait sur 3,8 %. Les prix de l’énergie réglementée ont flambé de 25,9 % sur un an, et ceux de l’énergie non réglementée de 22,2 %. Le taux harmonisé italien au sein de l’UE s’établit à 4,1 %, un plus haut depuis trois ans.
En Allemagne, les données préliminaires de cinq grands États fédéraux laissent entrevoir un taux d’inflation national supérieur à 3 %, selon Reuters. La Bavière est montée à 3,2 %, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie et la Basse-Saxe ont toutes deux atteint 3,3 %, la Hesse a grimpé à 3,4 % et le Bade-Wurtemberg à 2,9 %. Les économistes interrogés par Reuters attendaient un taux national harmonisé de 3,2 %, contre 2,9 % en août. Les prix des importations allemandes ont par ailleurs bondi de 8,3 % en août, les coûts d’importation de l’énergie s’envolant de 43 % sur un an.
La Pologne n’est pas épargnée. Selon Bloomberg, l’inflation y progresse à 4,0 % en septembre, contre 3,4 % en août, son plus haut niveau depuis mi-2025. Ce chiffre dépasse la plage cible de la Banque nationale de Pologne, une première depuis cette période.
La BCE face à une pression croissante
Ces chiffres tombent à quelques jours de la publication de l’inflation à l’échelle de la zone euro, attendue vendredi. Les économistes interrogés par Reuters prévoient une hausse annuelle des prix de 3,6 %, contre 3,2 % en août. L’Espagne a déjà donné le ton mardi, avec un taux harmonisé de 5,0 %, au-dessus des prévisions.
Lundi, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déclaré que la flambée d’inflation de cette année n’avait pas encore engendré de dangereux effets de second tour dans la zone euro. Une manière de laisser entendre qu’une réponse de politique monétaire modérée reste appropriée. Ce rebond généralisé devrait néanmoins compliquer les délibérations de l’institution avant sa prochaine réunion. Du côté de Berlin, le gouvernement s’attend désormais à une inflation de 2,7 % cette année et de 2,8 % en 2027.
Le conflit au Moyen-Orient, moteur du choc énergétique
Le conflit en Iran est le principal moteur du choc sur les prix de l’énergie qui se répercute sur les économies européennes. En août, les prix des importations énergétiques de l’Allemagne ont grimpé de 43 % en glissement annuel, avec une hausse de 63,9 % pour l’électricité et de 63,3 % pour les produits pétroliers. Le baril de Brent s’échangeait autour de 96 dollars mercredi.
Autre signal à surveiller : l’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie, a elle aussi légèrement progressé dans plusieurs pays. En Italie, elle est passée de 1,5 % à 1,7 %. Une évolution qui nourrit la crainte de voir les pressions sur les prix s’étendre au-delà du seul secteur énergétique.
