Banques non-résidentes : recul de la rentabilité mais solidité confirmée en 2024

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Le rapport annuel 2024 de la Banque Centrale de Tunisie révèle un léger repli de la performance des banques non-résidentes. Malgré un PNB en baisse et une rentabilité en recul, ces acteurs conservent une solidité structurelle et un rôle important dans l’équilibre du système financier tunisien.

Les banques non-résidentes continuent de jouer un rôle structurant dans le paysage financier tunisien. En 2024, elles ont démontré une résilience prudente dans un environnement économique encore marqué par des tensions géopolitiques et des déséquilibres macroéconomiques. Leur produit net bancaire (PNB) a atteint 103,9 millions de dollars américains, enregistrant un repli de 3,5 % par rapport à 2023, tandis que leur résultat net s’est établi à 32 millions de dollars, soit une baisse de 15,2 % sur un an.

Une rentabilité en recul, mais une gestion rigoureuse des coûts

La contraction du résultat net s’explique principalement par la baisse des gains sur portefeuille d’investissement (-58,3 %) et des revenus issus des opérations de change (-5,4 %). Malgré ces pressions, les banques non-résidentes ont réussi à contenir leurs charges d’exploitation, affichant une diminution de 1,2 %, signe d’une discipline budgétaire rigoureuse.

Le coefficient d’exploitation s’est néanmoins dégradé à 33,4 %, en raison de la contraction du PNB et d’un contexte international moins favorable. Ces chiffres confirment que les banques non-résidentes, bien qu’en phase d’ajustement, maintiennent une structure de coûts maîtrisée.

Une structure de revenus diversifiée et équilibrée

La diversification des sources de revenus reste un élément clé de la stabilité du secteur. En 2024, la marge d’intérêts a représenté 65 % du PNB total, contre 22 % pour les commissions nettes, 10 % pour les gains de portefeuille et 3 % pour les revenus d’investissement.

Cette répartition illustre une dépendance maîtrisée vis-à-vis des activités de taux, tout en valorisant les services à haute valeur ajoutée, notamment les opérations internationales, le commerce extérieur et la gestion de flux en devises.

Une position clé dans les échanges internationaux

Les banques non-résidentes, souvent filiales de groupes étrangers, demeurent des acteurs essentiels dans le financement du commerce extérieur, la gestion des devises et l’accompagnement des investisseurs internationaux en Tunisie.

Elles constituent également une source d’expertise et de transfert de compétences, contribuant à la diffusion des normes de conformité internationale et des meilleures pratiques bancaires.

Cette dimension internationale confère au secteur une importance stratégique, à la fois pour la stabilité du système financier tunisien et pour l’attractivité économique du pays.

Vers une adaptation accélérée aux standards internationaux

Dans un contexte de convergence vers les normes de Bâle III et d’adoption progressive du référentiel IFRS 9, les banques non-résidentes se positionnent en précurseurs de la modernisation réglementaire. Leur capacité à intégrer les nouvelles exigences prudentielles et à renforcer la gouvernance du risque constitue un atout majeur pour la solidité globale du système bancaire.

Cette dynamique s’inscrit dans la stratégie de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), qui encourage la digitalisation des opérations, le verdissement du financement et le renforcement de la résilience opérationnelle face aux risques cyber et climatiques.

2025 : stabilité, innovation et intégration régionale

Pour 2025, les banques non-résidentes devraient bénéficier d’un environnement monétaire plus favorable et d’une reprise graduelle du commerce extérieur. Le maintien d’une liquidité confortable, conjugué à une intégration accrue des outils numériques, pourrait renforcer leur compétitivité.

Les réformes prudentielles menées par la BCT — notamment la refonte des normes de fonds propres et l’alignement sur les standards internationaux — devraient consolider davantage leur position dans la région MENA.

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